I.a Capitaie in-vestie.
12x4.
303 HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOIS. Liv. IV. Chap. II.
A. D. J.C. pas se défendre en répandant le sang dé ceux qui leur étoknt si chers. LaI2I 3 - désolation fut générale dans le Shen-Jì, dans la partie du Honan qui eít auLere’àne Nord du Wang-ho, dans le pecheli & dans 1 e Chantong. Les Mongols piL-de JerMiíz l eren t & ruinèrent plus de quatre-vingt-dix villes , réduisirent en cendresKhan. b une infinité de bourgs & de villages , prirent tout ce qui se trouva d’or,- d’argent & de soie , massacrèrent des milliers de personnes inutiles , &
emmenerent en esclavage un nombre infini de filles & d’enfans. Le butinqu’ils firent en bestiaux fut inestimable, & dans ces vastes Pays il n’y eutque dix villes que les Mongols ne purent forcer ; entre autres dans le Pe-ciieli Ten-king la Ville Impériale, Tong- chtw, Ching-iing-fu, & Tay-ming su. Tous ces ravages se firent en l’année 1213.
En 1214. Jenghiz Khan , étant de retour du Shan- tovg , rassembla tou-tes ses troupes en un seul corps d’armée , & dans le quatrième mois il in-vestit Ten-king , & se campa au Nord de la ville. Tous les Générauxvinrent le prier de leur permettre d’escalader au-plutôt les murailles, & deruiner cette ville. Jenghiz Khan qui avoit d’autres vues, le refusa. II en-voya un Officier à f Empereur des Kins , pour lui dire qu’il vouloir s’enretourner en Tartarie , qu’il falloit par des préfens considérables appaiserla colore des troupes Mongoles, & qu’il devoir faire réflexion que Tenkingétoìt presque la feule place qui lui restât au Nord du Wang-ho. Un desMinistres de l’Empereur des Kins, piqué d’un compliment si fier, proposade sortir pour combattre farinée de Tdt-che ('*), en disant qu’il y avoitdans cette armée bien des malades, & qu’elle étoit hors d’état de soutenirune vigoureuse attaque (a).
Un autre Ministre se déclara contre cet avis, & dit qu’il y avoit tout àcraindre d’une bataille perdue, ôc peu à espérer d’une victoire quand mê-me on la remporteroit; les troupes , ajouta-t-il , ne pensent qu à sortir de laville, la plupart ont leurs familles ailleurs. II vaut donc mieux accepter lapaix ; quand les Mongols sc seront retirés , on fera mieux en état de délibérerfur ce qu il y a à faire. L’Empereur approuva ce conseil, ék il envoya unSeigneur au camp des Mongols pour demander la paix. Jenghiz Khany consentit, & il fut stipulé qu’on lui donneroit une fille du feu Empe-reur Tong-tfi (f) avec cinq-cens jeunes garçons, & autant de filles, trois-mille chevaux,de la foie, & une grosse somme d’argent. Tout cela ayantété livré , Jenghiz Khan leva le siégé, & étant sorti par Ku-yong-quam, ilfit mourir tous les jeunes en fans , garçons & filles , qu’il avoit faits escla-ves dans les Provinces de Shan-tong, de Honan, de Pecheli & de Shan-fi.
Après la retraite des Mongols f Empereur Sun déclara à son Conseil qu’ilvoir ílfsîhîn do transférer sa Cour à Pven-lvanir fl) . dans la Province de
Ho-
Les Kinsachettentla paix.
L’Empe-
reur
transféréfa Cour.
avoit dessein de transférer fa Cour à Pyen-lyang (f)
fa) Gaubìl , p. 20-23.
(*) C’est un des noms que les Chinois donnent aux habitans de cette vaste Région, quiest occupée à présent par les Mongols & les Kalkas. Gaubìl^
(t) Les Historiens Persans disent bien que la Paix se fit à ces conditions, mais non pa*que Peking ou Kh.m-balig fut investie.
fl) Nommée aussi iVatt-king , ou la Cour du Midi; on la nommoit encore Lien. Elleétoit à peu près dans f endroit où est aujourd'hui Kay-koug-fu, Capitale de la Province drHonan. Gaubil. _