HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chai*. III. 335le plus grand nombre fe, déclara pour le stratagème de Jitmur ; & il fut A. D. J.C,résolu que pour amuser les assiégés , on feroit trois fausses attaques du côté I22 °-le plus foible de la ville. On commença les attaques un peu avant la nuit JsV eg \avec de grands cris, & si-tôt que l’on fit agir les béliers <Sc les catapultes Khans 1 '
toute la garnison accourut aux attaques, & abandonna les autres postes. ---
Jitmur de Ion côté , auffi-tôt que la nuit fut venue , fit jetter ses pontsfur )e fossé , & poser deux échelles contre la muraille ; il monta luì-mêmepar l’une , suivi de ses gens , qui en attachèrent bientôt un si grand nom-bre, que les troupes entrerent dans la ville, Si fe saisirent d’une porte fansfaire grand bruit. Les Mogols s’emparerent des principaux postes, & lesassiégés consternés de cette surprise abandonnèrent les attaques, & fe sau-vèrent où ils purent pour fe cacher.
Ainsi fut prise la ville de Jund, fans aucune perte de part ni d'autre; Onépur-car les Mogols n’ayant perdu aucun des leurs, épargnèrent les habitans, sj lei h *~& l’on n’en fit mourir que deux ou trois, qui avoient insulté Jitmur , quand blUm 'il étoit venu les sommer de fe rendre. Tous les autres crurent cependantqu’on les alloit massacrer, quand ils reçurent ordre de s’assembler dans uneplaine voisine ; mais on ne vouloir qu’en faire le dénombrement, & onleur permit après cela de retourner dans leurs maisons , où ils ne trouvè-rent que ce que les Mogols n’avoient pu emporter. On laissa une fortegarnison dans la ville pour les tenir en bride, & on leur donna pour Gou-verneur un Officier Mogol, qui étoit Mahométan , & qui fe nommoitâ Koja ( a ).
Après la réduction de cette place, Juji , ou Tushi Khan , partagea son Siégé dearmée en deux corps. II donna cinquante-mille hommes à Elak Ncvian (*), Lonkat.pour aller soumettre les Pays d’Ilak , d’Alshash & de Khojende ; il gardale reste des troupes pour tenir la campagne , & pour faciliter la prise deKhojende , qui étoit une place importante. Elak Ncvian marcha avec tantde diligence vers filait, que plusieurs villes fe rendirent à lui fans résistan-ce. D’autres fe défendirent, la plus considérasse fut Tonkat , qu’Abu’ikayrappelle Dardl 11 m , c’est-à-dire le Palais des Sciences (f). Elle dépendoitd ’Alshasb , fervoit de frontière à la frontière de la Province d’Ilak , & der endez-vous aux Marchands de ces deux Pays. Cette ville étoit plutôt unlieu de plaisir qu’un lieu de défense; on n'y voyoit que fontaines, jardins& promenades , deforte que l’on difoit que Dieu ríavoit rien fait de plusdélicieux. La garnison étoit composée de Turcs de la Nation des Kangû-
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(á) Mirlhond, Abu'lkayr, ap. De la Croix , p. 222-22F. Aliìlghazi Khan , p. 271.
(*) Suivant Abu’lghazi Khan, AlanNoyan, qui, eomme nous l’avons dit, est le mêmestu 'Elak Ncvian, & Suktu Bûka, marchèrent tous deux à cette expédition.
(t) A cause de i'Académie des Arts & des Sciences qui y étoit établie. Abu'Ighazi Khannomme Farnakant au-!ieu de Tonkat , ce qui fait voir que Jes Historiens nomment les unsUne ville, les autres une autre. C’cst peut-être la raison qui fait qu'en d’autres endroitsDe i a Croix dit que Tonkat est auffi appeliée Fenchtt: mais Fenehet ou Farnakant est diffé-rente de Tonkat ; c’est la ville qui après avoir été rebâtie dans la fuite, fut appel lés Shahlittkhiyi , sn tre Tonkat & líhojende, Voy. L. III. CL I. Seâ, VI.