HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. III. 343Prières publiques ; & l’on dit qu’ii promettoit à haute voix de changer deconduite, íì Dieu le délivroit du péril où il étoit, & qu il se vît rétablisur son Trône.
Mais tandis qu’il se flattoit de recueillir d’heureux fruits de fa repen-sonce tardive, il eut avis que les Mogols avec le Seigneur Persan à leurtète approchoient du bourg. II quitta tout pour se mettre en sûreté, &à peine étoit-il à bord d’un vaisseau, qu’il faisoit tenir prêt, que les en-nemis parurent fur le rivage; & voyant qu’ils avoient manqué leur proie,ils tirèrent inutilement quantité de fléchés. Ce malheureux Monarque,accablé d’afflicìion , fut encore attaqué d’une pleurésie , desorte qu’il futobligé de relâcher dans une Iíle nommée Abhkun (*),ou son mal terminaenfin ses jours, malgré tout fart des Médecins. Peu de jours avant famort le Prince Jalalo'ddin ayant su qu’il étoit dans cette Iíle, s’y rendit fe-crettement avec deux de ses freres: à son arrivée le Sultan lui dit ,, Prin-,, ce, vous êtes celui de mes enfans que je crois le plus capable de me,, venger des Mogols ; ainsi je révoque l’Aòle que j’ai fait autrefois à la,, sollicitation de la Reine ma Mere en faveur de mon fils Kcthbo ddin”.11 le nomma donc son successeur, & il ordonna aux autres Princes fes filsd’obéir à leur frere: en même tems il lui donna son épée, & le renvoyapour vaquer aux affaires de l’Etat; ensuite il expira sous une petite tente,flu’on lui avoit dressée. Son premier Valet de chambre lava son corps, &senveloppa d’une chemise , n ayant pas d’autre toile pour l’eníévelir.Mais quelques années après Sultan Jalalo’ddin fit enlever fes os, qui furentportés avec pompe dans la Forteresse d ’Jrdahan (a).
A. D. J. C.
1220 .Le régnét/í> JenghizKhan.
II s'ensuità Abis-kûn.
Sa Mort»
C Iî A P I T R E IV.
Conquête du Royaume de Karazm, de la Grande Bukharie, de /’îran ou de laPerse, jusqu à la défaite de Sultan Jalalo’ddin Mankberni.
T% ans le Chapitre précédent on a vn le récit de De la Croix; celui à'A- Progrès^ bulghazi Khan est à bien des égards fort différent. II rapporte que des Gént -] es deux Généraux Mongols étant partis de Nisabûr marchèrent vers la raw s Mm 'v ille de Mazanderan , qu’ils emporteront par force, & dont ils égorgèrent ê °' s ’sous les habicans. Ils s’avancerent ensuite vers Kazwìn , & traitèrent demême façon toutes les villes qui leur résistèrent, & avec beaucoup dedouceur celles qui leur ouvrirent les portes. Us paíîerent auprès de la ville'à']lan, dans laquelle la Mere du Sultan s’étoit renfermée avec les plusDunes enfans de ce Prince; ils ne l’attaquerent cependant point, parceSiu’elle étoit très-forte par fa situation, & paroiíloit résolue à fe bien défen-dre;
(/») Fadtallah, Nijfavi, ap. De la Croix , p. 292-302.
_ C) Ou /Umkún: /lbulghazi Khan l’appelíe Aboskun Rafìra, au-lieu de Jez<ra, qui veut«à n’est pas loin à'Aflarabad, dans le de la Mer Caspienne qui est au