392 HISTOIRE DE L’EMPIRE DES MOGOLS. Liv. IV. Chap. Ví.A.D.J.C. ,, i. II fut ordonné de croire qu’il n’y a qu’un Dieu , Créateur dûI22 7 - „ Ciel & de la Terre, qui seul donne la vie & la mort, les biens &la pau-*Jenghiz« vreté > q ui accorde & refuse tout ce qu’il lui plait, & qui a sur toutesKhan. 6 „ choses un pouvoir absolu ,
.. - U semble que Temujin ou J engins Kban-na.it publié cette Loi (*), que
pour montrer de quelle Religion il étoit; car bien loin d’ordonner quel-que punition contre ceux qui n’étoient pas de fa Secte, il défendit d’inquié-ter personne au sujet de la Religion ; il voulut que chacun eût la libertéde professer celle qui lui plairait davantage, pourvu qu’on crût qu’il n’yavoit qu’un Dieu: quelques-uns de ses enfans & des Princes de son sangétoient Chrétiens, Juifs ou Mahométans.
' ,, 2. Que les Chefs des Sectes, les Religieux, les Dévots, les Crieurs
„ de Moiquées, & ceux qui lavoìent les morts, feraient exempts des Char-„ ges publiques, auíïì- bien que les Médecins.
„ Z. II défendit fous peine de vie,que personne quel qu’il fût entreprît„ de fe faire proclamer Grand-Khan, fans avoir été auparavant élu par„ les Khans, les Emirs & autres Seigneurs Mongols, assemblés légitime-,, ment dans une Diette générale.
„ 4. Que les Chefs des Tribus n’auroient point à prendre les titres„ d’honneur , qu’ils affectoient d’avoir à l’imìtation des Mahométans;^„ qu’on n’en donnerait point d’autre à son successeur que celui de Kbaan„ avec deux a. 11 pria même qu’à l’avenir on le traitât limplement de„ Khan. ” Ce qui se pratiqua depuis quand on lui parloir, mais quand onlui écrivoit on ajoutoit toujours quelque épithete à la qualité de Khan.
„ 5. 11 ordonna qu’on ne ferait jamais de paix avec aucun Roi, Prin-• „ ce ou Peuple, à moins qu’ils ne fussent entièrement soumis.
„ 6. La distribution des troupes par dixaines, par centaines, par mille„ & par dix-mille fut aussi réglée, comme très-commode pour lever„ promptement une armée, & pour en faire des détachemens.
„ 7. Que lorsqu’il faudrait fe mettre en campagne, les Soldats viendraient„ prendre leurs armes des mains de l’Officier qui en ferait le gardien,,, qu’ils les tiendraient en état, & les feraient voir à leurs Chefs lorf-,, qu’on ferait prêt à donner bataille.
„ 8- U fut défendu fous peine de la vie de piller l’ennemi avant que le„ Général en accordât la permission ; mais on ordonna qu’alors le moindre„ Soldat jouirait du même avantage que l’OíBcier, & demeurerait maî-„ tre du butin dont il fe trouverait saisi, pourvu qu’il payât au Receveur„ du Khan les Droits portés par le Règlement.
„ 9. Que depuis le mois qui répondoit à Mars, jusqu’à celui qui répon*
* „ doit
(*) Quoique cette Loi ait été longtems observée dans fa pureté par les Tartares, &qu’elle le soit encore par beaucoup d’entre eux, néanmoins ia Superstition a peu à peuintroduit l’idolátrie, en distinguant un Dieu céleste d’un Dieu terrestre; ce qui n’étoitpas, selon eux, contraire l’intention du Législateur. Le Dieu terrestre trouve sa placedans leurs maisons fous la forme d’une statue couverte de feutre, & fous le nom de Na-tigœy, accompagnée d’autres statues, qu’ils disent être celles de ia femme & de ses en-fans. De la Croix.