Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
401
JPEG-Download
 

DANS LE MOGOLIS T AN. Liv. V. Ciiap. I. 401

ta cet avis, & consulta Oâay , qui l’approuva d’autant plus volontiers, A. J.D.C,qu’il étoit conforme aux vues de J'enghiz Khan. II assembla ses Généraux, I 2 3 J-& leur ordonna de se tenir prêts pour le mois de Janvier de Tannée fui van- ^octay*te, déclarant qu’il vouloit alors faire la conquête de Pyen-khig , à présent Khan 7 s.Kay -fong -su , ' Capitale du Honan, & de TEmpire des Kins. En même Empereurtems il chargea Toley de se saisir de Pao-ki , ville à quelques lieues au Sud- ^ Mo 'Ouest de Fong - tsiang - f u , de marcher ensuite vers Han - chong, & de deman- gol, ‘der passage aux Généraux des Song. ' *

En ce tems - là les ennemis de Têtu - chu -1 [ay entreprirent de le perdre LeMinis -dans Tesprit à'Oftay. Les principaux de ses ennemis étoient AE-r- e-r»,

Chef de la Tribu de Hongkirat, oncle maternel de l’Empereur, & Ck- renvie ‘mo-hyen, Grand-Mandarin. Ils représenteront à O ct ay qu’il étoit dange-reux de confier toute Tautorité à un Etranger tel que Telu, & le chargè-rent de mille crimes. Telû - chû - tsay avoit persuadé à TEmpereur de nommerdes Mandarins pour îa Police, les Finances & T Armée, indépendans lesuns des autres, & qui rendissent compte à TEmpereur ou aux Ministresmis de Ta main. II avoit auffi proposé de donner aux Grands Seigneursde T argent, des foies & d’autresrecompenses, au-lieu des villes & des Pro-vinces que le Khan avoit promis de leur donner. Telu fit sentir à Otìaycombien cela étoit dangereux pour TAutorité Royale, & ruineux pour lesPeuples.

Le Khan, persuadé que le plan de son Ministre étoit bon, rejet ta les accu-sations de Wa-chin òl de Che- mo-hyen, & leur fit entendre que la jalousie& Tenvie les faisoient parler. Wa-chin fut consterné de la réponse de TEm-pereur: cependant la grandeur de fa naissance jointe à beaucoup de crédit& à une grande réputation, auroient ébranlé un Ministre moins intrépideque Telu, qui sollicita vivement OEtay de nommer des Mandarins pour lesfonctions dont on a parlé. II proposa Ching-hay & Nyen-ho pour les met-tre à la tête des affaires ; mais ces deux Seigneurs, qui avoient effective-ment beaucoup de mérite, & étoient de très-bons Capitaines', craignantWa-chin, sollicitèrent Telu de se désister des changemens dont lesGrands murmuroient si hautement. Mais ce Ministre les pria de le lais-ser faire, en disant qu’il porteroit la peine de toutes ses fautes, & qu’il .n’en retomberoit rien fur eux.

Quelque tems après on porta de graves accusations contre Chemc-hyen, Sa Génè-re Oiïay chargea Telu de îe juger. Le Ministre dit à TEmpereur que Che- ro s tsLmo-hyen n’avoit d’autre crime que celui d’être trop fier, & qu’on devoitattendre la fin de la guerre pour examiner plus amplement fa conduite.L’Empereur admira cette générosité,& dit à ses Courtisans que Telu étoitun modele qu’ils dévoient imiter. II fit ensuite apporter les Registres desrevenus de TEmpire, & fit voir que la^recette de for, de Targent, de lafoie & de tout le reste étoit conforme à ce que ce Ministre avoit proposéTannée précédente. Les Seigneurs-Mogols en furent frappés, & ceux quiavoient si fort persécuté Telu changèrent en fa faveur. 0 £lay lui remit legrand Sceau, & k chargea de toutes les affaires («), Ce-

(«) Gaubil, p- 59-62,

Tome XVII. Eee