DANS LE MOGOLIS T AN. Liv. V. Ciiap. I. 401
ta cet avis, & consulta Oâay , qui l’approuva d’autant plus volontiers, A. J.D.C,qu’il étoit conforme aux vues de J'enghiz Khan. II assembla ses Généraux, I 2 3 J-& leur ordonna de se tenir prêts pour le mois de Janvier de Tannée fui van- ^octay*te, déclarant qu’il vouloit alors faire la conquête de Pyen-khig , à présent Khan 7 s.Kay -fong -su , ' Capitale du Honan, & de TEmpire des Kins. En même Empereurtems il chargea Toley de se saisir de Pao-ki , ville à quelques lieues au Sud- ^ Mo 'Ouest de Fong - tsiang - f u , de marcher ensuite vers Han - chong, & de deman- gol, ‘der passage aux Généraux des Song. ' *
En ce tems - là les ennemis de Têtu - chu -1 [ay entreprirent de le perdre LeMinis -dans Tesprit à'Oftay. Les principaux de ses ennemis étoient AE-r- e-r»,
Chef de la Tribu de Hongkirat, oncle maternel de l’Empereur, & Ck- renvie ‘mo-hyen, Grand-Mandarin. Ils représenteront à O ct ay qu’il étoit dange-reux de confier toute Tautorité à un Etranger tel que Telu, & le chargè-rent de mille crimes. Telû - chû - tsay avoit persuadé à TEmpereur de nommerdes Mandarins pour îa Police, les Finances & T Armée, indépendans lesuns des autres, & qui rendissent compte à TEmpereur ou aux Ministresmis de Ta main. II avoit auffi proposé de donner aux Grands Seigneursde T argent, des foies & d’autresrecompenses, au-lieu des villes & des Pro-vinces que le Khan avoit promis de leur donner. Telu fit sentir à Otìaycombien cela étoit dangereux pour TAutorité Royale, & ruineux pour lesPeuples.
Le Khan, persuadé que le plan de son Ministre étoit bon, rejet ta les accu-sations de Wa-chin òl de Che- mo-hyen, & leur fit entendre que la jalousie& Tenvie les faisoient parler. Wa-chin fut consterné de la réponse de TEm-pereur: cependant la grandeur de fa naissance jointe à beaucoup de crédit& à une grande réputation, auroient ébranlé un Ministre moins intrépideque Telu, qui sollicita vivement OEtay de nommer des Mandarins pour lesfonctions dont on a parlé. II proposa Ching-hay & Nyen-ho pour les met-tre à la tête des affaires ; mais ces deux Seigneurs, qui avoient effective-ment beaucoup de mérite, & étoient de très-bons Capitaines', craignantWa-chin, sollicitèrent Telu de se désister des changemens dont lesGrands murmuroient si hautement. Mais ce Ministre les pria de le lais-ser faire, en disant qu’il porteroit la peine de toutes ses fautes, & qu’il .n’en retomberoit rien fur eux.
Quelque tems après on porta de graves accusations contre Chemc-hyen, Sa Génè-re Oiïay chargea Telu de îe juger. Le Ministre dit à TEmpereur que Che- ro s tsLmo-hyen n’avoit d’autre crime que celui d’être trop fier, & qu’on devoitattendre la fin de la guerre pour examiner plus amplement fa conduite.L’Empereur admira cette générosité,& dit à ses Courtisans que Telu étoitun modele qu’ils dévoient imiter. II fit ensuite apporter les Registres desrevenus de TEmpire, & fit voir que la^recette de for, de Targent, de lafoie & de tout le reste étoit conforme à ce que ce Ministre avoit proposéTannée précédente. Les Seigneurs-Mogols en furent frappés, & ceux quiavoient si fort persécuté Telu changèrent en fa faveur. 0 £lay lui remit legrand Sceau, & k chargea de toutes les affaires («), Ce-
(«) Gaubil, p- 59-62,
Tome XVII. Eee