4 i«s SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
& D T.cJ a bouillie. Ces prisonniers ajoutoient que la plupart des soldats vouloient1234.’. ' se rendre. Men-kong^ instruit de ces circonstances, obligea ses soldats de seU régné mettre une baie dans la bouche pour les contraindre au silence, & profi-írh >aJ /7 tant d’un brouillard épais fit attaquer la partie occidentale avec toute sonEtnpJeur armée. 11 se servit d’échelles de cordes , & sir cinq breches; mais aprèsdesMo. une attaque qui dura depuis le matin jusqu’au soir, dans laquelle il perditgols. beaucoup de monde, il fut obligé de se retirer. D’autre part les assiégés— ---■ ' - avoient perdu leurs meilleurs Officiers & leurs meilleurs soldats, & il nerestoit que quelques Officiers à la tête des Mandarins des Lettres (*), && quelques soldats à demi-morts de faim, & soutenus par l’exemple deHiî-J'ye-hû.
Prise de Dans la nuit suivante l’Empereur assembla les Grands, & leur déclarala Fille, qu'il remettoit son Irène renversé à Cbeng-lin (f) ou Shing-lyen, Princede son sang, qui sur les instances de l’Empereur accepta la Dignité Impé-riale; l’Empereur le loua & lui dit; fi vous pouvez échapper vous continuereznotre race , b relèverez ce Trône renversé. Le lendemain pendant que lesMandarins étoient occupés de l’installation de Cheng-lin , les troupes desSong & des Mongols monterent fur les murailles du côté du Midi, & for-cèrent deux-cens hommes qui les défendoient, à se rendre. Les Manda-rins, qui étoient auprès du nouvel Empereur, vinrent au secours, &trouvèrent les étendards des ennemis déja plantés fur les remparts ; dansle même tems la porte méridionale fut abandonnée, Men-kong & Tacharsuivis de leurs troupes pénétrèrent par-là dans la ville. Le Prince Hû-fiye -hû à la tête de mille soldats les arrêta dans une rue. St combattit avec uneintrépidité qui le fit admirer des ennemis. L’Empereur Sheu, voyanttout perdu fans ressource, se retira promptement dans une maison avec leSceau de l’Empire, la fit environner de fagots de paille , & ordonnaqu’on y mît le feu, après qu’il se seroit tué lui-même. Ses ordres furentexécutés aussitôt qu’il se fut tué (q).
Mort de Hû-sye-hû, qui combattoit encore comme un lion dans les rues, ayantl'Empe- appris la mort de son Maître, courut à la riviere Jû & s’y noya ; les Offi-reur ' ciers qui étoient avec lui & cinq-cens soldats suivirent son exemple. Enattendant le nouvel Empereur Cbang-lin avec quelques Mandarins fit lescérémonies ordinaires à la Chine pour la mort de son prédécesseur, &donna ses ordres pour enterrer ses cendres fur le bord de la riviere. Les
deux
(*) Les Ivins, de-même que les autres Nations qui ont conquis la Chine en tout ou enpartie,avoient adopté les Loix & les Coutumes des Chinois, qui avoient des MandarinsCivils & Militaires, ou des Commandans, ainsi que les appellent les Portugais.
(f) C’étoit le frere du Général Pesa ,que Sbe-tyen-cbc avoit défait près de íVey-wbey-hu.Caubil. Sans-doute le même qu’on fit mourir ensuite pour satisfaire les soldats.
(j) La maison où l’Empereur se tua s’appelloit Teu-lan-hu-ycn , & on montre encoreaujourd’hui l’endroit où étoit cette mauon près de Jû-ning-fu, nommée dans l’Histoiredes Mongols Tsaycheu , ville du Honan Abulghazi Khan dit qu’on ne peut dire aveccertitude (il parle des Historiens Occidentaux) ce que devint Altoun Khan, qui est le nomgénérique qu’il donne aux Empereurs des Elus; que cependant on croit qu’il se précipitadans un grand feu, qu’il fit allumer exprès.