DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V. Ciiap. V. 499mur, & mettant l’épée à la main il dit qu’ii ne reconnoîcroit jamais d’au- Le régnétre Empereur que Timur : le Général Twechechar, arriere-petit-fils de For- <lc Timûrgu , un des quatre intrépides de Jenghiz Khan , & les autres Généraux é î"toient du même avis. On lavoir d’ailleurs que les Grands Chinois se dé-clareroient pour Timur. Voyant la disposition des esprits, Kanmala, si/s ainedu feu Prince Cheng-kïn, donna son suffrage à Timur son cadet, ìes autresPrinces en firent de même, & tous se prosternerent devant Tmur pourle reconnoître Empereur. On en donna avis à toutes les Hordes, auxGénéraux des armées, & â tous les Mandarins des Provinces de la Chine j&, sdon la coutume, on publia une amnistie générale.
Les Chinois donnent â l’Empereur Timur le nom de Chingtson : une des Sespre.premieres choses qu’il fit , fut de donner le titre d’Empereur à son pere, fí ‘ teresa c-(k celui d’Impératrice à sa mere ; il lit élever des monumens à la mémoi-re de son pere Chsngkin , de son ayeul Hu-pi-lay & de la Princesse sa grand-mere; il fit exactement payer ce qui étoit dû aux Princes L aux Princesses de sa maison , aux Généraux & aux Mandarins : il donna de grandesmarques de confiance à son frere Kanmala, & le déclara son Lieutenant-Généra! en Tartarie. II nomma des Généraux pour tenir tête à Haytu& aux Princes de son parti ; il pourvut à la sûreté des Provinces par lechoix de bons Officiers, & fur cet article il donna plein-pouvoir à Fcyen,à 7 ufi Temur, à 2 'wechechar, à Tntuha & aux autres habiles Capitaines. IIfit mettre la derniere main à FHistoire de Hu-pi-lay , conclut la paix avecle Roi de Gannan , & ordonna de rouvrir ie commerce avec les Indes,que la guerre de Ouavct avoit interrompu.
Au mois de Décembre de cette année mourut Peyen , âgé de cinquan- Mort dete-neuf ans, avec la réputation d’un des plus grands hommes qui ayent Pe y en -jamais été à la Chine & en Tartarie. L’Empereur, les Princes, les Gé-néraux, & généralement tous les Officiers pleurèrent iong-temssamort,&les Historiens Chinois ont fait de ce Général un magnifique éloge.
L’année 1295 est marquée pour la premiere du régné de Timur, parce-que les Chinois comptent ordinairement l’année dans laquelle l’Empereurmeurt toute entiere au nombre de celles de son régné (*). Dans les Pro-vinces méridionales on donna des terres aux soldats , à condition de teniren bride les Myaotse , forte de Peuples indépendans, qui habitent dans lesmontagnes de Sechuen , de Queycheu , de Iiuquang , de Quangsi, deQuangton, & ailleurs ; leur Langue & leurs Loix font non seulement dif-férentes de la Langue & des Loix Chinoises, mais il y a même de la diffé-rence entre eux. Au mois d’Avril il y eut une grande famine ; l’Empereurfit paroître son attention à secourir les Peuples ; il fit distribuer par-toutde grandes aumônes aux pauvres, & fit examiner les greniers publics. íldéfendit de vendre à l’avenir les Emplois Civils (a).
Les filles & les sœurs des Empereurs Mongols, de même que les Prin- Sage Ré-
Ces gl e ' M e n( -
(«) Caiìbil, p. 223 & suiv.
(*) Cette réglé ou coutume n’a pas toujours été observée, & les exemples du contrairene font pas rares. Gaubil.
Rrr L