DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Lrv. V. Chap. V. 501
pire les vices qui y regnoient. II s’informoit toujours de la misere des Le régnépeuples, & paroissoit n’être sensible qu’à la gloire de les rendre heureux. & Timûr
L’Histoire blâme cependant Timur d’avoir envoyé un Bonze au Japon ^ Chin S»en qualité d’Envoyé, au mois de Février de cette année. Elk loue les son ^‘ .Empereurs qui envoyeur des Ambassadeurs dans les Cours Etrangères, maiselle ajoute qu’il faut choisir pour cette commission des personnes quali-fiées, qui fassent honneur à l’Empire par leur magnificence, leur gravité,
& par un air de grandeur digne de celle de leur Prince.
Le Tribunal des Mathématiques avoir annoncé une Eclipse de Soleil, Erreur nuau mois d’Aoút, qui ne parut pas. Des grands Seigneurs pour sauver 1 çsi/jenruaecrédit de ce Tribunal représenterent à l’Empereur qu’en sa faveur le Ciel Iícl ‘^ e -avoir pour cette fois changé le mouvement du Soleil. Timur n’en crutrien, & fans punir le Tribunal il le fit avertir de prendre ses mesurespour rétablir l’ordre parmi les Astres.
L’an 1300 Lyeushen, un des Généraux, représenta que le Royaume de Le Rym-Papefifu (*) ne vouloir pas recevoir le Calendrier de l’Empire, & pria m ‘‘fi Fa -l’Empereur de lui permettre d’ailer forcer ce Royaume à suivre la forme 1
d’Année Chinoise, 6c à compter les mois comme les sujets de l’Empereur.
Un des Ministres, nommé Vantfie , regarda cette affaire comme sérieuse, &persuada à Timur au mois de Décembre d’attaquer le Royaume de Papefiisu.
■áìaasun s’oppofa à cette résolution, & soutint que les peuples qu’on vou-loit attaquer étoient des Barbares, qu’on pouvoir instruire si l’on vouloir,mais à qui il scroit inutile & dangereux de faire la guerre. L’Empereurne dit rien à Aìaasun, mais contre fa coutume il s’emporta contre un autreMandarin , qui voulut faire des représentations. Lyeushen reçut ordre d’at-taquer Papefisu k la tête de vingt-mille hommes (sl).
Timur ne fut pas longtems fans se repentir de cette malheureuse guerre,
1a plupart des troupes périrent de faim ou de misere, & la Province deYunnan souffrit beaucoup. Les Peuples de la frontière, qui jusques-k’is’étoient tenus tranquilles, prirent les armes, & pillèrent diverses Provincessoumises à l’Empereur. Cette guerre devint sérieuse, d’excellens Officiersy périrent, & il fallut foire marcher les troupes du Huquang, du Sechuen ,de Chenfii & de Yunnan; Koko(\)Pús de Hu pì-lay eut ordre de soutenir cestroupes en cas de besoin. Tefiutar (J) & Lyeukukyay (§), après bien desdifficultés & des perces, soumirent Papefiisu , & pacifièrent les troubles queles Myaotfie & les Peuples des frontières a voient excités ;& ce ne futqu’cn1303 qu’on termina cette guerre. L’Empereur fit connoîcre plusieurs foisi Alaafiun , qu’il se repentoit de n’avoir pas suivi ses avis ; un Grand Man-darin
(a) Cauhil, p. 225 & fuir.
(*') C’est un assez grand Pays entre le Yunnan & Bengale, où- Pair est fort mauvais,
& où les peuples font pauvres, mais en ce tems-Ià ils- étoient cruels & barbares. GaubiLCt} d portoit le titre deReguIo de Yunnan: c est le Prince que M. Polo appelle Cogro-
(i) II étoit fils de IVyeu/yefì, Général d’armée fous Mengko & Hu-pì-lay. Gaulnl.
(§) cétoit un Tartare de Nyttche, & un des meilleurs Officiers de l’Empire. On louebeaucoup la conduite du Prince Koko & des deux Généraux lejútar & Lyeukukyay. GatibíL
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