Le. régnéde YesunTeinûr ouTayting.
D'autreisont relé-gués.
Leçons farle Gou ver-nement ,fondées parChang-quey.
520 SUCCESSEURS DE JENGHIZ KHAN
aisément prévoir qu’il avoir à craindre de passer pour avoir eu part à l’as*saffinat de son prédécesseur & du Ministre. Le Prince Maynu , qui des-cendoit du grand-pere de Jenghíz Khan (*), voyant que l’Empereur pen-sai t à se servir de Tyesbe & de ses complices, & même à les faire GrandsMandarins, lui représenta qu’il alloit se perdre dans l’esprit des Chinois& desTartares, ôc que la postérité lui reprocherait toujours d’avoir trem-pé ses mains dans le sang de son Souverain, & dans celui d’un Minis-tre issu du grand Mubuli , auquel les Mongols dévoient rétablissement deleur Empire. Tesun Temur frappé de cette idée ordonna de faire mourirfur le champ, dans le camp deLongku , Tesycn Temur, .Vangche , lumen& d’autres Seigneurs: il envoya aussi des Officiers à Tatû pour se saisir deTyesbe & de ses autres complices ; tous furent punis de mort, on exter-mina leurs familles, & on confisqua leurs biens. Sonan fils de Tyemutyeln’avoit été condamné qu’à l’exil, mais on représenta qu’il avoir le pre--mier porté un coup de sabre à l’épaule à Pay chu , ensorte que l’Empereurordonna de le faire mourir & de confisquer tous ses biens : cette dernierepartie de la sentence ne fut pas exécutée.
On sauva la vie à Gantipuvha & à d’autres Princes, qui avoient trempé enquelque façon dans la conjuration; mais ils furent tous exilés, & eurent l;thonte de voir que l’on marquoit que la cause de leur exil étoit lapartqu’ilsavoient eue à la noire action de 7 ’yeshe. Tesun Temur étant arrivé à Tatûdans le mois de Novembre, rétablit la mémoire des deux Seigneurs queTymutìcl avoit fait mourir au mois de Janvier 1320. L’Empereur renditla méme justice á ceux que Tyemutyel & Sonan son fils avoient accusé in-justement Tannée suivante, dont quelques-uns avoient été exécutés &d’autres bannis ; les accusations furent déclarées calomnieuses.
L’an 1324, qui est le premier du régné de Tesun Temur, que les Chi-nois appellent Tayting, un des Ministres proposa à i’Ëmpereur de nommerdes Docteurs, chargés d’expliqutr tous les jours dans le Palais les Livresqui font les plus propres à former les Princes & les Grands au Gouverne-ment, L’Empereur approuva ce dessein, & ordonna á son fils & à ceuxdes autres Princes d’aller tous les jours écouter ces^ leçons publiques. Cettecoutume s’observe encore. Le premier Livre qu’on choisit fut l’HistoireChinoise de TJe-ma-quang. L’auteur de ce bel établissement étoit Chang-quey , un des Ministres les plus termes & les plus éclairés qu’ayent eu lesTvens. II étoit fils du Générai Chavg-hong-san , & avoit été élevé par unGrand Mandarin de i’Empire des Song (à). Ce Mandarin étoit fur la flottede Changfikyay, auprès de la montagne à'Ahhan , quand Hongfan vintl’attaquer (b) ; il se disposoit à se précipiter avec les autres dans la mer.Hongfan l’arrêta , & voyant que c étoit un grand Seigneur & un hommede mérite,il le retint & lui demanda son amitié. Le Mandarin par recon-
nois-
(a) Gaubil, p. 255 & suiv. (/;) Voy. ci-deffus, Chap. IV. Secl. II.
(*) Maymi descendoit à la cinquième génération de Talicbin, quatrième fils de Pal: tan ,pere de Tffukay , pere de janghìz Khan. Tesun Tt mur augmenta ses revenus & ses titres, cequi plut extrêmement à ia fangile de Paycbu & à tous les Grands, Gaubil.