Le régnéde YesunTemûr ouTayting.
52» SUCCESSEURS DE JEN"GHIZ KHAN„ te qae la Cour souhaite des pierreries, il s’en fait un commerce fordi-„ de, & qu’on n’a pas honte de les faire payer à l’Empereur dix fois plus„ qu’elles n’ont été achetées , & qu’on ne compte pour rien la ruine des„ familles & des Provinces, pourvu qu’on puisse faire fa Cour en of-,, frant de pareilles choies, qui ne font d’aucune utilité, (^u’un Prince ne„ doit penser qu’à gouverner l'Empire en pere de ses sujets, & ne pas„ chercher à être heureux par des Bonzes & des Lamas ; que depuis que.. les Bonzes , les Lamas & les Taotfe font tant de sacrifices & de priè-res à Fo , le Ciel a donné des marques continuelles de fa colere, & que
jusqu’à ce que l’on voye le culte de Fo aboli & tous les Bonzes chassés,on doit s’attendre à être malheureux ; que le Palais de l’Empereur est
JS
Divisionde sEmpi-
Insolencedes Lamasréprimée.
rempli de gens oisifs, Eunuques, Astrologues, Médecins, femmes &autres, dont l’entretien monte à des sommes exorbitantes: que l’Empi-„ re étant une famille dont l’Empereur est le pere, il ne convient pas que„ parmi fes enfans il y en ait qui meurent faute de secours & de foin, &,, qu’il convient encore moins qu’un Prince croye indigne de fa grandeur„ d’écouter les cris des misérables”.
L’Empereur lut ce Mémoire avec plaisir, mais la crainte de révolter lesMongols l’empêcha d’abolir le Culte de Fo; il ne voulut pas non plus fai-re mourir le Prince Gantipuwha , & parut assez indifférent pour le reste:fur quoi l’Histoife loue les Seigneurs à la tête defquels Chang-quey parlaavec tant de zele, & déplore le malheur des tems (a).
Le Prince Tutemur , second fils de Hayshan , qui étoit revenu de sonexil deHaynan, eut ordre d’aller à Kíenkang , aujourd’hui Nahking , poury faire fa résidence. L’Empereur divisa cette année l’Empire en dix-huitgrands Gouvernemens , au-lieu de douze qui le compofoient. Ces douzeGouvernemens dépendoient d’un Conseil, dont M. Polo parle Chap. XXII.appellé les Seigneurs des Provinces. On marque que le ris venu par mer desProvinces méridionales pour la Cour, monta à cent-soixante-dix Van deTan, & Tannée suivante à trois-cens-trente-cinq Van & mille Tan.
En l’année 1326 il y eut une grande famine dans le Pecheli.& le Chan-tong. L’Empereur en fut instruit en détail par le retour de Chang-quey,qui étoit allé à Paotingfu pour voir fes parens , & le Prince suivit en toutles avis de ce sage Ministre pour le secours des Peuples dans ces deuxProvinces. Les Lamas étoient tout-puissans à la Cour, sur-pout auprès desPrincesses. Ils avoient des patentes pour prendre des chevaux de poste ;portant par-tout des nouvelles & même fur les frontières, on les voyoitcourir avec des équipages de Princes. Ils étoient à charge aux Peuples,qui étoient obligés de leur fournir des chevaux & des provisions. Leur vieo 1 leurs mœurs étoient souvent fort déréglées, & de tous côtés les Chi-nois s’en plaignoient amèrement. L’Empereur en fut enfin instruit, & yremédia. On trouva qu’on avoit donné beaucoup plus d’argent qu’il nefalloit aux Marchands Occidentaux, qui faifoienc le commerce des Pier-reries , & on le confisqua ; mais Upetula (*) & Taolasha , qui soit par in-
. r. térêt,
k» Cauhil, p. 257 & suiv.
(*) C’est, semble*t-il, Abd'ollab ou Obeyd'ollab, nom Mahométan.