DÀNS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V. Chap. XII. 545
d’hui ruinée, au Nord de Kancheu dans le Chenil. Mais on représenta que Sectionc’étoit-là une punition trop légere pour ses fautes , desorte que ses biens ffurent confisqués & qu’il fut relégué dans le Yunnan. Non content de ce- Js°“^ esla, Ama contrefit un ordre de l’Empereur de le tuer aussi-tôt qu’iiferoit tJ^soílarrivé dans cette Province. Cet ordre étoit adressé à un Officier qui avoit Touhan-sa famille dans le Yunnan ; au-lieu de tuer Toto , il le traita avec honneur temûro*& distinction, & lui proposa une de ses filles en mariage; le Ministre dis Chunti -
gracié s’excufa d’accepter cette offre , & l’Officier qui se crut méprisé le 1 . H
fit tuer à 1 âge de quarante-deux ans. Toto étoit Merkite de nation , ilavoit beaucoup d’esprit, étoit très-habile dans la Littérature Chinoise &fort entendu dans les Affaires. L’amour de la gloire & son amitié pour sonfrere Tefyentemur lui firent faire un grand nombre de fautes : la conduitequ’il tint à l’égard de Torchipan l’avoit fur-tout rendu odieux aux Princes& aux Grands.
Le Général Tashepatû arriva au mois d’Octobre à Huycheu dans le Ho- Exhortainan, & gagna une grande bataille fur Lyeufûtong ; ce rebelle fut encore ílon inuti ~défait par un autre Tartare, mais il se relevoit toujours de ses pertes, & lcme * ta gaprès avoir été battu il se trouvoit encore en état de faire de nouvelles en- iHl*.treprises. L’Empereur avoit fait tenir au mois de Juillet un grand Conseil reurf 'de guerre , & il avoit ordonné de prendre des mesures pour la sûreté desProvinces attaquées par les rebelles. Un Grand Mandarin profita de cetteoccasion pour avertir l’Empereur de ses fautes ; il dit „ que ces mesures„ étoient fort inutiles, tandis que l’Empereur continueroit à vivre dans„ le désordre, & sans se mêler des affaires, qu’il falloit qu’il commençât„ par connoître par lui-même f état de fa Cour & de son Empire: dans les,, Provinces , dit-il, les Officiers & les Mandarins ne pensent qu’au plai*
„ sir, à l’argent & à la bonne chere; & ,à l’exemple du Prince, ils parois-j, sent insensibles à la perte des Villes & des Provinces”. On loua le dis-cours du Mandarin , mais Touhan-temûr ne pensa pas à se corriger, & sereposa sur d’autres du foin de rétablir l’ordre dans les Provinces.
S E C T I O N II.
Elévation de Chû ou Hongvû, b Ruine de la Dynastie des Yvens.
/^E fut au mois de Juin de l’année 1355 qu’un Chef de parti nommé SecTrosChû (*) partit de Hocheu , ville du Kiangnan , passa le Kiang & prit H-Taiping. Voici ce que dit 1 Histoire fur ce sujet. Les Yvens étant venusdu Nord du Chamo , ou grand Désert de sable, se rendirent maîtres de la Hoimû*Chine ; l’amour du plaisir les fit dégénérer, & on ne vit que révoltes de & c . htous côtés : il n’y avoit aucune subordination parmi les troupes , les an- ---
nées étoient mauvaises , & le Peuple n’avoit pas de quoi vivre. Ce fut Elévation
i> de Chû.í ân*
(*) C’est ce fameuse Chinois, qui prit dans la fuite le nom de Ilorigvû , & fonda la Dy-nastie des Ming ou Tay.uihg-, les Chinois rappellent Tarifa.
Tome XVII. Zzz