Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
559
JPEG-Download
 

DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V. Caxv. XII. 559

Iá plupart des qualités qui ont rendu immortelle la mémoire des plus grands SectkhîP rinces. II publia la forme du Gouvernement Chinois quTt vouloir intro 11.duire, & prit pour modele celui que les Lettrés Chinois vantent si fort Elévationdans Tao , Chim, & dans les trois familles ou Dynasties de Hya, Chang & d?ChùouChu ; il institua les examens des Gens de Lettres & des Officiers, & n’ou- & ° nëVU

blia pas ce qui regardoit le Tribunal des Mathématiques ; il fit faire une . -,

recherche exaêste des gens de mérite , & récompensa en Roi ceux qui luien faisoient connoîcre , les employa suivant leurs talens à la Guerre, à laNavigation, aux Arts, aux Sciences, aux Mathématiques ; il ne fit aucu-ne folle dépense pour ses plaisirs,& fut toujours éloigné de tout ce qui estcapable d’amollir le cœur des Princes. Dans le Palais qu’il fit bâtir à Nan-king il défendit de faire de trop grandes dépenses en meubles précieux,en raretés des Pays étrangers , & en bannit sévèrement les statues & lespeintures indécentes. 11 gagna le cœur des Artisans, des Paysans & duPeuple, à qui il ne dédaignoit pas de parler, s’entretenant avec eux de cequi les regardoit, & il avoic grand foin de les indemniser de leurs pertes,

& de leur donner du secours. A ces qualités il joignoit un génie supérieur,

& les seules conférences qu’il eut avec de favans Lettrés le rendirent habi-le dans les Sciences Chinoises. Sa bravoure, fa science militaire, fa gran-deur d’ame, son équité dans la distribution des grâces , des Emplois; éxdeséloges le firent fort estimer des Officiers, qui lui étoient fort attachés («).

Dans le neuvieme mois les Généraux Sut a & Changyuchun se rendirent 7/ soumetmaîtres de Sucheufu & de tout le Kiangnan. Ils firent prisonniers Chang - le Midi,shichen & tous ceux de son parti avec neuf Princes du Sang, qui furenttous conduits à Nanking, où Changshichen mourut peu après. Quant auxPrinces, Chu les fit traiter honorablement, & chargea un Mandarin de lesconduire à la Cour de Touhan-temur . Après cette expédition Chu envoyapar mer des troupes dans la Province de Quantong ; cette Province, cellesde Quangsi & de Fokien fe soumirent d'elles mêmes.

Après avoir réduit le Midi, Chu ordonna à Sut a & à Changyuchun de Les Gêné-marcher vers le Nord à la tête de deux-cens-cinquante-mille hommes,prin- rai *x en-cipalement de Cavalerie. Ces deux Généraux étant entrés dans le Chan- verstong publièrent un Manifeste, tout propre à faire soulever les Chinois en ortLfaveur de Chu , & à rendre Touhan-temur odieux; ils y difoient que c'étoitaux Chinois à gouverner les Barbares , fj' non aux Barbares à gouverner les Chi-nois ; ils venoient ensuite aux crimes des Empereurs & aux défauts de leurGouvernement depuis Timur successeur de Hupi-ìay. Ils faisoient voir„ qu’on avoit troublé l’ordre de la succession, que les freres avoient em-„ poisonné les freres., qu’un fils avoit pris les femmes de son pere, qu’il„ n’y avoit aucune subordination, qu’on avoit détruit les Loixdu Gouver-„ nement Chinois, & qu’on n’avoit fait aucun cas de la Doctrine ou de la,, Religion de la Nation. Après cela on concluoit que le tems étoit venu„ de chasser les Etrangers de l’Empire, & ici ils faisoient le portrait de„ Chu , qu’ils difoient avoir été choisi du Ciel pour être le Maître de la

» Chine;.

(a) Gaubil , P.Zir K siliv»