Buch 
17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
Seite
563
JPEG-Download
 

DANS LA TARTARIE ET LA CHINE. Liv. V. Ciiap. XII. 563

sont regardés comme leur grand ayeul Artìkbuga , qui ne fut jamais au SacTrosnombre des Khans. Depuis ce tems-là on n’entendit plus parler à Qhg- II.hyurt des Princes descendus de Jenghiz Khan. Il n’y eut que ceux qui des-cendoient de Kublay , & qui resterent Rois de la Chine, dont il fuit fait Hongvu*mention' (a). t kc. &

Nous ne savons pas trop quel jugement nous devons porter de cette -. - >—

Liste des Khans, tirée des Auteurs Orientaux ; car on ne voit point parl’Histoire Chinoise qu'il y eut des Khans dans la partie orientale de la Tar-tarie , & bien moins à Karakorom, pendant le terris que les EmpereursMongols regnerent dans la Chine; ces Empereurs gouvernoient la Tarta-rie par leurs Généraux ou Lieutenans, qui parodient avoir résidé ordinai-rement à Karakorom. Ce qui rend ceci plus probable encore, c’est quenous voyons qu’en 1370 Ayyeushilitata transféra fa Cour dans cette Capi-tale de la Tartarie, ce qui n’a pu naturellement se faire, s’il y a voit eu ence tems - là quelque Khan d’une branche collatérale qui y commandoit,comme il doit y en avoir eu suivant la Liste de De La Croix. Bien plus, às’en tenir à cette Liste, il faut qu’ils ay en t continué à y commander pen-dant quatre générations dans le quinzième siecle, car on fait monter KleinTimur Khan fur le Trône en 1405.

II y a donc beaucoup d’appareneeque cette Liste est fausse, ou tout au Eik n’eftmoins que les Historiens Orientaux l'on t formée fur des relations incertaines, Af à& fur des mémoires peu furs, & que l’on a pris les Gouverneurs des Pro- ^ urc ' \vinces, & les Princes de quelques Hordes puissantes pour des Khans desMongols: c’est ce qui est d’autant plus vraisemblable, que D'Herhelot nousapprend que les seuls successeurs de Jenghiz Khan , dont la successionfoie bien marquée dans les Auteurs Orientaux, font ceux qui ont régnédans l’Iran ou la Perse prise dans fa plus ample lignification dont ce Savantdonne la Liste, fans en fournir des autres (b).

Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons assez nous étonner que M. de Gui-gnes , qui a voulu donner un abrégé de l'Histoire des Turcs & des Mon-gols, tiré des Annales de la Chine, ait suivi la Liste erronée d e De LaCroix,

& quitté fes autres Guides, en parlant de l’expulfion des Mongols de laChine, & de leur rétablissement en Tartarie. Voici ce qu’il dit: „ La„ postérité de Kublay fe maintint à la Chine jufqu’à ce que Hongvu , Chef„ d’une nouvelle Dynastie Chinoise, en eut chassé Tocatmour Khan. Le fils„ de ce dernier,nommé Bìfnurdar Khan ,repassii en Tartarie & au-delà du„ grand Désert,où il établit une nouvelle Dynastie, ou plutôt il continua„ la branche Mogole, pendant qu'une autre branche, qui descendoit de„ Houla-Kou-Khan regnoit dans la Perse (Q

Voilà ce que rapporte M. de Guignes , comme tiré des Historiens Chi M.deGui-nois, qu’il cite en cet endroit. Mais il est évident par f Histoire que nous g nesmrr-avons donnée, que l’Empereur & son fils, que Hongvu chassa de la Chine, r l ué ‘étoient deux Princes différens : aussi De La Croix ne dit-il point que To-

kat-

(a) De I.a Croix , Hiít. de Genghizcan. (c) De Guignes Mém. fur l’Orig des Huns514-516. & des Turcs dans le Magazin. Février 1750.

(A) D'Herbeleíi’QihYioth. Orient, p. 3S2. p. 41»

B bbb 2