DANS LE KIPJAK OU KIPCHAK. Liv. VI. 581
fa Croix, k la suite de son Hijioire de Genghiz Khan. Les deux Listes que ces Khans duAuteurs fournissent diffèrent beaucoup Tune de l’autre, tant à l’égard des Kipjâk.noms & du nombre des Khans , que pour la date des événemens. Par 11 1 “exemple, De la Croix compte quarante & un Khans jusqu’à Haji Keray ouGheray Khan, & Abulghazi Khcn n’en compte que dix-sept ; mais nouscroyons devoir suivre le dernier, parcequ’il descendoit de Jujì , & que îePays où il regnoit n’étoic pas loin du Kipjâk ; ce qui donne lieu de présu-mer qu’il étoit mieux instruit de i’Histoire de ce Royaume, que les His-toriens Persans que De la Croix a consuícés ; d’aulant plus que D'Herbelotnous apprend, comme nous savons remarqué , que les Historiens Orien-taux ne nous ont donné avec quelque exactitude l’Histoire d’aucune desbranches issues de Jengbiz. Khan , st ce n’est de celle qui a régné en Perse,
& dont Hulagu a été la tige.
Après la mort de Juji Khan , son pere envoya d’abord son frere Belga- 2. Batstay Utezkim dans le Dasht Kipjâk, pour y faire reconnoître Batu (*)ou Khan -Badu en qualité de Khan à la place de son pere. Ce Prince alla au-devant 122<5 ‘de son grand- oncle , & le conduisit au lieu de sa résidence ordinaire , oùBelgatay le mit en possession du Trône de son pere ; mais à peine la solem-nité ëtoit-elle finie , qu’on reçut la nouvelle de la mort de Jenghiz Khan ;ce qui obligea Utezkim à s’en retourner d’abord à Karakum ou Karakorom,
& Batu , nommé aussi Saghin Khan, accompagné de ses freres, l’y suivitincessamment, ayant confié la Régence de ses Etats à son frere cadet To-gay Timur, qui fut le seul qui resta dans Je Kipjâk. Quand ils furent arri-vés à la Cour avec les autres Princes , ils assistèrent à l’instailation à'Uga-day ou Q ct ay Khan, qu’ils accompagnèrent ensuite dans son expédition dansle Kitay.
Le Grand Khan, extrêmement content de la conduite & de la valeur SesCtm-qu’il avoit reconnue dans Batu Saghin Khan, lui donna une nombreuse ar- 3 ^ S -mée pour aller soumettre les Unisses ou Rujsiens, les Circajjcs, les Bill*gares & autres Nations voisines , & le fit accompagner dans cette expédi-tion par son fils Kajuk, par Mangu ou Mengko fils de Tau!ay ou loley, &par Baidar fils de Jagatay Khan.
A son retour dans ses Etats , Togay Timur le régala pendant trois joursfort splendidement avec tous les Princes qui l’accompagnoient. EnsuiteBatu donna à son tour un grand festin qui dura quarante jours, & à l’issuede ces fêtes il se mit en devoir de faire les conquêtes qu’il avoit prejet-tées. Cette expédition eut le succès que tout le monde fait, dit notre Au-teur; & Je Khan, après avoir rempli tout l’Occident de la gloire de sesgrands exploits , retourna enfin heureusement dans le Dasht Kipjâk , où ilmourut quelque tems après dans la Capitale du Pays , nommée Kok - Or-ia (ct). De la Croix met fa mort en 1256 (t) ,&■ dit qu’il soumit les Alans,
(d) Abu'lgpazi Khan , p. 445-451.
(*) Appellé aussi Baâtu & Bâti, ce qui suivant Khondemir signifie en Langue Mogoleforce & dureté. D'Herbelot , Biblioth. Orient, art. Batu, p. 195.
(s) D'Herbelot , d’après Khondemir ou Mtrkhorid , place la mort dans la même aimée ,Geforce qu’il régna trente ans. Batu étoit de la religion de jenghiz Khan, qui confistoit
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