HISTOIRE DE THRACE. Liv. II. Ch. VII. 657
aant du côté da Nord au continent, par une langue de terre qui peut avoir Histoire37 stades de largeur. Elle contenoit les Villes suivantes, Cardia , Agora, P a- ^ ^ lrace 'normus , Alopéconnéfus , Elceus , Sejie , Madytos , Cijja , Callipolis , Lyjìma -chie , & Patìye. Cardia étoit íìtuee fur les bords du Golphe de Mêlas , &s’appelloit ainsi, suivant Pline (à), à cause qu’elle étoit bâtie en formede cœur. Agora, Panormus Si Alopéconnéfus se trou voient sur le même Gol-phe: la dernière devoir son nom à la quantité prodigieuse de Renards, dontson territoire étoit infesté. Pline ( b ) , trompé par le nom, qui en Grec si-gnifie l 'Ile des Renards , a cru que c’étoit une Ile ; mais tous les autres Géo- *graphes la placent dans la Chersonèfe. Elceus étoit fur la côte de YHellespontvis-à-vis du Cap Majlufia, présentement Capo Grceco.. Callipolis, connue àprésent sous le nom de Gallipoli , est placée par Strabon & par Pline fur lacôte de la Propontide, près de l’embouchure septentrionale de YHellespont :elle donne son nom au fameux Détroit qui sépare Y Europe de Y Asie. Nous a-vons parlé de Se/le & de Lyfimachie dans les Histoires de Perse & de Sy-rie. Pour ce qui est des autres Villes de la Chersonèfe , elles ne méritentpas qu’on en fasse mention.
Le terroir de la Thracc, quand on avance un peu dans le Pays, est froid Terroir,& stérile, les Montagnes étant couvertes de neige la plus grande partie deTannée. Mais les Provinces maritimes produisent toutes iortes de Grains,
& d’autres choses nécessaires à la vie, & font outre cela si agréables,queMêla les compare aux plus belles & aux plus fertiles Contrées deYAJie(c).
Les anciens Thraces passoient pour être un Peuple très vaillant, mais ex- Mœurs,trèmement cruel & féroce. Leur Religion ne différait guères de celle des Religion ,Macédoniens leurs voisins, puisqu’ils adoraient Jupiter , Hercule, Diane,
Bacchus, & plus particulièrement Mars & Hermès ou Mercure , que leursRois prenoient seul à témoin dans leurs sermens, prétendant être descendusde lui. Voici ce qu 'Hérodote ( d) nous aprend au sujet de leurs Coutumes.
Quand un Enfant venoit au monde, tous ses proches formant un ccr- CdUimiitcle autour de lui, s’abandonnoient à la douleur, dans la vue des maux aux*quels il alloit être exposé: ce n’étoit que joie au contraire, quand quelqu’unde leurs proches venoit à mourir, parce que ce n’étoit que de ce momentqu’ils les croyoient heureux. Parmi ks Crejionéens, qui htmitoient quelques-unes des Montagnes de la Thrace, & chez qui la Polygamie étoit en usage.
Lorsque le mari étoit mort, c’étoit une grande dispute entre ses femmespour savoir qui avoit été la plus aimée. Celle à qui cet avantage étoit aju-gé, avoit le privilège d’être immolée par son plus proche parent fur le tom-beau de son mari, & d'y être enséveiie avec lui : privilège que les autreslui envioient d’autant plus, qu’elìes pouvoient s’attendre à être regardéesdans la fuite avec le dernier mépris 0 ). Les Thraces en général, à ce quenotre Historien nous aprend, vendoient leurs enfans, H gardoient fort malleurs filles; mais en revenche ils étoient très jaloux de leurs femmes. Ils
00 Plin. L. IV. C. II.
(Jiy Idem L. IV. c, 12,
CO kowp. Mêla Lib. XI. c. II.
Tome VI.
(d) Herodot. L. V. c. 7.(0 Idem ibid. c. 4. 5.
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