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6/2 (1770) L' histoire des Macédoniens, depuis le règne d'Alexandre le Grand jusqu'au tems où les Romains en firent la conquête ...
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HISTOIRE DE THRACE. Liv. II. Ch. VII. 657

aant du côté da Nord au continent, par une langue de terre qui peut avoir Histoire37 stades de largeur. Elle contenoit les Villes suivantes, Cardia , Agora, P a- ^ ^ lrace 'normus , Alopéconnéfus , Elceus , Sejie , Madytos , Cijja , Callipolis , Lyjìma -chie , & Patìye. Cardia étoit íìtuee fur les bords du Golphe de Mêlas , &sappelloit ainsi, suivant Pline (à), à cause quelle étoit bâtie en formede cœur. Agora, Panormus Si Alopéconnéfus se trou voient sur le même Gol-phe: la dernière devoir son nom à la quantité prodigieuse de Renards, dontson territoire étoit infesté. Pline ( b ) , trompé par le nom, qui en Grec si-gnifie l 'Ile des Renards , a cru que cétoit une Ile ; mais tous les autres Géo- *graphes la placent dans la Chersonèfe. Elceus étoit fur la côte de YHellespontvis-à-vis du Cap Majlufia, présentement Capo Grceco.. Callipolis, connue àprésent sous le nom de Gallipoli , est placée par Strabon & par Pline fur lacôte de la Propontide, près de lembouchure septentrionale de YHellespont :elle donne son nom au fameux Détroit qui sépare Y Europe de Y Asie. Nous a-vons parlé de Se/le & de Lyfimachie dans les Histoires de Perse & de Sy-rie. Pour ce qui est des autres Villes de la Chersonèfe , elles ne méritentpas quon en fasse mention.

Le terroir de la Thracc, quand on avance un peu dans le Pays, est froid Terroir,& stérile, les Montagnes étant couvertes de neige la plus grande partie deTannée. Mais les Provinces maritimes produisent toutes iortes de Grains,

& dautres choses nécessaires à la vie, & font outre cela si agréables,queMêla les compare aux plus belles & aux plus fertiles Contrées deYAJie(c).

Les anciens Thraces passoient pour être un Peuple très vaillant, mais ex- Mœurs,trèmement cruel & féroce. Leur Religion ne différait guères de celle des Religion ,Macédoniens leurs voisins, puisquils adoraient Jupiter , Hercule, Diane,

Bacchus, & plus particulièrement Mars & Hermès ou Mercure , que leursRois prenoient seul à témoin dans leurs sermens, prétendant être descendusde lui. Voici ce qu 'Hérodote ( d) nous aprend au sujet de leurs Coutumes.

Quand un Enfant venoit au monde, tous ses proches formant un ccr- CdUimiitcle autour de lui, sabandonnoient à la douleur, dans la vue des maux aux*quels il alloit être exposé: ce nétoit que joie au contraire, quand quelquunde leurs proches venoit à mourir, parce que ce nétoit que de ce momentquils les croyoient heureux. Parmi ks Crejionéens, qui htmitoient quelques-unes des Montagnes de la Thrace, & chez qui la Polygamie étoit en usage.

Lorsque le mari étoit mort, cétoit une grande dispute entre ses femmespour savoir qui avoit été la plus aimée. Celle à qui cet avantage étoit aju-, avoit le privilège dêtre immolée par son plus proche parent fur le tom-beau de son mari, & d'y être enséveiie avec lui : privilège que les autreslui envioient dautant plus, quelìes pouvoient sattendre à être regardéesdans la fuite avec le dernier mépris 0 ). Les Thraces en général, à ce quenotre Historien nous aprend, vendoient leurs enfans, H gardoient fort malleurs filles; mais en revenche ils étoient très jaloux de leurs femmes. Ils

00 Plin. L. IV. C. II.

(Jiy Idem L. IV. c, 12,

CO kowp. Mêla Lib. XI. c. II.

Tome VI.

(d) Herodot. L. V. c. 7.(0 Idem ibid. c. 4. 5.

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