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39 (1777) L' histoire de la Suisse ou les cantons qui composent aujourd'hui la Confédération Helvetique, et le commencement de l'histoire de l'empire d'Allemagne
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Sect. î.Histoire dela SuistV

Sagesse desSuisses dansla nomina-tion auXaimgts ..

Benne foides Suisses*

Bajurîspru*itnee. ,

S o HISTOIRE DES CANTONS

Chacun des trois Cantons, est divisé en quartiers ou partitions (t),"cune de ces partitions élit un certain nombre de Sénateurs à vie, donc sélec-tion est confirmée ensuite dans lassemblée générale., La naissance, la fortu-ne, le hazardj ni laveugle protection , si souvent plus injuste & plus incon-séquente que la fortune, ne donnent chez les Suisses de ces trois Cantons, au-cun droit aux charges ni aux emploi. Cest la confiance publique qui feuley nomme., & qui ny place que des gens de mérite, dun jugement sain,dune probité reconnue,. Cest souvent dans lordre des paysans que cetteconfiance publique choisit des Magistrats qui fans senorgueillir de leur digni-, vont à pied, un bâton à la main, plusieurs fois la semaine & à deux outrois lieues de leurs cabanes, siéger dans le Conseil de lEtat Souverain, & .qui après avoir réglé les plus importantes affaires , vont reprendre paisible-ment les foins du labourage, juíqua la prochaine assemblée.. Cest souventencore un paysan qui député par la nation , va traiter de Souverain k Sou-verain, avec le plus puissant Monarque de lEurope, devant lequel ìl. parlecouvert, librement & fans crainte, comme fans dissimulation (s). Et eneffet, quauroit 'a craindre ou à dissimuler un habitant de T un des rrois Etatsunis, accoutumé, dès le berceau à la plus grande franchise &. à la plus exacteégalité avec tous ses concitoyens. Car dans ces trois Cantons, leshabiransvivent à se conduisent comme sils ne formoîent quune feule famille. La foipublique y sert de.fauve-garde & tout y est abandonné à son intégrité. Lesmaisons ny sont fermées quen hyver & pour se garantir des rigueurs de lasaison, II est vrai que quelquefois il sy commet des vols, unis cest par desvagabonds étrangers qui mêsusent de T hospitalité que les Suisses aiment àexercer., II arrive très - rarement quun habitant originaire du pays se rendecoupable de larcin; mais dans ce cas, il est puni avec la derniere rigueur, &il est en effet dautanr plus punissable, que pouvant demander ce quil a eula lâcheté de dérober, cest pour le mal même quil a commis le mal.

Ce qui prouve à quel dégré la bonne foi est portée dans ces trois Cantons,cest quils nont ni tabellions, ni notaires, & que cependant ils contractentmais verbalement, mais avec plus de solidité que si leurs obligations étoientécrites. Ils ne savent ce que cest que les procès, & moins encore ce quec est que cet art ruineux connu ailleurs sous le nom de chicane; aussi nont-ìls chez eux ni jurisconsultes, ni avocats, ni procureurs, ni ce tas dautressangsues qui, dans presque tous les autres Gouvernemens senrïchiísent,avecprivilège, des contestations quils fomentent, quils prolongent, & quilsont le perfide talent de rendre interminables (z), Chacun des. trois Can-

(1) Cest par le mot de partition que lon croît devoir traduire lexpreffion AllemandeGenoss-man-Ptiertel, eestàdire, les parties dun Canton.

( 2 ) 11 nest point, dit lAuteur de .lHistoire des Ligues & des Guerres de la Suisse ; de -fi petit officier à la Cour de quelquun des Souverains de lEurope, qui ne fut bien é-tonné , sil savoit que cet Ambassadeur républicain a servi toute sa vie ses maîtres, dansles fonctions les plus pénibles & les plus importantes, fans avoir presque da UCr erécom-pense à en espérer, que la considération & l'estime de ses concitoyens. T. i. pag. izz.

(S) La simplicité des Suisses vaut bien cette sagacité ingénieuse & inquiété quon re-marque chez la plûpart des autres peuples Européens; ils ne.connoissent point cetteHuicitude de questions, ni ces détours insidieux de forme , qui fatiguent les tribunaux