Sect. î.Histoire dela SuistV
Sagesse desSuisses dansla nomina-tion auXaimgts ..
Benne foides Suisses*
Bajurîspru*itnee. ,
S o HISTOIRE DES CANTONS
Chacun des trois Cantons, est divisé en quartiers ou partitions (t), Là"cune de ces partitions élit un certain nombre de Sénateurs à vie, donc sélec-tion est confirmée ensuite dans l’assemblée générale., La naissance, la fortu-ne, le hazardj ni l’aveugle protection , si souvent plus injuste & plus incon-séquente que la fortune, ne donnent chez les Suisses de ces trois Cantons, au-cun droit aux charges ni aux emploi. C’est la confiance publique qui feuley nomme., & qui n’y place que des gens de mérite, d’un jugement sain,d’une probité reconnue,. C’est souvent dans l’ordre des paysans que cetteconfiance publique choisit des Magistrats qui fans s’enorgueillir de leur digni-té, vont à pied, un bâton à la main, plusieurs fois la semaine & à deux outrois lieues de leurs cabanes, siéger dans le Conseil de l’Etat Souverain, & .qui après avoir réglé les plus importantes affaires , vont reprendre paisible-ment les foins du labourage, juíqu’a la prochaine assemblée.. C’est souventencore un paysan qui député par la nation , va traiter de Souverain k Sou-verain, avec le plus puissant Monarque de l’Europe, devant lequel ìl. parlecouvert, librement & fans crainte, comme fans dissimulation (s). Et eneffet, qu’auroit 'a craindre ou à dissimuler un habitant de T un des rrois Etatsunis, accoutumé, dès le berceau à la plus grande franchise &. à la plus exacteégalité avec tous ses concitoyens. Car dans ces trois Cantons, leshabiransvivent à se conduisent comme s’ils ne formoîent qu’une feule famille. La foipublique y sert de.fauve-garde & tout y est abandonné à son intégrité. Lesmaisons n’y sont fermées qu’en hyver & pour se garantir des rigueurs de lasaison, II est vrai que quelquefois il s’y commet des vols, unis c’est par desvagabonds étrangers qui mêsusent de T hospitalité que les Suisses aiment àexercer., II arrive très - rarement qu’un habitant originaire du pays se rendecoupable de larcin; mais dans ce cas, il est puni avec la derniere rigueur, &il est en effet d’autanr plus punissable, que pouvant demander ce qu’il a eula lâcheté de dérober, c’est pour le mal même qu’il a commis le mal.
Ce qui prouve à quel dégré la bonne foi est portée dans ces trois Cantons,c’est qu’ils n’ont ni tabellions, ni notaires, & que cependant ils contractentmais verbalement, mais avec plus de solidité que si leurs obligations étoientécrites. Ils ne savent ce que c’est que les procès, & moins encore ce quec est que cet art ruineux connu ailleurs sous le nom de chicane; aussi n’ont-ìls chez eux ni jurisconsultes, ni avocats, ni procureurs, ni ce tas d’autressangsues qui, dans presque tous les autres Gouvernemens s’enrïchiísent,avecprivilège, des contestations qu’ils fomentent, qu’ils prolongent, & qu’ilsont le perfide talent de rendre interminables (z), Chacun des. trois Can-
(1) C’est par le mot de partition que l’on croît devoir traduire l’expreffion AllemandeGenoss-man-Ptiertel, e’estàdire, les parties d’un Canton.
( 2 ) 11 n’est point, dit l’Auteur de .l ’Histoire des Ligues & des Guerres de la Suisse ; de -fi petit officier à la Cour de quelqu’un des Souverains de l’Europe, qui ne fut bien é-tonné , s’il savoit que cet Ambassadeur républicain a servi toute sa vie ses maîtres, dansles fonctions les plus pénibles & les plus importantes, fans avoir presque d’a UCr erécom-pense à en espérer, que la considération & l'estime de ses concitoyens. T. i. pag. izz.
(S) La simplicité des Suisses vaut bien cette sagacité ingénieuse & inquiété qu’on re-marque chez la plûpart des autres peuples Européens; ils ne.connoissent point cette •Huicitude de questions, ni ces détours insidieux de forme , qui fatiguent les tribunaux