s
•-'Jject. III., Histoire de. la Suisse&. c *
Recroisse-. ment Jucccs-(if de So-Utirs,
: Facilité deBerne à ac-corder lesdroits deBourgeoisie,
c5 6 H I S T O î R E D Ë S CANTONS
leurs, que «Tailleurs, son armée eut reíhfé de poursuivre, il se hâta de con-duire ses troupes dans FEmpire, air secours de Frédéric (i).
Soleure n’étoit point la feule ville Helvétique, qui otât résister aux préten-tions de la maison d’Autriche; Berne, qui depuis plus «f un siecle commen-çoit hfe distinguer par Paccroislèment successif de sa puissance, & par la fà-geíîè de sa politique, disputoit aussi sa liberté contre les entreprises des suc-ceflèurs d’Albert, Déja la force de ses armes avoit étendu h près de quatrelieues son territoire, & tous ceux qui le peuploient refosoient obstinémentleur hommage aux Seigneurs en 1291 ,que Soleure de la maison d’Autriche,íl y avoit environ 25 ans, avoit commencé d’essayer fes forces, en combat-tant avec succès contre les gentils-hommes des environs, qui s’érigeant en sou-verains , ou plutôt en tyrans, fouloient & opprimaient le Peuple, & sor toutles habitans de la campagne. De combat en combat, les braves habítans deSoleure étoient enfin parvenus à nettoyer le voisinage de cette-troupe de cor-saires. Cette Ville, conduite par des Magistrats aussi sages qu’intelligens, ve-noit d’acquérir la ville de Laupen, & des droits fort étendus fur le comté de‘Thun, ainsi que fur le reste des seigneuries d’Ëberhard de Habsbourg-Ki-bourg, gentil-homme aussi méprisé par son peu de courage, qu’il. étoit mé-sestimé par ses mœurs corrompues & par fa profusion.
La politique la plus sage est sujette à beaucoup d’inconvéniens ; parmi lesmoyens que Berne employoit pour s’agrandir, elle étoit fur - tout dans Tusagede multiplier ses bourgeois autant qu’il étoit possible, soit dans Penceinte,soit au-delà de fes murs; & à la premiere demande, elle ne faisoit aucunedifficulté d’admettre dans fa bourgeoisie non-seuiement des villes entieres; deshameaux considérables; des seigneurs puistàns & recommandabîes par leurmérite, encore plus que par leur rang & leur fortune ; mais Berne ne dé-daignoit personne, (2) &honoroic également du titre de bourgeois & «Pal-liés les plus respectables familles, & les plus punissables scélérats: tel fut unBaron de Wissembourg, qui, à la tête de quelques brigands, infesioit lesgrands chemins, & que les magistrats de Berne avoient déjà fait poursuivrecomme voleur & assassin ; tel fut encore cet Eberhard de Habsbourg -Ki-bourg ; malheureux, qui, les mains teintes du sang de son frere, qu’il avoitégorgé, étoit venu à Berne même cher-sber un azile contre la rigueur desioix & l’exécration publique.
C’est
(1) Quand même le Duc Léopoîd eût voulu continuer le siégé, fes troupes, péné-trées de reconnoissance pour le service signalé qu’elles venoient de recevoir de ia partdes assiégés,eussent refusé de lui obéir: aussi Jes Historiens contemporains & postérieursconviennent-ils que ce fut moins par reconnoissance, que par la crainte d’être abandon-né de son armée entiere, qu’il s’éloigna des murs de cette ville.-d’ailleurs, il vouloitramener cette armée dans l’iìinpire. où son frere en avoit !e plus pressant besoin. Cefut là le plus puissant, & peut-être Tunique motif de fa retraite.
(2) On îa voyoit, dit TAuteur de T Histoire des ligues & des guerres de laSuiste, rece-voir dans fa Bourgeoisie, c'est-à-dire, dans son alliance, tout à - la sois des villes con-sidérables & des bicoques, tantôt un seigneur, tantôt fes sujets, & dans le nombre desgentils-hommes voisins , qui briguoíent cet avantage , les plus ruinés étoient les mieuxreçus, parce qu’il étoit dès lors de droit, qu’ils ne pourroient jamais traiter avec d'au*tres qu'estes de la vente de leurs terres. T, 1- p- 154-