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39 (1777) L' histoire de la Suisse ou les cantons qui composent aujourd'hui la Confédération Helvetique, et le commencement de l'histoire de l'empire d'Allemagne
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Sect. III.Histoire dela Suissebc-

Les troisCantons fontdifpojés àrenouvellesla treve.

Ils en fontdétournéspar Jeand'Arberg.

Louis deBavière ex-communié àHome, UcouronnéEmpereur.

II fait lapaix .

Co HISTOIRE DES CANTONS

étant près dexpirer, la ville de Zurich, qui déja sétoit détachée du pamde Louis de Bavière, se donnoit les plus grands mouvemens pour la faire re-nouveller. Les habitans des trois Cantons, adoptant les vues pacifiques de laville de Zurich , paroiíToient disposés h consentir à ce renouvellement de tre-ve; mais Jean dArberg leur fit comprendre que leur devoir, leur honneur,& les droits de leur liberté même, étaient intéressés à ne former aucune forteRengagement avec les ennemis de Louis de Bavière: en forte que les trois E-tats ceílànt découter les conseils de Zurich, refusèrent tout accommodement,& affrontèrent hautement le courroux & les foudres de Jean XXII, la colèredes Seigneurs de la maison dAutrïche, & Timpatieme avidité de la noblessedes environs, toujours prête ìí exécuter les censures ecclésiastiques par fuser*pation, le ravage & le pillage des biens des excommuniés. Ces nobles sa-tellites du Pontife irrité comptoient dautant plus fur la dévastation des troisCantons réfractaires aux volontés du Pape, quil ny avoit aucun secours àattendre de Louis de Bavière, qui, étant allé à Rome pour y prendre, soitde gré, soit de force,, la couronne impériale, étoit dans rimpoíïìbilité dedéfendre en Suilse, jes membres les plus fidelles de lEmpire (i),

Le voyage & le séjour de Louis de Bavière à Rome lui fut très-utile etrpartie; il est vrai quil en revint excommunié, comme il y étoit allé; mais,en dépit du Pape, il en revint couronné Empereur: il .fit voir quil étoit dignede Têtre. Après avoir conquis Haguenau, Bienfeld & Sehlestat, il vint cam-per près de Colmar, assiégé par les Autrichiens, contre lesquels il se prépa-roit à combattre, lorsquil fut joint par le Roi de Bohême, Jean de Luxem-bourg, qui représenta avec tant de force & de vérité aux Autrichiens, la-gitimité de léìévation de Louis au trône impérial, que, sentant eux-mêmesquils nétoient passes plus forts, ils entrerent en négociation; & parle traitéqui fut conclu encore par ses soins de Jean de Luxembourg, il fut convenuque Louis de Bavière seroic reconnu en qualité de légitime Empereur par kmaison dAutriche & par ses alliés, auxquels Louis donneroit un dédommage-ment de deux mille quatre cent ducats, pour sûreté de laquelle ( 2 ) somme,lEmpereur leur engageoic quatre des principales Villes impériales, à portéede leurs Etats héréditaires; & ces quatre villes furent 8. Gall, Schaffhouse 9 -Zurich & Rheinseld ; villes que lEmpereur.engagea dautant plus volontiers,

(1) Quelque* projets de vengeance que méditât alors le Pape, ligué avec iespartisansdAlberc, les sujets de la Maison dAutriche en Suiíîe; étoient dans le plus grand em-barras," leur maître éloigné, trop occupé en Allemagne pour leur donner du secours,-ies laiíîoit exposés aux insultes-des Suisses & des Bernois; la ville de Lucerne fur-tout,qui étoit autrefois fort commerçante, en reçut le plus de dommage. Le St Gothard,qui est dans ie Canton dUri, lui étant fermé , tout son commerce dítalie futinterrom-pu ; ses foires ne surent plus fréquentées; son pays qui est tout ouvert du côté des Can-tons j^étoit.exposé à dbs incursions continuelles ; la bourgeoisie, obligée dêtre jour-&nuit fous les armes, étoit harassée; loin que les. Autrichiens pensassent à adoucir tous.ces maux.de leurs sujets, ils les accabloient par de nouveaux impôts. Hìfl. de la ConféJ..JRelvet. Liv. 3. p 97 &£»8 v Ettçrlins. fol. 20. T. Schudi. p. Z2t & 322.

O) Ces 2400 ducats étoient donnés à prendre fur le trésor de lEmpire: mais commece trésor étoit un être de raison, ç$c toujours vuide, Louis pour sûreté du payement,engagea ces quatre villes: car alors il n'y avoit point de lots qui défendessent laliéna-tion des domaines de PEmpire; & ces ioix nont été.faites que depuis que les Empereursn'ont presque plus eu de domaines qu'ils puissent aliéner, ou donner, ou retenir.