Sect. III.Histoire dela Suissebc-
Les troisCantons fontdifpojés àrenouvellesla treve.
Ils en fontdétournéspar Jeand'Arberg.
Louis deBavière ex-communié àHome, UcouronnéEmpereur.
II fait lapaix .
Co HISTOIRE DES CANTONS
étant près d’expirer, la ville de Zurich, qui déja s’étoit détachée du pamde Louis de Bavière, se donnoit les plus grands mouvemens pour la faire re-nouveller. Les habitans des trois Cantons, adoptant les vues pacifiques de laville de Zurich , paroiíToient disposés h consentir à ce renouvellement de tre-ve; mais Jean d’Arberg leur fit comprendre que leur devoir, leur honneur,& les droits de leur liberté même, étaient intéressés à ne former aucune forteRengagement avec les ennemis de Louis de Bavière: en forte que les trois E-tats ceílànt d’écouter les conseils de Zurich, refusèrent tout accommodement,& affrontèrent hautement le courroux & les foudres de Jean XXII, la colèredes Seigneurs de la maison d’Autrïche, & Timpatieme avidité de la noblessedes environs, toujours prête ìí exécuter les censures ecclésiastiques par fuser*pation, le ravage & le pillage des biens des excommuniés. Ces nobles sa-tellites du Pontife irrité comptoient d’autant plus fur la dévastation des troisCantons réfractaires aux volontés du Pape, qu’il n’y avoit aucun secours àattendre de Louis de Bavière, qui, étant allé à Rome pour y prendre, soitde gré, soit de force,, la couronne impériale, étoit dans rimpoíïìbilité dedéfendre en Suilse, jes membres les plus fidelles de l’Empire (i),
Le voyage & le séjour de Louis de Bavière à Rome lui fut très-utile etrpartie; il est vrai qu’il en revint excommunié, comme il y étoit allé; mais,en dépit du Pape, il en revint couronné Empereur: il .fit voir qu’il étoit dignede Têtre. Après avoir conquis Haguenau, Bienfeld & Sehlestat, il vint cam-per près de Colmar, assiégé par les Autrichiens, contre lesquels il se prépa-roit à combattre, lorsqu’il fut joint par le Roi de Bohême, Jean de Luxem-bourg, qui représenta avec tant de force & de vérité aux Autrichiens, la lé-gitimité de l’éìévation de Louis au trône impérial, que, sentant eux-mêmesqu’ils n’étoient passes plus forts, ils entrerent en négociation; & parle traitéqui fut conclu encore par ses soins de Jean de Luxembourg, il fut convenuque Louis de Bavière seroic reconnu en qualité de légitime Empereur par kmaison d’Autriche & par ses alliés, auxquels Louis donneroit un dédommage-ment de deux mille quatre cent ducats, pour sûreté de laquelle ( 2 ) somme,l’Empereur leur engageoic quatre des principales Villes impériales, à portéede leurs Etats héréditaires; & ces quatre villes furent 8. Gall, Schaffhouse 9 -Zurich & Rheinseld ; villes que l’Empereur.engagea d’autant plus volontiers,
(1) Quelque* projets de vengeance que méditât alors le Pape, ligué avec iespartisansd’Alberc, les sujets de la Maison d’Autriche en Suiíîe; étoient dans le plus grand em-barras," leur maître éloigné, trop occupé en Allemagne pour leur donner du secours,-ies laiíîoit exposés aux insultes-des Suisses & des Bernois; la ville de Lucerne fur-tout,qui étoit autrefois fort commerçante, en reçut le plus de dommage. Le St Gothard,qui est dans ie Canton d’Uri, lui étant fermé , tout son commerce d’ítalie futinterrom-pu ; ses foires ne surent plus fréquentées; son pays qui est tout ouvert du côté des Can-tons j^étoit.exposé à dbs incursions continuelles ; la bourgeoisie, obligée d’être jour-&nuit fous les armes, étoit harassée; loin que les. Autrichiens pensassent à adoucir tous.ces maux.de leurs sujets, ils les accabloient par de nouveaux impôts. Hìfl. de la ConféJ..JRelvet. Liv. 3. p 97 &£»8 v Ettçrlins. fol. 20. T. Schudi. p. Z2t & 322.
O) Ces 2400 ducats étoient donnés à prendre fur le trésor de l’Empire: mais commece trésor étoit un être de raison, ç$c toujours vuide, Louis pour sûreté du payement,engagea ces quatre villes: car alors il n'y avoit point de lots qui défendessent l’aliéna-tion des domaines de PEmpire; & ces ioix n’ont été.faites que depuis que les Empereursn'ont presque plus eu de domaines qu'ils puissent aliéner, ou donner, ou retenir.