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39 (1777) L' histoire de la Suisse ou les cantons qui composent aujourd'hui la Confédération Helvetique, et le commencement de l'histoire de l'empire d'Allemagne
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' ia6 HISTOIRE DES CANTONS

SEeT. ïV.Histoire, dela Suisse

Ï33S-I3S9-

ffldaa capi-tule & sermd.

geansíes repouílèrenc à coups de piques dans les flammes cu ils périrent pres-que tous. La ville de Nidau effrayée de cet exemple de rigueur, neut gar-de datcendre la derniere extrémité, elle capitula & se rendit, ainsi que lechâteau, aux deux villes confédérées.

Le but des conquérans est communément dopprimer les peuples quilsviennent de soumettre; les Bernois & les Soleurrois, défenseurs de la liberté,ne profitèrent du succès qui venoit de couronner leurs essores, que pour assu-rer la liberté publique: aussi le premier acte quils firent en entrant dans Ni-dau, fut denfoncer les portes des prisons du château; & ils furent bien éton-nés de voir sortir du fond de ces cachots obscurs deux hommes couverts

de lambeaux, se soutenant à peine, baves, noirs, abattus, & qui parloientun langage cjuaucun des vainqueurs nentendoit. On fit bien des perquisi-tions, & ce ne fut quaprès plusieurs jours de recherches, quon apprit en-fin, que ces deux malheureux captifs étoient deux Prélats Portugais, lan E-vêque de Lisbonne , lautre Prieur dAlcantara, & qui, venant de Rome,il y avoit plusieurs années, & passant en Suiflè, pour se rendre chez eux,par la France & lEspagne, avoient été arrêtés, dépouillés, cruellement trai-tés par les Autrichiens de la garnison de Nidau, éc, conduits au Gouverneurde cette place, qui les avoit fait jeter dans ce cachot, dans lefpérance dentirer une forte rançon. Les Bernois brisèrent les chaînes qui lioient ces deuxinfortunés, leur fournirent des secours, & les deux voyageurs arrivés à Lis-bonne , & pénétrés de recoanoissance, envoyerent un présent de mille du-cats à leurs libérateurs.

Cependant ìes deux partis étoient également fatigués de cette guerre ; maisles Suisses, quelque désir quils eussent de jouir des douceurs du calme , nesongèrent cependant à rien moins quà ceder aux Seigneurs dAutriche aucundes droits pour lesquels ils combattoient ; & la querelle eût été fort long-Tuve. tems encore à prendre fin, fi les villes (i) de Constance, deRotweil,

1389. je Bâle, dUberlingen, de Ravensbourg &de Lindau, secondées par beau-

coup dautres, neuílènt, par leur médiation, engagé les deux partis à ouvrirà Zurich des négociations, & à faire consentir les puissances armées à unetreve,qui devoir durer depuis le i ec Avril 1389, jufquau jour de S.George.Les Bernois Les Bernois qui avoient été les derniers à prendre part à cette guerre, sé-

ccedt ijí à toient si fort animés par les fucç.ès quiis avoient eûs Ce), que ce fut avec

le l'réve.

(1) Cette guerre qui avoit couté tant de sang, fixoit lattention des villes impérialesde lAlsacp & de la Suabe. Elles étoient liées indirectement diníérêt avec des peuplesqui défenaoient la même cause quelles : elles sortoient daffaires avec le Duc de Wurtem-berg, & en sortoient maltraitées : elles craignoient de se voir engagées dans de nouveauxpérils; cest dans ces sentimens quelles sentremirent pour pacifier cette sanglante que-relle qui duroit depuis quatre ans. Schodeler. Etterlin. f. 56. T. Schudi, p. 555. Stett-ler. p. xro

(2) Berne qui avoit été la derniere à prendre les armes, fut la derniere à les poser:car pendant même la négociation, les troupes de Berne, étoient du côté de Bâle, ohelles alîîégeoient le château de Gawenslein, dont la garnison nobtint aucun quartier,pour ne savoir pas demandé à tems: elles ravageaient les environs de Zoífingen & dOl-5 en » pìUoient leFricktal, & ne se hátoient pas de revenir, tant quil y avoit des contri-butions à tirer & de butin à faire. Mais pour des prisonniers, on leur manda deBerne de ne sen point charger, les tours de la ville en étant si remplies, quil né-teit plus possible de ies loger. Hist. des ligues sis des guerres de la Suisse, T. 2. p. &3.