' ia6 HISTOIRE DES CANTONS
SEeT. ïV.Histoire, dela Suisse
Ï33S-I3S9-
ffldaa capi-tule & sermd.
geansíes repouílèrenc à coups de piques dans les flammes cu ils périrent pres-que tous. La ville de Nidau effrayée de cet exemple de rigueur, n’eut gar-de d’atcendre la derniere extrémité, elle capitula & se rendit, ainsi que lechâteau, aux deux villes confédérées.
Le but des conquérans est communément d’opprimer les peuples qu’ilsviennent de soumettre; les Bernois & les Soleurrois, défenseurs de la liberté,ne profitèrent du succès qui venoit de couronner leurs essores, que pour assu-rer la liberté publique: aussi le premier acte qu’ils firent en entrant dans Ni-dau, fut d’enfoncer les portes des prisons du château; & ils furent bien éton-nés de voir sortir du fond de ces cachots obscurs deux hommes couverts
de lambeaux, se soutenant à peine, baves, noirs, abattus, & qui parloientun langage cju’aucun des vainqueurs n’entendoit. On fit bien des perquisi-tions, & ce ne fut qu’après plusieurs jours de recherches, qu’on apprit en-fin, que ces deux malheureux captifs étoient deux Prélats Portugais, l’an E-vêque de Lisbonne , l’autre Prieur d’Alcantara, & qui, venant de Rome,il y avoit plusieurs années, & passant en Suiflè, pour se rendre chez eux,par la France & l’Espagne, avoient été arrêtés, dépouillés, cruellement trai-tés par les Autrichiens de la garnison de Nidau, éc, conduits au Gouverneurde cette place, qui les avoit fait jeter dans ce cachot, dans l’efpérance d’entirer une forte rançon. Les Bernois brisèrent les chaînes qui lioient ces deuxinfortunés, leur fournirent des secours, & les deux voyageurs arrivés à Lis-bonne , & pénétrés de recoanoissance, envoyerent un présent de mille du-cats à leurs libérateurs.
Cependant ìes deux partis étoient également fatigués de cette guerre ; maisles Suisses, quelque désir qu’ils eussent de jouir des douceurs du calme , nesongèrent cependant à rien moins qu’à ceder aux Seigneurs d’Autriche aucundes droits pour lesquels ils combattoient ; & la querelle eût été fort long-Tuve. tems encore à prendre fin, fi les villes (i) de Constance, deRotweil,
1389. je Bâle, d’Uberlingen, de Ravensbourg &de Lindau, secondées par beau-
coup d’autres, n’euílènt, par leur médiation, engagé les deux partis à ouvrirà Zurich des négociations, & à faire consentir les puissances armées à unetreve,qui devoir durer depuis le i ec Avril 1389, jufqu’au jour de S.George.Les Bernois Les Bernois qui avoient été les derniers à prendre part à cette guerre, s’é-
“ccedt ijí à toient si fort animés par les fucç.ès qu’iis avoient eûs Ce), que ce fut avec
le l'réve.
(1) Cette guerre qui avoit couté tant de sang, fixoit l’attention des villes impérialesde l’Alsacp & de la Suabe. Elles étoient liées indirectement d’iníérêt avec des peuplesqui défenaoient la même cause qu’elles : elles sortoient d’affaires avec le Duc de Wurtem-berg, & en sortoient maltraitées : elles craignoient de se voir engagées dans de nouveauxpérils; c’est dans ces sentimens qu’elles s’entremirent pour pacifier cette sanglante que-relle qui duroit depuis quatre ans. Schodeler. Etterlin. f. 56. T. Schudi, p. 555. Stett-ler. p. xro
(2) Berne qui avoit été la derniere à prendre les armes, fut la derniere à les poser:car pendant même la négociation, les troupes de Berne, étoient du côté de Bâle, ohelles alîîégeoient le château de Gawenslein, dont la garnison n’obtint aucun quartier,pour ne savoir pas demandé à tems: elles ravageaient les environs de Zoífingen & d’Ol-5 en » pìUoient leFricktal, & ne se hátoient pas de revenir, tant qu’il y avoit des contri-butions à tirer & de butin à faire. Mais pour des prisonniers, on leur manda deBerne de ne s’en point charger, les tours de la ville en étant si remplies, qu’il n’é-teit plus possible de ies loger. Hist. des ligues sis des guerres de la Suisse, T. 2. p. &3.