Sject. V.Histoire dela Suisse1389 144.3*
H u Conseild 1 Etat.
Religion
professée à
Neúfcbatel.
Mécontente-ment des Sei-gneurs de laMaisond'Autriche.
Hdstilìtis _entre Cathéri’ie deBourgogne& les Ed-lois.
ï 44 II I S T 01-R E D E 8 C A N T ô N S
antique château, où réside le .Gouverneur, qui, représentant le-Prince, jouîtde beaucoup d’honneurs & de bulle autorité, qui à le droit d’affister au Con-seil, .& même d’y.sieger c ouvert, mais qui, dans aucun cas,, .ne.peut y opi-ner. Toute l’autoriré réside dans le Conseil 1 d’Etat, dont Les membres fontnommés h la vérité par le Souverain, mais qui ne peut y admettre que desNeufchatelois. Quelle que soit cependant la puissance de ce Conseil, élisest subordonnée au Sénat, .nommé les Trois Etats , Ôc qui revoir tout ce quia été fait dans le Conseil d’Etat. Le Sénat est composé de quatre gentils-hommes, des quatre Maires de la campagne & de quatre Sénateurs de laville.. C’est ce Corps qui exerce dans toute fa plénitude la puiílànce su-prême.
La Religion protestante est la seule qú’on profeílè dans ce pays, .& elle yest professée avec la plus grande rigidité. .11 n’y a que dans la Baronie deLanderon composée d’une petite ville, & de trois ou quatre villages, oùl’on professe.le Catholicisme. Le François est la langue du pays. Ces ob-servations paraissent suffire pour donner au Lecteur une idée de Neufchatel.Reprenons la fuite d,es faits.
,Les Seigneurs ne voyoient qifavec ressentiment, les effets de eescombour-geoiiles, qui, fans qu’ils puílënt s’y opposer, leur enlevoienc,, leurs sujetsirrévocablement. La maison d’Autriche sor-touc.étoit fort ulcérée contre lesSuisses, qui, au moyen de .ces combourgeoisies, étendoient leur puiílànce,,& acquéraient à ses dépens de nouveaux citoyens. Frédéric aux poches vui-4es eût votllut fe venger des Bernois & des Fribourgeois, qui n.e paroiilòiencplus garder .ni mesures, ,ní ménagemens dans ces fortes dissociations.: maisií n’écoit point en état d’éclater contre ces deux villes, & il fe livra, aux en-virons de Zurich à son ressentiment. Plus haut il a été raconté que Goetz,Avoyer de Winterthur, avoir conseillé aux habitans d.uTurgaw & du Comtéde Kibourg, de recourir à la protection de Zurich. Le Comte Herman deSoultz, fit saisir par ordre de Frédéric, le malheureux Goetz, & le fit in-humainement noyer.
Cet acte de sévérité contre un Citoyen libre & un Magistrat, aigrit beau-coup les Suilfès contre Frédéric; & le désir de fe venger fut en eux d autantplus violent, quelà.treve entre les Suisses & 1a Seigneurie d’Autriche étoicalors presqu’à la veille d'expirer; ensorte que de part & d’autre on se pré-para à de nouvelles hostilités. Les S,ailles, ainsi que les Seigneurs désiraientk guerre, & les prétextes de la commencer ne manquoient ni.aux uns ni auxautres : les hostilités étoient même déjà très-vives encre les Balóis, & Cathé-rine de B mrgogne, veuve de Léopold d’Autriche, qui avoir des prétentionssor l’un des fauxbourgs de k ville de Baie. Cathérine tenta de s’ássurer park force, les droits que les Bâlois lui contestoient; la dispute s’anima, il yeut de part & d’autre des défis insoltans & des entreprises ruineuses; les villa-ges des environs sorent le théâtre de la guerre ; ils furent incendiés, les cam-pagne?,ravagées, les forêts abattues, & les habitans écrasés.
Berne & Soleure défendirent la cause des Bâlois leurs alliés ; les Ducsd’Autriche embrasèrent les intérêts de Cathérine de Bourgogne. Ces dispo-sitions entraînoient inévitablement une guerre meurtrière. L’espric de mésin-telligence, de division & de discordes’écendoit de contrée çn contrée, & k
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