Sect. V.Histoire dela Suisse1389-1443
Lis Autri-chiens neprofitent dela treveque pour ra-vitailler lechâteau deHapper-fchweill,ils la rom-pent ensuite.
Dispositionsde Frédéric.
III.
AJUertsme.de FrédéricIIIveut-perpétuer laguerre.
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17* HISTOIRE DES CANTONS
me, les Autrichiens irrités du siégé de Rapperschweill, formé pav les trou-pes de Schweitz, ne feignirent de souscrire à cette suspension dermes, qu’a-fin d’avoir le tems de jeter du secours dans cette place; aussi ne l’eurent-ilspas plutôt ravitaillée, que reprenant les armes contre la foi du traité, ils al-lèrent mettre à feu & à sang le village de Gruningue, s’emparerent du comtéde Sargans, & firent une invasion cruelle dans le comté de Baden ( 1) : en-forte que rendant inutiles les négociations & les foins des Peres du Concile deBâle, les Autrichiens oubliant le ferment qu’ils avoient fait d’observer la tre-ve, ne la firent servir qu’à abuser de la sécurité des Suislès, contre les loix dela plus commune équité.
S E C T I O N VI.
Hijìoire’de la Suisse depuis Van 1443 , jusqu'au commencementdu seizieme-sìecle.
C orrigé par i’expérience, déconcerté par fes défaites, l’Empereur Frédé-ric III étoit fort éloigné de partager la haine & le resièntiinent qui ani-moient les Autrichiens contre lesSuisiès; foible & pusillanime, il les craignaitbeaucoup plus qu’il ne les haïífoit ; aussi n’agiísoit-il plus que mollementcontr’eux, & feulement afín que les Princes de fa maison ne l’accusaílèn;point d’abandonner leur cause. Du reste, il n’avoit eu d’autre motif de sus-citer & de soutenir cette guerre, que celui de défendre les intérêts de son pu-pille Sigismond, auquei il a volt voulu procurer le recouvrement des terresde la Haute-Allemagne usurpées par les Suisiès, & dont ce jeune Prince a-voit hérité de son pere. Frédéric, qui, par caractère, n’avoit de sensibilitéque pour fes propres intérêts, étoit tout étonné d’avoir pris si fort à cœurceux de Sigismond son cousin, & il fe répentoit trop de s’être engagé si avantdans cette meurtrière querelle, pour ne pas saisir avec empressement le pre-mier prétexte plausible, ou la premiere occasion qui fe présenceroit, soit defaire la paix, soit de se renfermer dans une neutralité, qu’il étoit trop fâchéde n’avoir pas toujours gardée..
Le Duc Albert, surnommé le Prodigue , frere de Frédéric, pensoit dunemaniéré tout - h-fait opposée; il avou hérité de fes peres une haine irrécon-ciliable contre les Suisiès; & impatient de venger & de soutenir l’honneur desarmes Autrichiennes, cruellement ternies parles succès multipliés des Cantonsconfédérés, il accourut, suivi d’environ quatre cens volontaires, fe jeta dansZurich, & par fa fiere contenance ôta aux Suisses, (Bailleurs fatigués de cour-ses .& d’hostilités, l’envie d’assiéger cette place. Mais si l’activìré du Duc Al-bert sauva Zurich, elle ne put du moins empêcher les troupes de Soleure deBâle & de Berne, de s’emparer du château de Rheinfeld; (2) il ne put em-
(1) Tschudì 437. Jiislinger.
(H Tfchndi. 453.