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39 (1777) L' histoire de la Suisse ou les cantons qui composent aujourd'hui la Confédération Helvetique, et le commencement de l'histoire de l'empire d'Allemagne
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Sect. V.Histoire dela Suisse1389-1443

Lis Autri-chiens neprofitent dela treveque pour ra-vitailler lechâteau deHapper-fchweill,ils la rom-pent ensuite.

Dispositionsde Frédéric.

III.

AJUertsme.de FrédéricIIIveut-perpétuer laguerre.

3445 '

17* HISTOIRE DES CANTONS

me, les Autrichiens irrités du siégé de Rapperschweill, formé pav les trou-pes de Schweitz, ne feignirent de souscrire à cette suspension dermes, qua-fin davoir le tems de jeter du secours dans cette place; aussi ne leurent-ilspas plutôt ravitaillée, que reprenant les armes contre la foi du traité, ils al-lèrent mettre à feu & à sang le village de Gruningue, semparerent du comtéde Sargans, & firent une invasion cruelle dans le comté de Baden ( 1) : en-forte que rendant inutiles les négociations & les foins des Peres du Concile deBâle, les Autrichiens oubliant le ferment quils avoient fait dobserver la tre-ve, ne la firent servir quà abuser de la sécurité des Suislès, contre les loix dela plus commune équité.

S E C T I O N VI.

Hijìoirede la Suisse depuis Van 1443 , jusqu'au commencementdu seizieme-sìecle.

C orrigé par iexpérience, déconcerté par fes défaites, lEmpereur Frédé-ric III étoit fort éloigné de partager la haine & le resièntiinent qui ani-moient les Autrichiens contre lesSuisiès; foible & pusillanime, il les craignaitbeaucoup plus quil ne les haïífoit ; aussi nagiísoit-il plus que mollementcontreux, & feulement afín que les Princes de fa maison ne laccusaílèn;point dabandonner leur cause. Du reste, il navoit eu dautre motif de sus-citer & de soutenir cette guerre, que celui de défendre les intérêts de son pu-pille Sigismond, auquei il a volt voulu procurer le recouvrement des terresde la Haute-Allemagne usurpées par les Suisiès, & dont ce jeune Prince a-voit hérité de son pere. Frédéric, qui, par caractère, navoit de sensibilitéque pour fes propres intérêts, étoit tout étonné davoir pris si fort à cœurceux de Sigismond son cousin, & il fe répentoit trop de sêtre engagé si avantdans cette meurtrière querelle, pour ne pas saisir avec empressement le pre-mier prétexte plausible, ou la premiere occasion qui fe présenceroit, soit defaire la paix, soit de se renfermer dans une neutralité, quil étoit trop fâchéde navoir pas toujours gardée..

Le Duc Albert, surnommé le Prodigue , frere de Frédéric, pensoit dunemaniéré tout - h-fait opposée; il avou hérité de fes peres une haine irrécon-ciliable contre les Suisiès; & impatient de venger & de soutenir lhonneur desarmes Autrichiennes, cruellement ternies parles succès multipliés des Cantonsconfédérés, il accourut, suivi denviron quatre cens volontaires, fe jeta dansZurich, & par fa fiere contenance ôta aux Suisses, (Bailleurs fatigués de cour-ses .& dhostilités, lenvie dassiéger cette place. Mais si lactivìré du Duc Al-bert sauva Zurich, elle ne put du moins empêcher les troupes de Soleure deBâle & de Berne, de semparer du château de Rheinfeld; (2) il ne put em-

(1) Tschudì 437. Jiislinger.

(H Tfchndi. 453.