Sect.VIII.Histoire dela Suisse.1550.1604.
314 H I STOIRE DES CANTONS
Ambaflàdeurs M. M. de Silleri & de Vie qui renouvellerent un traité d’ailiance. ■Dans ce traité qui fut conclu par le Duc de Birotr, Tailiance fut déterminéeà la vie du Roi & à celle de son successeur.-. Onze Cantons y- souscrivirent ;mais Berne & Zurich différèrent d’y accéder jufqu’à ce que les répétitions queces Etats avoient h faire à la couronne fuflént liquidées : Berne y accéda peude te ms après, & eut même l’avantage de faire comprendre le pays de Vaud-dans la paix perpétuelle; d’obtenir que l’accord fait avec le Roi Henri III,pour Genève, feroit maintenu dans toute fa force, & que les troupes Ber-noises ne feroient jamais employées pour cause de Religion, ni contre lesRéformés (1). Les Bernois pleins de reconnoiíïànce, envoyerent, revêtu ducaractère d’Ambafladeur extraordinaire, Jacques de Diesbach à la Cour de-Henri IV, qui lui fit l’accueil le plus flatteur & le plus distingué (2)..
S E C T I O N IX.
Cause de laruine deVanciennecmtorde desCantons.î 604. X 610.
Ji.lo.ux queles disputesde religiontnt faisà la Con.fédérationHelvétique.
ÎTifìoìre de la Suìjje depuis Van 1604 jufqu'à nos jours.
Í es faits rapportés jufqu’ici, ne démontrent que trop combien la df*j) verlité de culte & de doctrine a cruellement influé fur le repos, la force& l’union des membres différons du L. Corps Helvétique; puifqu’avant l’époque -de l’introduction des nouvelles opinions religieuses, les Suiílès ne formoiencqu’une vaste République , dont f amitié & le patriotisme reflèrroient fans ceíïèles liens de concorde nationale. Tel fút, comme nous savons vu, Tétasheureux des Suifiès jufqu’au commencement du XVI e siecle ; mais Zùingle,en 1506, prêchant lès nouvelles opinions, ce que n avoient pu faire depuisrétablissement de la liberté Helvétique,Tambition, la haine, la jalousie &les forces réunies des Puiíîànces étrangères, fut Touvrage de quelques dispu-tes théologìques.. L’aigreur fe mêla dans ces disputes ; Tefprit de haine sé-para les Sectateurs des deux Doctrines,. & leur reíïèntiment mutuel étouffanttout patriotisme, dégénéra en une guerre atroce, & que le fanatisme fit pouf-fer jufqu’aux derniers excès de la férocité. II est vrai que le traité de paixqui termina cette funeste guerre en 15 31, laiflà h chaque Canton la liberté deprofesser la Religion qu’il jugerait à propos; mais ce traité de paix n’éteignitpas, il s'en fallut de beaucoup, les fentimens d’antipathie & de discorde quianimèrent les Suiílès. Leur confiance mutuelle s’étoit totalement évanouie : :le zele de chaque parti pour les opinions qu’il avoit adopté, fomenté par lefanatisme des ministres & des prêtres, enracina des haines que le tems neput affaiblir. Jaloux des projets, des deflèins & des entreprises les uns desautres, ils ne songèrent qu’à fe nuire mutuellement dans leurs vues. Quellesqu’ayent été les intentions des Réformateurs, Tinnovation qu’ils ont introduite,à porté le coup le plus irréparable à la nation, & la Reformation à, commes’exptime l’auteur de Y Etat de la Suijse , fendu en deux le Corps Helvétique.
(0 Stettlcr. p. 405. (2) Traité politique, &c. des Alliances, p. 357.