£ect. I.jhjl. d’Al-lemagnetìepuis lespremierssems jus-qu’à Char»lemagne.
Batfeff? te
Valeniìnieiipour appaì-fer lesAllemands.
Sa «tort.
360 -K I S T O I R E D E L’E M P I R E
ment fâcheux: L’Empereur, comptant trop sur les effets de la haine mutuelledes deux nations, reçut fort mal ces députés, & refusa très-durement touteespece de secours : il fut trompé dans son attente, & les Bourguignons irritésde cette violation manifeste du traité qu’ils avoient conclu, bien loin de tour-ner leurs armes contre les Allemands, les employerent contre Valentinien,& égorgèrent tout autant de sujets de l’Empire qu’ils en trouvèrent, bravè-rent la colere de l’Empereur & ne parièrent plus qu’avec mépris de fa lâcheperfidie. A peine ils fe furent éloignés, que Macrien traversant le Rhin, fejeta fur les terres de l’Empire, où il commit les plus cruelles dévastations.
Enflammé de courroux, Valentinien tenta de faite enlever Macrien: il n’yréussit pas; mais il porta le fer & la flamme dans les états de ce Prince-,dont il donna la souveraineté à Trommaire, qui n’en jouit que peu de jours,.& sortit de son nouveau royaume pour aller commander quelques troupes Al-lemandes dans la Grande Bretagne.
Cependant l’Empereur ne fut pas plutôt parvenu h fortifier les rives duRhin, qu’il conçut le deslèin d’étendre les frontières de l’Empire au delà daDanube. Dans cette vue, il entreprit de faire construire une forteresië dansle pays de Quades: Gabinius, Souverain de cette nation, fe plaignit de cetacte de souveraineté ; il alla trouver Marcellien, digne favori de l'Empereur,& qui dirigeoit cette entreprise : Marcellien reçut avec distinction le Souve-rain des Quades, parut très-disposé à faire cesser les travaux, le pria de resterquelques jours auprès de lui pour conférer fur cet objet, & le fit atrocementaflâssiner dans un festin auquel il l’avoit invité (1). Les Quades furieux, tra-versent le Danube, cherchent inutilement le traître Marcellien qui avoit prisla fuite, mettent tout à feu & à sang, fe liguent avec les §armâtes, & vontdésoler la Mesie : Théodofe, que ses grandes qualités élevèrent dans la fuiteau trône des Césars, battit les Sarmates : & Valentinien que ce succès ne raf-suroît point encore, craignant d’avoir à combattre en même tems les Alle-mands & les Quades, conclut la paix avec Macrien , & ne rougit pas même,pour appaifer ce Souverain irrité, & le plus puiíîànt Prince de l’Allemagne*d’avilir la majesté de l’Empire par l’efpece de prééminence qu’il céda, dans lfitraité, au Souverain dont il vouloir fe concilier staminé.
Valentinien ne jouit que peu de tems des fruits de fa cruelle & lâche po-litique : dans un excès de colere il fe rompit une veine : le secours des Mé-decins fut inutile, & la terre fut délivrée de ce monstre de perfidie, d’info-lence & de cruauté. C’est à lui néanmoins que des panégyristes mercenairesont eu la basseilè de prodiguer des éloges qui ont été stupidement répétés parquelques historiens (2)»
Ce n’étoit feulement point en Occident que les Impériaux fe voyoient dansla nécessité d’avoir toujours les armes à la main, soit pour fe défendre con-tre les hostilités des anciens ennemis de l’Empire, soit pour repousser les peu-ples réunis, qu’ils avoient soulevés par leurs injustices & leurs vexations.L’Empire n’étoit pas moins agité en Orient, où les Goths, nation puissante
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f O Aiam. ‘Marcel. L. ry. p. 408. Zoziiu. L. 4 < 5 . 745. (2) On ne peut lire fans
cfeoct la bassesse de ces éloges prostitués au traître Valentinien; Pou ne conçoit pn*gomment Amuiien Marcellïn, auteur d’ailleurs si sage, a pu louer cet Empereur.