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39 (1777) L' histoire de la Suisse ou les cantons qui composent aujourd'hui la Confédération Helvetique, et le commencement de l'histoire de l'empire d'Allemagne
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£ect. I.jhjl. dAl-lemagnetìepuis lespremierssems jus-quà Char»lemagne.

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Valeniìnieiipour appaì-fer lesAllemands.

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360 -K I S T O I R E D E LE M P I R E

ment fâcheux: LEmpereur, comptant trop sur les effets de la haine mutuelledes deux nations, reçut fort mal ces députés, & refusa très-durement touteespece de secours : il fut trompé dans son attente, & les Bourguignons irritésde cette violation manifeste du traité quils avoient conclu, bien loin de tour-ner leurs armes contre les Allemands, les employerent contre Valentinien,& égorgèrent tout autant de sujets de lEmpire quils en trouvèrent, bravè-rent la colere de lEmpereur & ne parièrent plus quavec mépris de fa lâcheperfidie. A peine ils fe furent éloignés, que Macrien traversant le Rhin, fejeta fur les terres de lEmpire, il commit les plus cruelles dévastations.

Enflammé de courroux, Valentinien tenta de faite enlever Macrien: il nyréussit pas; mais il porta le fer & la flamme dans les états de ce Prince-,dont il donna la souveraineté à Trommaire, qui nen jouit que peu de jours,.& sortit de son nouveau royaume pour aller commander quelques troupes Al-lemandes dans la Grande Bretagne.

Cependant lEmpereur ne fut pas plutôt parvenu h fortifier les rives duRhin, quil conçut le deslèin détendre les frontières de lEmpire au delà daDanube. Dans cette vue, il entreprit de faire construire une forteresië dansle pays de Quades: Gabinius, Souverain de cette nation, fe plaignit de cetacte de souveraineté ; il alla trouver Marcellien, digne favori de l'Empereur,& qui dirigeoit cette entreprise : Marcellien reçut avec distinction le Souve-rain des Quades, parut très-disposé à faire cesser les travaux, le pria de resterquelques jours auprès de lui pour conférer fur cet objet, & le fit atrocementaflâssiner dans un festin auquel il lavoit invité (1). Les Quades furieux, tra-versent le Danube, cherchent inutilement le traître Marcellien qui avoit prisla fuite, mettent tout à feu & à sang, fe liguent avec les §armâtes, & vontdésoler la Mesie : Théodofe, que ses grandes qualités élevèrent dans la fuiteau trône des Césars, battit les Sarmates : & Valentinien que ce succès ne raf-suroît point encore, craignant davoir à combattre en même tems les Alle-mands & les Quades, conclut la paix avec Macrien , & ne rougit pas même,pour appaifer ce Souverain irrité, & le plus puiíîànt Prince de lAllemagne*davilir la majesté de lEmpire par lefpece de prééminence quil céda, dans lfitraité, au Souverain dont il vouloir fe concilier staminé.

Valentinien ne jouit que peu de tems des fruits de fa cruelle & lâche po-litique : dans un excès de colere il fe rompit une veine : le secours des Mé-decins fut inutile, & la terre fut délivrée de ce monstre de perfidie, dinfo-lence & de cruauté. Cest à lui néanmoins que des panégyristes mercenairesont eu la basseilè de prodiguer des éloges qui ont été stupidement répétés parquelques historiens (2)»

Ce nétoit feulement point en Occident que les Impériaux fe voyoient dansla nécessité davoir toujours les armes à la main, soit pour fe défendre con-tre les hostilités des anciens ennemis de lEmpire, soit pour repousser les peu-ples réunis, quils avoient soulevés par leurs injustices & leurs vexations.LEmpire nétoit pas moins agité en Orient, les Goths, nation puissante

&

f O Aiam.Marcel. L. ry. p. 408. Zoziiu. L. 4 < 5 . 745. (2) On ne peut lire fans

cfeoct la bassesse de ces éloges prostitués au traître Valentinien; Pou ne conçoit pn*gomment Amuiien Marcellïn, auteur dailleurs si sage, a pu louer cet Empereur.