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39 (1777) L' histoire de la Suisse ou les cantons qui composent aujourd'hui la Confédération Helvetique, et le commencement de l'histoire de l'empire d'Allemagne
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D'A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. I. Z6Z

se hâta de sy rendre, prie les mesures les plus sages pour contenir ces peu-pies inquiets, & sapprocha delItalie, afin dêtre plus en état de seconder lemagneThéodole contre les Goths, qui alloient dévaster la Thrace & les provinces depuis le*voisines. Leur armée étoit innombrable, mais elle étoit fans discipline & la ?us-niésintelligence divisoit les chefs, ambitieux de commander à lexcíusion les quà Char.uns des autres. Informé de ces divisions, Théodole en profita, òt tombant lemagne,

fur cet immense corps au moment il étoit le moins attendu, il remporta -

la plus éclatante victoire, & accepta les propositions de paix que lui firent

les Quades, les Marcomans & les Osicas auxquels il imposa des conditions

beaucoup moins onéreuses quils ne sy étoient attendus.

Tout paroiífoit annoncer à lEmpire des jours paisibles & glorieux, maisses ennemis nétoient contenus que par la crainte; & la haine quils avoientvouée à Rome nétoitrien moins que changée: aullì la nouvelle dune maladiede Théodole, le plus habile & les plus redouté des deux Césars, ne fut pasplutôt répandue , que les Goths reprirent les armes, & soutenus par ces mê-mes Marcomans qui venoient de demander la paix, ils allerent ravager laThessalie & la Macédoine : Théodole navoit que peu de croupes, & il osa ter»- Défaitedtter de sopposer à cette foule de brigands; il fut battu par la trahison dune foule VEmpemtfde Marcomans,de Quades & dAlains ,quil avoic eu limprudcnce dincorpo-ter dans ses légions : fa défaite fut si complette, quil eut beaucoup de pei- derme *ne à se réfugier presque seul à Theísalonique ; mais bientôt, à force de foins paix aux& de travaux, il í'e vit en état de réparer ses pertes, & de venger la gloire de « memk .ses armes. Effrayés de ses préparatifs & redoutant encore plus fa valeur, lesGoths, quoique vainqueurs & supérieurs en nombre, lui demanderenc lapaix, la permission de se retirer au delà du Danube, & dêtre-regardés com-me sujets de lEmpire. Contre lavis de ses Généraux qui opinoient à exter-miner cette nation turbulente, lEmpereur consentit aux demandes des Goths;ils mirent bas les armes, abandonnèrent ces provinces quils avoient envahies,

& se retirerent au delà du Danube (i).

Sans-doute cette paix ne fut pas commune à tous les barbares, puisque Les Me-très-peu de tems après Fritigerne, Alatée & Saphrax, trois de leurs chefs, manis m-ligués avec les Allemands toujours impatients de se signaler contre les Ro-Mains, recommencèrent les hostilités & firent des progrès si rapides dans les occidentalesprovinces occidentales de lEmpire, que Gratien, vivement allarmé, leur delEmpire.demanda la paix, & pour lobtenir, leur accorda des terres dans 1a Pannonieà la Méfie ; postèssions qui exposoient inévitablement lun & lautre Empireaux courses de ces peuples entreprenans. Aussi ces trois chefs, .ambitieuxdétendre leur nouvelle domination, méditèrent k conquête de lEpire, deroute k Grece, & firent dans cette vue les plus grands préparatifs. Mais lasagesse & la bonne conduite de Théodole détournèrent ce nouvel orage, &par ses vertus il parvint à se faire aimer des Goths, autant quil sen étoitfait redouter par fa valeur & ses talens militaires ( 2 ). Gratien, qui navoitni 1a prudence ni les lumières de son collègue, imagina dimitersa conduite,

& pour se faire aimer aussi des anciens ennemis de lEmpire, il combla lesFrancs & les Alains de tant de bienfaits, quil pénétra dindignation ses pro-

(i) Amm. Marcell. Zozime. Xiphilin. Jernandes. ( 2 ) Xiphilin. Jornandes. rfí Reb, Crt,

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