D'A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. I. Z6Z
se hâta de s’y rendre, prie les mesures les plus sages pour contenir ces peu-pies inquiets, & s’approcha del’Italie, afin d’être plus en état de seconder lemagneThéodole contre les Goths, qui alloient dévaster la Thrace & les provinces depuis le*voisines. Leur armée étoit innombrable, mais elle étoit fans discipline & la ?us-niésintelligence divisoit les chefs, ambitieux de commander à l’excíusion les qu’à Char.uns des autres. Informé de ces divisions, Théodole en profita, òt tombant lemagne,
fur cet immense corps au moment où il étoit le moins attendu, il remporta -
la plus éclatante victoire, & accepta les propositions de paix que lui firent
les Quades, les Marcomans & les Osicas auxquels il imposa des conditions
beaucoup moins onéreuses qu’ils ne s’y étoient attendus.
Tout paroiífoit annoncer à l’Empire des jours paisibles & glorieux, maisses ennemis n’étoient contenus que par la crainte; & la haine qu’ils avoientvouée à Rome n’étoitrien moins que changée: aullì la nouvelle d’une maladiede Théodole, le plus habile & les plus redouté des deux Césars, ne fut pasplutôt répandue , que les Goths reprirent les armes, & soutenus par ces mê-mes Marcomans qui venoient de demander la paix, ils allerent ravager laThessalie & la Macédoine : Théodole n’avoit que peu de croupes, & il osa ter»- Défaitedtter de s’opposer à cette foule de brigands; il fut battu par la trahison d’une foule VEmpemtfde Marcomans,de Quades & d’Alains ,qu’il avoic eu l’imprudcnce d’incorpo-ter dans ses légions : fa défaite fut si complette, qu’il eut beaucoup de pei- derme ià *ne à se réfugier presque seul à Theísalonique ; mais bientôt, à force de foins paix aux& de travaux, il í'e vit en état de réparer ses pertes, & de venger la gloire de « memk .ses armes. Effrayés de ses préparatifs & redoutant encore plus fa valeur, lesGoths, quoique vainqueurs & supérieurs en nombre, lui demanderenc lapaix, la permission de se retirer au delà du Danube, & d’être-regardés com-me sujets de l’Empire. Contre l’avis de ses Généraux qui opinoient à exter-miner cette nation turbulente, l’Empereur consentit aux demandes des Goths;ils mirent bas les armes, abandonnèrent ces provinces qu’ils avoient envahies,
& se retirerent au delà du Danube (i).
Sans-doute cette paix ne fut pas commune à tous les barbares, puisque Les Me-très-peu de tems après Fritigerne, Alatée & Saphrax, trois de leurs chefs, manis m-ligués avec les Allemands toujours impatients de se signaler contre les Ro-Mains, recommencèrent les hostilités & firent des progrès si rapides dans les occidentalesprovinces occidentales de l’Empire, que Gratien, vivement allarmé, leur del’Empire.demanda la paix, & pour l’obtenir, leur accorda des terres dans 1a Pannonieà la Méfie ; postèssions qui exposoient inévitablement l’un & l’autre Empireaux courses de ces peuples entreprenans. Aussi ces trois chefs, .ambitieuxd’étendre leur nouvelle domination, méditèrent k conquête de l’Epire, deroute k Grece, & firent dans cette vue les plus grands préparatifs. Mais lasagesse & la bonne conduite de Théodole détournèrent ce nouvel orage, &par ses vertus il parvint à se faire aimer des Goths, autant qu’il s’en étoitfait redouter par fa valeur & ses talens militaires ( 2 ). Gratien, qui n’avoitni 1a prudence ni les lumières de son collègue, imagina d’imitersa conduite,
& pour se faire aimer aussi des anciens ennemis de l’Empire, il combla lesFrancs & les Alains de tant de bienfaits, qu’il pénétra d’indignation ses pro-
(i) Amm. Marcell. Zozime. Xiphilin. Jernandes. ( 2 ) Xiphilin. Jornandes. rfí Reb, Crt,
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