D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. II. 391 '
mais d peine celui-ci se suc éloigné de Rome, que le Pape fit arrêter le Hiíl d 'aïPrimitier & son gendre, leur fit crever les yeux & ensuite décapiter (r). km-'gue
L’atrocité de cet assassinat ne resta point cachée; la nouvelle s’en répandit, 800 875*.
6c Louis, ne pouvant se persuader que le souverain Pontife se fût rendu cou- """ 1 --pable de cet acte de barbarie, envoya pour la seconde fois Lothaire à Ro-me , asm d’y prendre les plus exactes informations.- Soit que le fils de l’Ern- LouisniglUpereur se conduisit mal-adroitement dans cette commission, soit qu’ayant des g* de punir'lors formé les desseins qu’il fit éclater dans la fuite, il crut devoir par avance l ’outrageménager le souverain Pontife ; il n'apprit rien de ce qu’il étoit chargé de dé- lmCouvrir, & Pafchal en fut quitte pour protester sur la foi du serment, &devant le peuple aílèmblé, qu’il n’avoit eu aucune part à la mort du Primi-tier & de son gendre. Louis ne demandoit pas mieux que d’être dispensé deprononcer une sentence de rigueur; cette affaire ne fut pas pouílëe plus -lòiny & Pafchal étant mort eut pour successeur Eugene II; A peine Eu-gène avoir pris possession du souverain Pontificat que Lothaire alla à R.ome *pour y affermir l’autorité impériale, sur laquelle le S. Siégé ne cessoit pointd’empietter: il fit au nouveau Pontife des reproches amers fur la maniéréinique dont-on avoit traité tous ceux qui s’étoient montrés fideles h son poreou à lui-même: il dit fans détour qu’il étoit excédé des plaintes qu’on lui’adressoit chaque jour contre la conduite des Papes, contre les injustices & les-prévarications des Magistrats de Rome: il condamna ceux-ci à des restitu-tions considérables, & , afin d’arrêter les progrès des usurpations du S. Siégé,il fit une constitution par laquelle, bornant le pouvoir des Papes, des Ducs &des juges, il prescrivit en maître les devoirs qu’il s avoient à remplir. Dans Fermeté ie K -cette constitution, à l’observation de laquelle les successeurs de Louis ne isthme/-veillèrent point avec assez d’attention, Lothaire marqua de la maniéré la plusprécise la souveraineté de l’Empereur sur le Pape & sur Rome (2).
Mais tandis que Lothaire rétabliiïòit à Rome l’autorité impériale, Louispar de nouvelles bassesses aviliíìbic à Aix la Chapelle le sceptre de l’Empire. -En effet, dans une assemblée générale, Vala, se déchaînant avec une insolencevraiment monaehale contre les désordres de l’Etat, porta l’audace jufqu’à direque e'étoit à Louis qu’il falloit imputer les désordres publics; à lui, qui loin*de remplir les fonctions que son rang & fa dignité lui prèscrivoient, s’appli-quoit aux affaires de la religion, dont il ne lui étoit pas permis de se mêler.
Ce discours séditieux fut applaudi du plus grand nombre, & Louis au lieude châtier par une punition exemplaire la licence de Vala, s’excufa lâche-ment fur la pureté de ses intentions, & demanda que l’on examinât fa con-duite dans un concile. Les applaudiísemens qu’on avoit prodigués, au prô- Auds.ce >Upos de Vala prouvoient qu’il y avoit déjà un parti de formé contfe l’Empe- Vala U i&.’reur; & celui-ci ne méritoit que trop le mépris avec lequel le peuple écou- C j ltté deta s a vile justification. Les factieux ne manquèrent point à entretenir ces sen- g'*timons d’indignation publique, & bientôt l’Empereur apprit que l’efprit derévolté & de sédition, gagnant de proche en proche, il ne lui restoit plus'desujets fur ia fidélité desquels il put compter. La rébellion éclata dans le mê-me tems dans plusieurs provinces,& tandis que les Normands & les Sarrasin® •
(!) Eginh. an. 823. Theg. cap. 30. ■ (s> Coint. am. 824, -