D'fi L LEMAGNE. Liv. XXV. Sec t. Iti. 4LZ
■íe'& la Calabre qui à la-vérité n’étoienc plus fous fa domination, & envoyaen Italie la Princesse Théophanie, que le jeune Octon épousa (l).
L’Empereur ne survécut que peu à ce mariage, & mourut d’apoplexie à^lersbourg, après un régné glorieux de 36 ans, comme Roi de Germanie,à de n comme cbef de TEmpire. II mérita par fes talens, ses bonnes qua-lités & fes éminentes vertus le surnom de Grand que ses contemporains luidonnerent, que fes actions justifièrent, & que la postérité lui a confirmé. Ca-pable, comme Charlemagne, de former les plus hardis projets, il étoit toutauflì en état de les exécuter ; mais il étoit moins ambitieux dans ses vues,moins injuste dans fes entreprises, & fur-tout moins cruel dans fes guerres &après fes victoires. II fit zélé pour Rome; mais il fut distinguer les intérêtsde l’Eglife des intérêts du Pape. II ne commit qu’une injustice, ce fut hIon avènement au trône,lorfqu’il dépouilla les Dacs de Bavière de leurs états,ì cette faute près, la vie entiere d’Otton le Grand, ne présente que des ver-tus à respecter & des talents à admirer. Ce Prince avoit épousé en premiè-res noces Edith fille d’Edouard Roi d’Angleterre, dont il avoit eu Ludol-phe, & Lutgarde mariée à Conrad le Sage, Duc de Lorraine. Otton avoiten outre d’Adélaïde, Veuve de Lothaire, Octon II, qui le succéda, Henri &Brunon, morts fort jeunes, Adélaïde, Abbesse de Gundersheim & MathildeAbbeflè de Quedlïnbourg.
Octon II, étoit trop jeune pour régir ses dissérens Royaumes, Ibr/que lamort lui enleva son pere; mais, pour le bonheur des peuples, rimpératriceAdélaïde prit les rênes de ^administration, & gouverna avec tant de fagesiè,qu’on ne s’apperçut point de la perte que l’Empire avoit faite. Adélaïdeaprès fa mort,arrivée en 999, fut comptée au nombre des saintes; elle mé-rita auífi le premier rang entre les plus illustres souverains de son siecle. Ellefut cependant calomniée par f envie, & dès qu’Otton son fils fut en état derégner par lui - même, on le prévint si fort contre les vues d’ambition que l'onfuppofoit à fa mere, que celle-ci, pour ne pas occasionner des troubles, ai-ma mieux céder à la cabale, se retirer auprès de Conrad, Roi de Bourgogneson frere, & attendre que le tems & le souvenir des services qu’elle avoitrendus à l'Empire,l'eussent justifiée. 8on attente ne fut point trompée; Ot-r .on ne tarda point à se repentir de la facilité qu’il avoit eu d’écouter les dé-lateurs de fa mere; il les éloigna de fa cour, fit prier Adélaïde d’y revenir,& depuis, le fils & la mere vécurent dans la plus douce intelligence (r).
Cependant Henri, Duc de Bavière, surnommé le Querelleur , & coudagermain d’Otton, crut devoir profiter de la jeunesse & de l’inexpérience dujeune Monarque : il leva l’étendard de la rébellion, &, soutenu par quel-ques évêques, il se fie proclamer Empereur. Son régné fut très-court:Octon le fit rentrer dans le devoir, &, content de savoir humilié, il con-sentit à lui pardonner, ainsi qu’k ses complices. Dans le nombre de ceuxqui avoient pris les intérêts du Duc de Bavière se distinguos Herolde, Roide Dannemark, qui, suivi dune puislànte armée, s’étoit déja avancé jusquesvers la rive de l’Ebre. L’Empereur alla h fa rencontre, & à force de pru-
(1) Otto Frising. Chrm, L. 6. c. 24. ( 2 ) Fit, Adelaïd. p er, Odìlionem. IUbíiet,
C Imi. p. 354.
H. M. Terne XXV, Ii h h
Hifl. d'Al-lemagne ,876-1024.
Sa more,973 -
Oiton IIEmpereur.
Rébellionréprimée íf.punie.