D'A L L E M A G N E, Liv. XXV. Sec t. IV. 441
Roclolphe,Roi de Bourgogne, ainsi qu’on a eu occasion de le dire, avoir Hìst. rf’AI-inslitué l’Empereur Henri II, héritier de son Royaume: à la mort de Rodol- letnagne,phe, Conrad le Salique voulut comme il en avoir le droit, s’en mettre en icH-ms»polTeflìon pour le changer en province de l'Empire: mais Eudes, Comte de JChampagne, se prétendant Je plus proche héritier de Rodolphe, s’oppofa hau-tement aux desseins de l’Empereur , & tenta de s’emparer de la Bourgogne àforce ouverte: il ne réussit point; Conrad le battit en plusieurs rencontres, &fe fit solemnellement couronner Roi de Bourgogne à Genève. Peu éblouispar le succès de Conrad les Bohémiens, les Polonois & quelques peuplesSciaves entreprirent, h peu près dans le même tems, de faire une incursioníùr les terres d’Allemagne: ils furent cruellement repoussés, & leur tentativene fit que fournir à l'Empereur une occasion de plus d’ajouter à l’éclat defa gloire (2).
Tant de bonheur & une si brillante fuite de victoires ne purent engagerles Romains à demeurer fideles & soumis : dans l’espérance que le soin de-gouverner ses états d’Allemagne ne permettrait point à l’Empereur de venirdéfendre fa puisiànce au sein de l’Icalie, ils se soulevèrent, prirent les armes,
&, suivant leur usage, commencerent par déclarer qu’ils ne vouloient plusreconnoître le chef de l’Empire pour leur Souverain. Conrad, accoutumé à Reveke àleur turbulence & à leur indocilité,sallarma peu de ces murmures séditieux, Romains,
& ce ne fut qu’après avoir assisté à la célébration du mariage de Henri son fils 6
avec la Princeílè Cunegunde, fille de Canlit le Grand, Roi de Dannemark, 10 3^que passant les Alpes, il alla à Milan où le Peuple vint en foule implorer fajustice contre la tyrannie & les vexations d’Heribert, Archevêque &oppreííèurdes Milanois. L’Empereur ne voulant point juger seul cette affaire, convo-qua une dicte, & donna ordre à l’Archevêque de répondre aux accusationsqu’on portoit contre lui: je ne connois ni juge, ni supérieur, répondit in-solemment le Prélat Heribert; ce que j’ai, de quelque maniéré que je Payeacquis, je prétends le garder, & nulle puisiànce ne me contraindra de ie ren-dre. Vainement Conrad le Salique s’efforça d’amener Heribert à des senti-mens plus doux; il ne put rien en obtenir, & cet excès d’audace le faisantavec raison regarder comme l’un des principaux auteurs de la révolté des Ro*mains, il fut saisi & constitué prisonnier : mais il trompa la vigilance de sesgardes, & fe fortifia si bien dans Milan, qu’il y tint une année entiers con-tre la plus grande partie des forces de l’Empire. Heribert avoir plus de va-leur que n’en exigeoit son état; mais il étoit aussi le plus méchant des hom-mes: il trama le complot de faire poignarder l’Empereur, & il attira dansfa conjuration les Evêques de Crémone, de Verceil & de Plaisance : maisleur secret fut mal gardé , & Conrad averti à tems, fit arrêter les trois Evê-ques qu’ìl envoya prisonniers au delà des Alpes (2).
Cependant l’Archevêque de Milan se défendoit toujours, & rejetoit touteproposition d’accommodement : le Pape irrité de tant d’obstination, l’excòm-munia, & son archevêché fut donné par Conrad le Salique à Ambroise, Cha-noine de Milan. Mais Ambroise ne put se mettre en poflèssion de son nou-veau bénéfice, & ses terres furent entierement ravagées par les factieux atta-
(1) Wipaud. Vit. Conrad. Sal. p. 431-434- 439 - (2) Fleury. Jlijl, EccL T. 12.'
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