Sect.V.1-îifi. d’Al-lemagne ,1125-1208.
Son carac-tère.
Etat de hSicile sousla minoritéde Fridsrk.
568 HISTOIRE DE L’E M PIRE
plus propre, répondit brusquement le Comte, & dans le même tems fe jetantfur le Prince, il lui perça le cou. Le Comte de Walsbourg, s’éiança furl’aíîàffin, qui le blessa à la joue & fe sauva. L’Empereur avoit reçu le coupaux veines jugulaires, & quelque secours qu’on lui donnât il mourut peu dsmomens après, le 22 de Juin 1208, après un régné de 10 ans. Le motifqui avoit porté le Comte à ce lâche assassinat, étoitle refus que Philippe avoitfait de lui laisser épouser une de fes filles qu’il lui avoit promise, & qu’ilnevouloir point lui accorder parce que ce Seigneur avoit été déclaré infâme enpleine diete par les Princes & les Etats de l’Empire, pour avoir lâchementassassiné à la cour de Bavière un Baron, regardé comme i’un des plus res-pectables Seigneurs de cette cour. (1)
Les ennemis contre lesquels il eut fans cesse h fe défendre, les factionsqu’il eut à dissiper, ne permirent point à Philippe de s’illuslrer autant qu’ill’eût fait, si des tems moins orageux lui euílènt permis de ne songer qu’aubonheur de fes peuples. II avoit toutes les qualités & toutes les vertus quifont aimer & respecter les Souverains, il étoit juste & n’étoit point févere; ilétoit libéral & n’étoit point prodigue : il ai moi t les lettres, les culdvoit lui-même; accueilloit avec distinction & recompenfoit en Roi les favans, lesgens de lettres & les artistes. Quelqu’ulcéré qu’il dût être contre Octon, ileut la générosité de reconnoître en lui des vertus éminentes v des talens & desqualités dignes du rang suprême ; & l’idée que si ce Prince lui furvivoit l’Em-pire lui feroit vraisemblablement déféré, ne tourmenta jamais Philippe, par-ce qu’il étoit équitable & qu’il rendoit justice à son rival (2).
D’Irene son épouse, Philippe laissa quatre filles ; lune fut mariée à Ferdi-nand III, Roi de Castille, la seconde à Wenceslas III, Roi de Bohême ; Ot-ton, Duc de Saxe, épousa dans la fuite la troisième, le Duc de Brabant futle mari de la quatrième.
SECTION VI.
Histoire d? Allemagne, depuis Otton IV en 1209 jufyu'au tems de lamort de Conrad IV en 1254.
L 'Empereur Philippe laissoit une vaste succession h recueillir, & le seulhéritier mâle qui y eut des prétentions fondées, étoit le jeune Fride-ric, Roi de Sicile, alors âgé d’environ 13 années, mais Frideric n’étoit pasplus tranquille en Sicile, que ne l’avoit été son oncle en Allemagne- desfactieux puissans tentoient de le forcer de descendre du trône ; plusieurs’ Sei-gneurs ambitieux s’efforceren.t de lui ravir le sceptre, plusieurs d’entre euxleverent audacieufement l’étendard de la révolté, & pendant la minorité de ce
Prin-
0) £ onra( h Ursperg. Godefrid. Spene r. Arnold. & alii. (2) Spener. HUI Géra.Umv, i. i. L. 6. c, 5. J