S'ïcT.XIV.Hist. d’Al-lemagne,.1705.jusqu’à nosjours.
Démêlé en-tre le Pape(f l'Empe-reur.
Le Petpl ar-me contre
P Empereur.
Idccmnoie-rnent propo-sé au Pape.
Traité entrel'Empereur£? le Pape.
1709. -
5 HISTOIRE DE L'EMPíRE
l’excommunication que le Pape venoic de lancer contre quelques officiersdel’armée Impériale en Italie. Clément XI avoit écrit à l’Empereur, pour seplaindre, de ce que les troupes Autrichiennes, en passant fur les terresde l’Egîife, n’avoient pas usé des ménagemens qu’on devoir en attendre.Sa Sainteté, peu satisfaite de la réponse de Joseph, excommunia les au-teurs des excès, dont elle croyoit avoir à se plaindre. L’Empereur irri-té déclara nulles les censures du Pape. En conséquence les Impériauxs’emparerenc de plusieurs villes appartenantes à fa Sainteté.
L’Empereur commençoit à exécuter la résolution qu’il avoit prise, depoursuivre en Italie, les droits de l’Empire, fur tous les grands fiefs,dont les possesseurs ne prouveroient pas par des titres authentiques, quela donation en avoit été faite à leurs ancêtres, du consentement du CorpsGermanique. On fut surpris que I’Empereur rappellât des droits suran-nés & proscrits depuis plusieurs siécles. Venise, Gênes & les autresEtats, trop foibles p dur oser résister ouvertement, se contentèrent decombattre par écrit les prétentions de I’Empereur. La Cour de Rome,plus hardie que les Républiques & les Princes d’Italie, crut qu’il falloitemployer la force des armes, pour s’opposcr à des prétentions dont onse contentoit de murmurer. Le Comte de Marsigli, nommé par le Papepour commander son armée, se rendit dans le Ferrarois, où il trouva lespaïsans de ce Duché fous les armes ; ils avoient chassé les Allemands d’Ar-genta; & le Marquis de Bentivoglio, à la tête de ses vassaux, s’étoitemparé d’un convoi d’armes & de poudre. Dès qu’on apprit ces hostili-tés à la Cour de Vienne, le Comte de Thaun marcha vers le Ferraroisinvestit Ferrare & défendit fous peine de la vie de porter des vivres auxhabitans. Cependant le Marquis de Prié, envoyé à Rome par l’Empe-reur, propoíòit au Pape un accommodement qu’il étoit de son intérêtd’accepter. _ Clément XI, allarmé par 1 approche des Escadres Angloife
6 Hollandoîse, qui menaçoient les côtes de l’Etat Ecclésiastique, assem-bla un consistoire , pour examiner les articles envoyés par I’Empereur.Les avis furent partagés entre les Cardinaux. Ce partage de fentimensne fit que redoubler rembarrais du Pape, qui se repentoic trop tard d’unmalheur qu’il méritoit par son imprudence. Ne sachant encore quelparti prendre , il crut que le plus sûr étoit d’obtenir du tems, polirpouvoir délibérer fur la résolution qu’il prendroit: mais le Marquis dePrié, qu’il avoit fait solliciter, lui répondit fierement, que le rems desdélibérations étoit passé, & qu’il ne s’agissoit uniquement que d’accep-ter de bonne grâce, les articles envoyés par I’Empereur, ou de fe ré-soudre à voir ravager les terres de l’Eglise par des troupes qui n’atten-doient que fes ordres. Clément XI humilié dans fes prétentions, trem-blant pour fes Etats, fe vit contraint de fléchir fous la loi qu’on vou-lait lui imposer, & Joseph vengea la honte de fes prédécesseurs qui sisouvent s’étoient abaissés devant le Pontife , dont ils auroient dù fefaire redouter. Le traité fut conclu & signé le 15 Janvier 1709.
L’Empereur occupé à diminuer la puissance temporelle du Pape, s’oc-cupoít en même tems à augmenter celle du Duc d’Hannover, dont ilespércit des services importuns. II pressoir la Dicte d’approuver le nouvel
Elec-