Sect. XIV.Bi!Ì. d’ Al -
lemagne,170S.jusqu’à nosjours.
La Reine deHongrie serend àFrancfortpour af-filier atiCouronne-ment àGrand Duc.
Le Roi deR russe batle PrinceCh irles près- de Praus-nitz.
Le Roi dePrusse s'em-pare deDres-de.
Le Roi dePrusse con-clut deuxtraités, l'unavec le Roide Polognefi? l’autreavec l'Im-pératriceReine.
68 HISTOIRE DE L’EMPIRE
que les protestations des deux Electeurs. Marie Thérèse touchoit enfinau comble de ses vœux, elle vint à Francfort jouir de son triomphe; ellevit du haut d’un balcon la cérémonie de l’entrée (1), fut la premiere àcrier Vivat & le peuple lui répondit par des acclamations de joye: ellepartagea avec son auguste époux tous les vœux d’un peuple ivre d’amour,& ensuite se rendant au Camp de Heidelberg, la Reine y paisa son arméeen revue, qui montoit à soixante mille hommes : & à la tête de laquelleson époux la reçut l’épée à la main : l’air affable & majestueux de l’Im-pératrice Reine lui gagna tous les cœurs des soldats: un sourire de leurReine sembloit les payer assez des fatigues qu’ils avoient essuyé pour elle..
Tandis que cette Princesse jouissait de ces agrémens à Francfort, Fré-déric remportoit la célébré bataille de Sohr, de Burckersdorff (2)'ou dePraufnitz, le Prince Charles y fut vaincu une seconde fois, & Frédéricpoursuivant le cours de ses conquêtes pénétra en Bohême & dirigea famarche vers la Saxe, où le Prince Léopold d’Anhait défit une armée decinquante mille hommes retranchés (3) près de Dresde ; victoire qui fraya,au Roi de Prusse le chemin de la capitale de l’Electorat de Saxe. Frédéricy entra non en vainqueur farouche précédé par la terreur, mais en hérosqui sçait embellir sa victoire & se la faire pardonner par les vaincus : lesenfans du Roi de Pologne reçurent de Frédéric l’accueìl le plus gra-cieux; il fit r’ouvrir les boutiques qu’on avoit fermées, donna à dîner aux-Ministres étrangers, & fit jouer un opéra Italien. Le Roi d’Angleterrecraignit que les victoires du Roi de Prusse, en occupant en Allemagnetoutes les forces de Marie Thérèse, ne favorisassent les entreprises desFrançois; il sçavoit que fi la défense des privilèges du Corps Germanique,étoit le prétexte qui avoit mis à Frédéric les armes à la main, le vérita-ble motif, étoit la crainte qu’avoit le Monarque Prussien, qne MarieThérèse ne lui redemandât la Silésie qu’elle ne lui avoit cédée qu’à re-gret: pour dissiper les inquiétudes de Frédéric, George II offrit de ga-rantir le traité de Breshu : le Roi de Prusse se rendit à des propositionsaussi avantageuses & le 25 Décembre il conclut deux traités, à Dresde,,l'un avec le Roi de Pologne Electeur de Saxe, & l’autre avec Marie Thé-rèse. Par le premier de ces traités, le Roi de Pologne, les Etats de Saxe& la ville de Leipzig, s’engagerent à payer en or au Roi de Prusse, àla prochaine foire de Leipzig, un million d’écus d’Allemagne; le Roide Pologne promit de donner à Sa Majesté Prussienne des terres en échan-ge des prétentions que Frédéric avoit fur la ville & le péage de Furstem-berg fur f Oder, ainsi que fur le village deSchildo: par le second traité con-clu à Dresde, Marie Thérèse cédoit de nouveau à Sa Majesté Prussienne 6 clui assuroit la Silésie, & le Comté de Glatz; & le Roi de Prusse, promitd’acccder par fa voix Electorale de Brandebourg à sélection du GrandDuc de Toscane pour Empereur, & à reconnoître ï activité de la voix Elec-torale de Bohême. Les Puissances contractantes fe garantirent récipro-quement leurs Etats: le Roi d’Angleterre, en qualité d'Electeur de Bruns-
(0 Annales du R egie j., Marie Tbérefe pag. 91. _ (2) THÍl. de la guerre de Bohême Tom. 3.§. (3) Ibiti, pag, 291. Mémoires pour stroir à F Histoire de l’Europe Tom, z. p. 360,