D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XIV. 8r
nemis; il feignit lui même de se retrancher, &, tandis que, par cette ruse,il plonge les Prussiens dans une sécurité funeste, les Autrichiens péné-trent dans les bois, y font entrer l’artillerie avec des efforts incroyables,«'emparent des hauteurs, y placent du canon, & foudroient, les Prussiens.Le Général Laudohn attaque le village d’Hochkirchen, en chasse lesPrussiens: mais bientôt ils reviennent à la charge: on combat de part,&d’autre avec furie, les deux chefs donnent à leurs soldats l’exemple dela bravoure ; trois fois le village est pris & repris, enfin une quatrièmeattaque rend les Autrichiens maîtres de ce poste, & décide la victoireen leur faveur. Frédéric rallie ses troupes, &, quoique vaincu, mériteencore les éloges de ses ennemis par la maniéré dont il fait fa retraite :jamais il n’avoit fait de perte aussi considérable, en hommes, canons, dra-peaux, munitions &c. Le Général Keith, qui commandoit l’aîle droite, lePrince François de Brunswic & le Général Kleist furent du nombre desmorts: le Prince Maurice d’Anhalt Dessau fut blessé «St fait prisonnier.Malgré cette déroute, Frédéric eut le courage d’aller établir son campà une lieue du champ de bataille, & y attendit que le Prince Henri luiamenât de nouvelles troupes, des tentes & du canon. Avec ce renfortFrédéric vola au secours de Neifs, qu’il délivra, & revint bientôt avectoutes ses forces, (augmentées encore parles corps des Généraux Wedel &Dohna n’ayant plus rien à faire contre les Russes & les Suédois, qui s’é-toient retirés,) pour attaquer les Autrichiens, faisant de nouveau le siégéde Dresde.: le Maréchal Daun ne jugea pas à propos de l’attendre, il levale siégé & se retira en Bohême. L’armée Françoise sous M. le Maréchal deContades qui avoit remplacé le Prince de Clermont, n’entreprit plus rienaprès son passage du Rhin ; campée à Reeklinghausen jufqu’au 7 d’Octobreque le quartier général fut transféré à Ham, elle revint vers la mi-Novem-bre prendre des quartiers d’hiver fur le Rhin. Le Duc Ferdinand renforcépar un corps d’Anglois, prit si bien ses mesures, qu’il couvrit l'Hanovre &tint en échec les armées de Contades & de Soubise, dont il empêcha lajonction. L’affaire deLutzelbourg ou le Prince de Soubise triompha sur uncorps de Hessois & de Hanovriens le 1 o Octobre, n’eut aucune fuite &ce Prince abandonna la partie de la Hesse qu’il occupoit, au commence-ment de Décembre, pour aller prendre ses quartier d’hiver du côté deFrancfort fur le Mein ,(1).
Le Roi de Prusse, qui soussroit avec peine que ses provinces fussentle théâtre de la guerre, avoit formé le projet d’éloigner les François: &fit faire en conséquence des mouvemens combinés avec ceux de l’Arméedu Duc Ferdinand de Brunswic; dès le commencement de Mars la Thu-ringe étoit inondée de Prussiens, & le Duc Ferdinand marcha droit àl’Armée Françoise, pour lors commandée à la place du Prince de Soubi-se par le Duc de Broglie, qui la rassembla à la hâte, sans cependant aban-donner ses postes fur les derrières de l’Armée alliée; il prit une positionavantageuse à Berghen près de Francfort fur le Mein: le 13 d’Avril à 9heures du Latin le Duc Ferdinand l’y attaqua, bientôt la vigoureuse dé-fi) Mercure hiflor, U politique de la Haye sous les mois indiqués , U autres Journauxpolitiques de ce tems.
Tome XLI. L
Hifl. d’A!-lemagne,
1705.
jusqu’à nosjours.
Les Prus-siens Jontbattus.
1759 -