D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Sect. XIV. 83
gau s’emparoient de Dresde. Le Roi de Prusse voyant que ses vain- mst. d’Ai-queurs à Kunnersdorf ne poussèrent pas leurs avantages, résolut de lemagne,reprendre cette ville, & s’avança dans la Saxe pour resserrer le Mare- - us I7 ° 5 'chai .Daun, en détachant le Général Finck avec dix huit mille hommespour empêcher la communication des Autrichiens avec la Bohême : mais — —ce Général fut vaincu près de Maxen, non loin du camp de Pirna, célé-bré par la défaite, des Saxons. Le Général Daun , qui avoit trouvé lemoyen de dérober fa marche au Roi de Prusse, tomba à l’improviste furle camp des Prussiens, & les força à fe rendre prisonniers de guerre.
Finck mit bas les armes, ainíì que huit officiers généraux & 12000 hom-mes: le Maréchal Daun exigea.,-,qu’on lui remît le canon, les dra-peaux, les étendards, les tiraballes, les tentes, les chevaux de la cava-lerie, ne laissa aux vaincus que leur bagage, envoya fes prisonniers enBohème & retourna en Saxe : un évenement si surprenant n’entraînanéanmoins aucune fuite, pas même aucun changement dans la positiondes armées, qui resterent tout l’hiver fur le que vive & s’obferverent mu-tuellement. Au Wefer depuis -la bataille de Minden , les François nefirent rien ; à la fin de la campagne ils allerent prendre leurs quar-tiers d’hiver du cote de Francfort fur le Mein, & les'Alliés reprirentMunster.
Des escarmouches souvent très vives, mais ne décidant rien, occupe- 17(59.rent toutes les armées pendant les premiers mois de l’année suivante;déja le 28 Janvier les Suédois surprirent Anclam, où le Général Man-teuffel fut blessé & fait prisonnier avec trois cens hommes; cependantles grandes opérations de campagne ne commeneerent que tard. Le Roide Prusse fembloit ne vouloir 'agir que défensivement, & le GénéralDaun évitoit P offensive en attendant l’arrivée des Russes; mais commejls se faisoient attendre trop longtems au gré des Autrichiens , ,1e Géné-ral Laudohn, impatient de fe signaler par quelque coup d’éclat, entre enSilésie par le Comté de Glatz ; il fait comme s’il avoit dessein d’assiégerla ville de ce nom pour tromper le Général Fouquet, qui étoit de cecôté là avec dix huit bataillons & quelques escadrons de Prussiens, qu’ilfit avancer pour couvrir cette place: Laudohn informé que par cettemarche un grand magazin qu’il avoit à Landshqth étoit exposé & à saportée, court s’en emparer : Fouquet rebroussant chemin pour le reprendre,le Général Autrichien rassemble tout ce qu’il peut de troupes & prend larésolution de l’attaquer: le 23 Juin à 3 heures du matin il tombe fur lui& à 8 heures, les Prussiens, qui avoient fait le plus de résistance,sont obligés de jetter leurs armes & de demander quartier, la retraitequ’ils vouloient faire par Schmidberg leur étant coupée par le Général.Nawendorff. Le Général Fouquet fe met à la tête d'un bataillon quar-té de grenadiers pour fe faire jour, mais le bataillon haché en pieces,il est forcé de fe rendre prisonnier. On a dit que de tout le corps desPrussiens il n'est échappé que trois cens hommes. Frédéric pour secou-rir la Silésie menacée par les Autrichiens & les Russes / fit passer vers lafin de Juin son frere le Prince Henri du côté de Francfort fur l’Oderavec une Armée d’observation], & fit lui même au commencement de Juil-