SUITE VU LIVRE XXV. Ch. I. Sect. I. 9c
tniere fois son sein sous leurs mains laborieuses. II paroît que .c’est à■cette colonie que la Bohême doit son nom, que ses historiens veulentfaire dériver du mot Boy t qui, dans l’idiome Esclavon , signifie Com-bats (1) ; défendus par des montagnes inaccessibles & sur-tout par leurpauvreté, les Boyens ne redoutoient plus rien de la méchanceté des hom-mes; oubliés du reste du monde, ils oublìoient leurs malheurs: mais lesQuades & les Marcomans, conduits par Marobodus, troublèrent bientôt-leur tranquillité; chassés par ces brigands, ils allerent vers les bords duDanube, chercher dans le Norique une autre patrie ; c’est cette contréequ’on appelle aujourd’hui Bavière (2). Mgrobodus étendit son empireau delà des frontières de la Bohême, & se rendit si redoutable, que lesRomains recherchèrent son alliance : ses successeurs, plus avides & plusimprudens, se jetteront sur les terres del’Empire, dont la faiblesse en-hardissoit leur perfidie ; mais il retrouva ses forces pour châtier ces bri-gands; ils furent presque entierement détruits : les débris de cette na-tion ap'pellerent à leur secours les Vandales, peuples qui, sortis des hu-mides bords des Palus Mœotides , dirigeoient leur marche vers la Sar-matie Européenne; ils erroient fur les bords de la Vistule, les Marco--mans les invitèrent à venir habiter cette contrée dépeuplée par les Ro-mains: une partie des Vandales se fixa sur les bords de.l’Elbe-; & le restea’établit entre la Vistule & la mer Baltique. Une terre prodigue pourle cultivateur , mais stérile pour des habitans oisifs, ne pouvoit êtrelongtemps habitée par des barbares, dont la farouche indolence préfé-roit les travaux momentanés de la guerre, aux travaux constans de l’a-griculmre; ils passeront le Danube (3) , ravagèrent l’Allemagne & laGaule, & porterent la désolation ôc la mort jusqu’aux Colonmes d’Hercule.
Tel écoit l’état de la Bohême, lorsque Czech s’en empara (4). Lech neresta pas longtemps auprès de lui ; soit que cette contrée ne lui parûtpas assez vaste pour suffire à la subsistance d’un peuple si nombreux,soit que le titre de fondateur flattât aussi son ambition, il quitta son fre-re, & s’avança à la tête d’un essaim de Slaves jusques fur les bords de laVistule; après avoir contemplé avec horreur les forêts & les montagnesde la Bohême, il promena enfin ses regards satisfaits fur une plaine im-mense, riante, féconde, & entrecoupée d’étangs & de marais (5). IIse fixa dans cette contrée, à laquelle il donna le nom de Pôle , qui,dans le langage Esclavon, signifie Plaine. Tandis que ce Princeposoitles fondements de la ville de Gnesne, Czech s’efforçoic de rassemblerses colons épars & de polir leurs mœurs : les Bohémiens, ainsi que tousles peuples Nomades , paffoient leur vie dans des chariots, espece demaisons ambulantes qui renfermoient des familles entieres ; ils ne con-noissoient d’autres richesses que leurs troupeaux ; du fromage & du gi>
CO Respublic. Bojem. Cap. IV. _ (2) Id. ïbid. (z) Jtrmnd. de rcb. Get,
( 4 ) Les Historiens ne font point d’accord fur le temps où Czech & Lech commen-cèrent à régner, l’un en Bohême & l’autre en Pologne: l'opinion la plus probable est,que ce f ut vers le milieu du sixième siede. Vtd. Dubrav . Hist. Bojem, lib. J. — Urne.
cum m prœmio. - Ber n. Vapov. Sc.... (5) Martin, Grmtr. U b, t. Cap, XIII. -,
Du Gloss. — Neugebamr. lib, I,
Hifl. deBohême,550-105 j,
Ils enchassés.
Etablisss-ment desVandales&lenr émitgration.
Les deuxfret es se sé-parent.
. Jnnèe 55®.
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Mœurs desanciens B»,hêmiens.
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