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41 (1779) La continuation de l'histoire d'Allemagne, suivie de celle des principaux états qui on part à la souverainété de l'empire ...
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Ster. I.//r/t. de

Bohême,

5 5 ®-1055.

Le peuple sesoulevé con-tre elle .

£//« choisitun époux,

94 HISTOIRE DE BOHEME,

elle tous les outrages que fa fureur put lui dicter; il fort, la vengeancedans le cœur, le blasphème à la bouche, assemble ses amis:jusques à quand, leur dit-il, une femme nous accablera -1 - elle fous le poids de fa tyrannie? nest-ce donc pas assez de la honte de savoir choiíìe,, pour nous commander ? faut-il encore être les jouets de ses caprices? la Bohême na-t-elle donc pas de citoyens assez sages pour regner fur elle? ah! que Lybussa abuse le peuple par des Oracles menteurs; mais quelle abandonne le sceptre à des mains dignes de le tenir. Cediscours échauffe les esprits, on court aux armes : mille cris séditieuxse font entendre: au premier bruit de cette révolte , Lybussa se retiredans le château deKolin , dont elle avoit posé les fondemens, & quiportoit alors le nom de fa fondatrice ( 1 ). Ces rebelles accourent enfoule vers ces murs : Lybussa espéra plus du pouvoir dune fable, quede celui des armes ; elfe ordonna quon ouvrît les portes, & la multitudese précipite en foule dans le château ; Lybussa obtient un moment desilence, & tient les esprits en suspens par cet apologue ingénieux. Les pigeons, dit-elle , voulurent un jour se choisir un Roi : ils élurent une jeune colombe, mais comme le bonheur même devient fastidieux, lorsquil est. constant, ils furent bientôt ennuyés de la douceur de son gouvernement, & résolurent de la déposer; qui choisirent ils pour Roi? un épervier, qui les dévora tous.

_ Les Bohémiens de ce temps, non plus que ceux du nôtre, navoientni îe jugement ni la sensibilité des nations polies que lEsclave Phrygieninstruisoit par des apologues ; une fable nétoit pour ces peuples gros-siers quun récit ordinaire ; le sens moral en étoit perdu pour eux : unEsclave étoit écouté dans la Grece : une Reine ne le fut pas en Bohê-me: toute rassemblée sécria quelie vouloit un maître. Lybussa répon-dit, quau milieu des ténèbres elle alloit consulter les Dieux, & que lelendemain elle leur annonceroit leur volonté suprême ; le jour suivanton sassemble; Lybussa paroîc; on attend avec impatience loracle quelleva prononcer: ,,le maître que le Ciel vous destine, dit-elle, est Premislas.A ce nom tous les Bohémiens se regardent avec étonnement, sinterro-gent fur le fort de cet homme; aucun ne le connoît. Premiílas, re-prit Lybussa, est un simple laboureur; vous le trouverez près de fa cabane, prenant un repas frugal fur une table de fer. Dubraviusajoute, quon choisit dix députés pour aller lui porter lhommage de lanation , que la Reine leur ordonna de suivre son cheval à travers lesforêts & les campagnes, & de se prosterner aux pieds du laboureur de-vant lequel cet animal sarrêteroit: ainsi le cheval de la Prophétesse de-venoit, pour ainsi dire, Electeur. C étoit traiter les Bohémiens à peuprès comme Caligula traita les Romains, lorsquil fit son cheval Consul:au reste, cette circonstance a tout lair dune fable; il scroit aisé de lui

(O Cest )e sentiment de Dubravius. Suivant Stransky, la ville de Kolin, en LatinColtnia, a été ainsi appellée du mot Koli, qui, dans !a langue des Bohémiens, signifiepieux ou palìjjaies. Cette étymologie est dautant plus vraisemblable que, dans les pre-miers temps, les villes nétoient fortifiées quavec des palissades, les maisons elles-mes n etoient «zu'un assemblage informe de tiges darbres posées les unes fur les autres.