SUITE DU LIVRE XXV. Ch. I. Sect. L ioi
«áique, & s’accordoit peu avec l’humiiité tant prêchée, L si peu observée hì{ 1 . àtpar les prêtres: quoiqu’il en soit, Borivorius fut chassé: on élut Stoy- Bohême,mir, mais on s’en lassa bientôt & Borivorius triomphant revint Chré- 552-1055.tien dans ses Etats, où son exemple fit déserter les temples des faux ”
dieux ; la révolution fut prompte, & causa moins de persécutions quedans les autres Etats, où elle «'opéra: on bâtit des églises; on établitdes écoles de théologie ; enfin il resta peu de monumens de l’ancienculte. Borivorius eut deux fils Spitignée & Wratislas: une mort préma- ec<5»turée enleva le premier peu après que son pere avoit abdiqué le gouver-nement en sa faveur, & Wratislas monta fur le trône de Bohême; ilsecourut les Moraves contre les Hongrois, qu’il força de fe retirer &donna le jour à deux Princes Wenceílas & Boleslas; l’un vertueux, bien-faisant, modeste, disciple fidele de í’Evangile; l’autre altier, ambitieux,féroce: celui-ci retourna au culte des idoles;, il rejetta une Religion quimettoic un frein à ses passions ; car il n’y avoit point alors de Christia-nisme sans vertu; la Morale Evangélique regnoit dans toute fa pureté,aucun commentaire n'en avoit altéré le texte sacré ; on ne connois-soit point d’accommodemens avec le Ciel, & on ignoroit sart d’accor-der les préceptes de la loi Divine, avec l’ambition, l’avarìce, la haine& l’orgueil. Le barbare Boleslas assassina son frere de fa propre main: SZ8»
la Reine Drahomira , mere tendre & aveugle pour ce tyran , marâtre& féroce pour Wenceslas, complice de cette horrible perfidie, & pluscoupable que l’assassin même, puisqu’enfin elle étoit mere , fut ense-velie toute vivante dans le sein de la terre qui s’entrouvrit sous ses pas;mais son fils jouit du fruit de son crime: il étoit brave, qualité qui n’estpas incompatible avec la scélératesse: il soutint contre l’Empereur Othonune guerre qui dura quatorze ans. La victoire passa successivement d'unparti à l’autre, & quoique savantage parût égal, Boleslas fatigué de lavie qu’on mene dans les camps, acheta lâchement un repos ignominieux,en rendant la Bohême à jamais tributaire de l’Empire il mourut: en 967 &ne laissa que deux fils & une fille: le premier s’appelloit Strachyauas & futecclésiastique, le second porta le nom & la couronne de son pere, & laPrincesse se nommoit Milada. Aucun de ces enfans ne ressembla à Bo-leslas; si ce Prince s’étoit livré à des excès sacrilèges, ceux-ci passèrentles bornes d'une piété bien entendue. Boleslas le bon épuisa le trésor pu-blic à bâtir des églises, lorsque la Bohême n’avoit encore que peu devilles & de bourgades : son frere revêtu d’un froc erra de monastèresen monastères, & Milada passa fa vie à gouverner un couvent de filles ;tous trois enfin crurent travailler au salut de leurs âmes en négligeantcelui de l’Etat. Boleslas, après un régné de trente deux ans, laissabeaucoup de monumens de fa dévotion, & n’en laìssa.aucun de ía gran-deur, ni de fa sagesse.
Boleslas III n’eut pas le temps de se livrer au goût que son pere luiavoit inspiré pour ces pieuses occupations. Miceslas Duc de Pologne nelui en laissa pas le loisir, ce Prince ambitieux fit une irruption dans ses 99DEtats, n est difficile d ! accorder ici les historiens Polonois & les anna-listes Bohémiens, chacun d’eux rejette fur les ennemis de fa patrie fin-
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