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41 (1779) La continuation de l'histoire d'Allemagne, suivie de celle des principaux états qui on part à la souverainété de l'empire ...
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Sect. II.jiift. de

Bohême,

550-i°î5.

Boleflas III,surnomméle rouge ,iavarel'aveugle.

Guerre desBohémiens£? des Po-itnois.

Heureux

Jírntagême

dUdahk.

Udairic.

1005 *

ior HISTOIRE DE BOHEME,

justice de lagreffîon(i): de part &. dautre on saccuse de perfidie dans larupture, de cruauté dans la guerre , de mauvaise foi dans la négocia-tion. Si lon en croit Lucas Sylvius, Miceflas (quil appelle Mefcho)attira Boleflas à une entrevue, & contre la foi publique lui fit creverles yeux , & fit égorger ses gardes : il ajoute quun traître vendu àMiceflas, attira le jeune Hiaromir fils de Boleflas dans une forêt, quille fit attacher à un arbre , quil alloit le percer de flèches, lorsquunfidele serviteur de ce Prince vint briser ses liens, & quenfin on bâtitdans le lieu même labbaye de Velisca. Nous sommes loin dassurer lavérité de ces récits, la partialité de ('historien se décele. Quoi quilen soit, ce fut alors que commença cette rivalité des Polonoìs & desBohémiens, qui pendant plusieurs siécles inonda de sang l'un & lautreRoyaume. Ces deux nations oublièrent quelles avoient une originecommune; & leur haine leur fut plus funeste, que leur antique alliancene leur avoit été utile. Le fort de la Silésie fut plus déplorable encore,elle se trouvoit placée entre ces deux Puissances , comme la Hongrieentre lEmpire dAllemagne & lEmpire Ottoman; elle fut, comme elle,le théâtre ordinaire de la guerre, & se vit ravagée, incendiée, par deuxpeuples, qui, lun & lautre, se vantoient detre se s défenseurs. LesBohémiens eurent peu de succès dans cette première guerre: la longuepaix dont ils avoient joui fous Boleflas II avoit énervé leurs courages;les Généraux étoient fans expérience, les troupes fans discipline, la Bo-hème avoit plus dabbayes que de forteresses, plus de moines que desoldats, & ces pieux fainéans ne servoient lEtat que par dìmpuìssantesprières. Miceflas assiégea Prague, & attendit que la famine lui livrâtcette conquête : les habitans, après avoir longtemps souffert les horreursde ce fléau qui dompte enfin les plus indomptables courages, ouvrirentleurs portes aux vainqueurs. Boleflas avoit un autre fils nommé Udairic,quon élevoit à la cour Impériale au milieu des plaisirs, dont on occu-poit fa jeunesse pour étouffer en lui le germe des talens : il apprendles malheurs de fa patrie , il sévade , court à Dieviz , rassemble à lahâte une poignée de soldats, gagne les hauteurs qui dominent la villede Prague, fait retentir les airs du son aigu des trompettes: au bruitde ces fanfares, les habitans de Prague se rassemblent sur leurs murail-les ; un Hérault vient leur annoncer, quUdalric a vaincu les Polonoìsen bataille rangée, & que ce Prince savance à la tête de larmée triom-phante: la ville retentit aussitôt de cris de joie ; la garnison est frap-pée de terreur ; elle sort, les habitans la poursuivent ; une partie desPolonoìs est égorgée; le reste alla porter iallarme dans le camp de Mi-ceílas, qui rentra précipitamment en Pologne. Udairic succéda à Bo-leflas III ; il triompha de la puissante faction de Hiaromir son frere ,que la nation avoit couronné ; on laccuse même de lui avoir fait cre-ver les yeux, après savoir fait prisonnier; il partagea son trône avecune femme q Ue ] a nature & la fortune navoient point destinée à por-

( t) Mvns Sylvius T lift. Bohem. Cap. XVII. - Duhrav. Hift. Bohem. Lih. VI,D.thrnr , Chron, Lib. IV.> ftPensL ab tìinnenfeld. Salignac. tìift.ds Polog.