Sect. II.jiift. de
Bohême,
550-i°î5.
Boleflas III,surnomméle rouge ,i’avarel'aveugle.
Guerre desBohémiens£? des Po-itnois.
Heureux
Jírntagême
d’Udahk.
Udairic.
1005 *
ior HISTOIRE DE BOHEME,
justice de l’agreffîon(i): de part &. d’autre on s’accuse de perfidie dans larupture, de cruauté dans la guerre , de mauvaise foi dans la négocia-tion. Si l’on en croit Lucas Sylvius, Miceflas (qu’il appelle Mefcho)attira Boleflas à une entrevue, & contre la foi publique lui fit creverles yeux , & fit égorger ses gardes : il ajoute qu’un traître vendu àMiceflas, attira le jeune Hiaromir fils de Boleflas dans une forêt, qu’ille fit attacher à un arbre , qu’il alloit le percer de flèches, lorsqu’unfidele serviteur de ce Prince vint briser ses liens, & qu’enfin on bâtitdans le lieu même l’abbaye de Velisca. Nous sommes loin d’assurer lavérité de ces récits, où la partialité de ('historien se décele. Quoi qu’ilen soit, ce fut alors que commença cette rivalité des Polonoìs & desBohémiens, qui pendant plusieurs siécles inonda de sang l'un & l’autreRoyaume. Ces deux nations oublièrent qu’elles avoient une originecommune; & leur haine leur fut plus funeste, que leur antique alliancene leur avoit été utile. Le fort de la Silésie fut plus déplorable encore,elle se trouvoit placée entre ces deux Puissances , comme la Hongrieentre l’Empire d’Allemagne & l’Empire Ottoman; elle fut, comme elle,le théâtre ordinaire de la guerre, & se vit ravagée, incendiée, par deuxpeuples, qui, l’un & l’autre, se vantoient detre se s défenseurs. LesBohémiens eurent peu de succès dans cette première guerre: la longuepaix dont ils avoient joui fous Boleflas II avoit énervé leurs courages;les Généraux étoient fans expérience, les troupes fans discipline, la Bo-hème avoit plus d’abbayes que de forteresses, plus de moines que desoldats, & ces pieux fainéans ne servoient l’Etat que par d’ìmpuìssantesprières. Miceflas assiégea Prague, & attendit que la famine lui livrâtcette conquête : les habitans, après avoir longtemps souffert les horreursde ce fléau qui dompte enfin les plus indomptables courages, ouvrirentleurs portes aux vainqueurs. Boleflas avoit un autre fils nommé Udairic,qu’on élevoit à la cour Impériale au milieu des plaisirs, dont on occu-poit fa jeunesse pour étouffer en lui le germe des talens : il apprendles malheurs de fa patrie , il s’évade , court à Dieviz , rassemble à lahâte une poignée de soldats, gagne les hauteurs qui dominent la villede Prague, fait retentir les airs du son aigu des trompettes: au bruitde ces fanfares, les habitans de Prague se rassemblent sur leurs murail-les ; un Hérault vient leur annoncer, qu’Udalric a vaincu les Polonoìsen bataille rangée, & que ce Prince s’avance à la tête de l’armée triom-phante: la ville retentit aussitôt de cris de joie ; la garnison est frap-pée de terreur ; elle sort, les habitans la poursuivent ; une partie desPolonoìs est égorgée; le reste alla porter i’allarme dans le camp de Mi-ceílas, qui rentra précipitamment en Pologne. Udairic succéda à Bo-leflas III ; il triompha de la puissante faction de Hiaromir son frere ,que la nation avoit couronné ; on l’accuse même de lui avoir fait cre-ver les yeux, après savoir fait prisonnier; il partagea son trône avecune femme q Ue ] a nature & la fortune n’avoient point destinée à por-
( t) Mvns Sylvius T lift. Bohem. Cap. XVII. -— Duhrav. Hift. Bohem. Lih. VI, —D.thrnr , Chron, Lib. IV. •—> ftPensL ab tìinnenfeld. —— Salignac. tìift.ds Polog.