ïo<5 'HISTOIRE DE BOHEME,
Sect. n. rent * e P re &dre ; ils crurent que ce titre avoit été donné nost à la cou-Wít- de ronne de Bohême, mais à Wratislas. Bretiílas fils de ce Prince avoit ré-
nohême, p a ndu l’amertume la plus cruelle fur les derniers jours de son pere; après
1055 12 7 une révolte & des outrages accumulés, il s’enfuit en Hongrie ; ce fut
Bretijhs. avec le secours de cette Puissance qu’il monta fur le trône de Bohême,
Idolâtrie dont Conrad son oncle lui avoit fermé le chemin. A peine il y étoitremtveiiée assis, qu'on vit renaître parmi les Bohémiens leur penchant pour l’idolâ-tn lithême. tr i e . j eurs foyers furent ornés des figures des Pénates ; ils allerent dansl’ombre & le silence des forêts adorer d’autres Divinités. Bretiílas pour-suivit jusques dans leurs retraites les plus profondes ces sectateurs del’ancien culte, & fit châtier ceux qu’il ne put convertir : les moindressignes d’impiété, furent traités d’idolâtrie ; & tous ceux qui négligeoienCde se prosterner devant la croix, furent livrés aux bourreaux. Tandis queBrétiílas par cette persécution diminuoit le nombre de ses sujets, les Po-lonois par la conquête de la Silésie, resserroient les limites de ses Etat s:Gusnt m il ne put la reconquérir, mais il sçut la ravager. Les Polonois uscrentMoravie & du droit de représailles, (si toutefois les représailles font un droit) la Mo-en Silésie, rav q e fut le théâtre de leurs brigandages. Brétiílas rentre en Silésie,couvre de cendres & de ruines les bords de la Neisse , s’avance versles rives de l’OJer, renverse jusqu’aux fondemens la forteresse de Briga,& fait construire celle de Camen ; les habitans de Breilaw tremblent dansleurs murs ; ils appellent Wladiflas Herman à leur secours, ou comme dé-fenseur, ou comme pacificateur: il acheta la paix à prix d’argent; cardans ces sortes de traités , c'est toujours le Souverain que l'on dédom-mage des pertes que les peuples ont souffertes ; & lui seul s’enrichit desdésastres qui les ont appauvris.
Cependant la haine de Brétiílas contre Udalric & Léopold fils de sononcle Conrad commençoit à éclater ; il les chassa des terres qu’ils possé-dsient en Moravie , 6c donna leur dépouille à Borivori son frere ; cesMalheurs deux infortunés errerent longtemps dans l’Autriche ; enfin ils se fixerentd’Udairic dans le château de Rax , d’où ils désolèrent les champs de la Moravie,& de Léo- comme si les malheureux villageois avoient été coupables de l’usurpatìon° ' de leur nouveau maître. Udalric tomba entre les mains des Moraves,qui le livrerent à Brétiílas ; on le jetta dans un cachot, & le souvenirrécent de ses brigandages étouffa la compassion que ses malheurs auroientexcitée. Léopold assiégé dans une forteresse, voyant fa garnison décou-ragée, les habitans prêts à le trahir, les murs écroulés , se jetta seuldans une barque de pêcheur, & alla chez un homme obscur, cherchercontre la vengeance de son ennemi un azyle ignoré: son hôte eut assezde grandeur d’ame pour ne pas le trahir ; dans ces temps & dans cespays barbares, on paroissoit grand, lorsqu’on n’étoit pas perfide. A peineétoit on délivré des horreurs de la guerre qu'on fut livré aux ravages dela peste, comme si la fureur des hommes n’avoit pas suffi à leur destruc-Pefhocca- tion. La police des Etats n’étoit pas même au berceau; de vastes fo-simneepar rêts entouroient les villes & les bourgs, & opposaient leur humide om*’ìe défaut de brage au cours de Pair; dans les villes les rues n’étoient que des cloa-q u es infects; un égoïsme funeste rendort odieux au citoyen les travaux