Ilct
Sr.cT. n.
fíiíl. deBohême,ioS 5 1273,
Suatoplucejl ajjajflné.
ËisaUt des.Impériaux.
r no.
UladiUattfì proclamépar la No-hlefie.
HISTOIRE DE BOHEME,
avoir ravagé quelques cantons de la Pologne, pénétrèrent dans la Silésie& investirent Glogaw, qui fut actaqué & défendu avec l’ardeur la plusvive. Tel étoìt Tétât des choses, lorsque Bolestas arma d’un poignard unBohémien, nommé Czista, homme audacieux, & qui couroic en aveugleà la fortune ou à Téchaffaut ; ce furieux entre dans la tente de TEmpe-reur, & fous les yeux de ce Prince enfonce le coûteau dans le cœur deSuatopluc (1) : à la vue du cadavre sanglant de leur maître, les Bohémiensperdent courage ; ils veulent fuir ; TEmpereur s’efforce de les retenir ; illeur représente que la Bohême ne manque pas de Princes capables de lagouverner & de la défendre.; il leur demande quel est celui, de la tigeDucale, qui leur semble le plus digne de porter la couronne? ils procla-mèrent Othon, frere de Suatopluc, & ce cri unanime est bientôt suivi deleur désertion.
Henri, qui voyoit son armée affoiblie par la défection des Bohémiens,augmenta encore ses malheurs par son imprudence; il rejetta avec un mé-pris affecté les propositions de paix que lui sic Bolellas ; celui ci poursui-vit les Impériaux jusque dans la plaine deHundsfeld (ou champ des chiens)fous les murs de Breílaw, où ils s’arrêterent ; on en vint à une action gé-nérale & décisive : Bolestas dut la victoire à une manœuvre fçavante qu'ilimagina, & qu’il conduisit lui même. Henri donna à ses troupes Texem-ple de la fuite, & elles ne le suivirent pas ; la plupart de ses soldats fu-rent égorgés à leur poste ; les Polonois ne commencerent à faire des pri-sonniers, que lorsque le nombre n’en put être dangereux; la plaine étoitcouverte de cadavres ; les vainqueurs ne fuffifoient pas à les enterrer ; onvit accourir de tous côtés une multitude de chiens qui en dévorèrent unepartie. Ces animaux naturellement amis de T homme devinrent ses enne-mis, dès qu’ils eurent goûté de fa chair; altérés de sang, comme les ti-gres , ils se jettoient sur les voyageurs, & il fallut s’armer pour les dé-truire (2). Ce triomphe avoir coûté cher à Bolestas: le spectacle de sonarmée victorieuse, mais délabrée, lui fit sentir la nécessité de la paix; illa conclut avec Henri; mais, dans le traité, les intérêts de Borivori fu-rent oubliés; au reste, son rival avoit été proclamé par les soldats dans lecamp Impérial ; les formes ordinaires n’avoient point été observées ; lesgrands de Bohême n’avoient point confirmé cette élection; & Borivoripouvoit appeller de cette proclamation tumultueuse, qui restembloit plu-tôt à un cri de révolte qu’à une élection réfléchie; mais les grands quine vouloient être gouvernés ni par Othon, ni par lui, se hâtèrent de cou-ronner son frere Uladiílas. Ce Prince avoit des intelligences à la cour deHenri; il promettoit de faire hommage de ses Etats à cet Empereur, s’ilvouloit le maintenir fur son trône; la guerre s’alluma; Bolestas, dont lapolitique avoit si mal servi Borivori, lui prêta le secours de ses armes ; les
(0 Coíme de Prague raconte autrement la mort de Suatopluc: selon lui, Czistaavoit voulu avoir le fruit du crime, sans en avoir le péril; il avoit choisi un soldat pourinstrument de s on dessein; celui ci se cache derrière un hêtre; au moment où Suatoplucsort de la tente de l’Empereur, >1 se mêle avec sa íuite, chemine quelque temps avecelle, &, trouvant l’inslant favorable, lance au Prince un javelot entre les deux épaules.
( 2 ) Vincent. Kadluhk. — > Stanijl S amie. annal. Fol. ~ Fegupbal. Cbron. Fol. —
Hmel. ab Hermenfeld. annal . Sìlef