SUITE DU LIVRE XXV. C h. IV. Sect. I. 279
dont il faisoït lè bonheur, mourut l’an 1608. ^ Jean Sigismond, son .fils& son successeur, eut dès ion avènement à l’Ëlectorat une cause im-portante à défendre: ii avoir épouléAune, fille unique d’Aibert, Ducde Prusse, & héritière de ce Duché, ainsi que de la succession de Cleves,composée des pays de Juiiers, de Berg, Cleves, la Marck, Ravensberg& Ravenstein: cette succession ëcoic trop riche, trop brillante pour nepas tenter l’avidité de bien dos prétendans, & entr’autres des Ducs deNeubourg, des Princes des deux lignes de Saxe, auxqueis FEmpcreurMa-ximilien en avoit donné f expectative, enfin de l’Empereur Rodolphe quieût bien voulu s’approprier cet héritage.
Les droits de l’Eiccteur étoient fans contredit les plus évidens ; toutes-fois dans la vue d’éviter une dispute dans laquelle trop de Puissances pa*roissoient disposées à entrer, il fut convenu entre lui & le DucWolfgangGuillaume de Neubourg qu’ils se mettroient en possession l’un & l’autrede cette succession, en se réservant néanmoins leurs droits respectifs.Cette convention étoit l’ouvrage de F Empereur Rodolphe, qui ne cher*choit qu’à s’emparer de cet héritage fous prétexte de Je mettre en séques-tre: en effet F Archiduc Léopold tenta de l’envahir; mais les PrincesProtestans se liguèrent contre lui. De leur côté les Princes Catholiquesformerent une ligue pour soutenir Léopold. Jean Sigismond étoit ap-puyé par les Hollandois & le Duc de Neubourg par Henri IV, qui peut-être eût fait pencher la balance, si au milieu des préparatifs qu’il faisoitpour le Duc de Neubourg, il n’eût été assassiné par Ravaillac. AlorsJean Sigismond & Wolfgang Guillaume parurent vouloir se rapprocher:ils eurent même une entrevue dans laquelle ils espéraient d’en venir à unaccommodement; mais par malheur Jean Sigismond dans la chaleur dela dispute, se posséda si peu, qu’il donna un vigoureux soufflet au Ducde Neubourg. Ce préliminaire ssétoit rien moins que propre à conduireâ un accord amiable; les esprits & les affaires r essorent plus brouillésque jamais.
Le Duc Albert de Prusse, beau pere de Jean Sigismond, étoit resté long-tems en démence, & pendant fa maladie Joachim Frédéric avoit adminis-tré la Prusse : après fa mort Jean Sigismond fut chargé de la même admi-nistration, & reçut de Sigismond, Roi de Pologne, l’investiturc de ceDuché pour lui & pour ses descendans. Des Bohémiens , des Sarmates,des Russes & des Venedes habitèrent originairement la Prusse ; ils étoientidolâtres, barbares & presque sauvages. Enflammé d’un zele respectableSt. Adalbert entreprit vers l’an 1000 d’y aller prêcher le Christianisme,& il y fut martyrisé. Ces peuples étoient aguerris & d’une valeur fé-roce: ils firent une invasion dans la Cujavie qu’ils ravageaient, lorsquele Duc Conrad appella à son secours les Chevaliers Teutons. Hetmande Saltza leur Grand-Maître entra en Prusse, y eut des succès éclatans,& secondé par les Chevaliers Livoniens, il y établit quatre Evêchés,Culm, Pomeran, Ermeland & Sammeland. Cette guerre des Teutons-contre les Prussiens dura cinquante trois ans. Plusieurs d’entre ces braves ;guerriers Rétablirent en Prusse, & c’est d’eux que descend la plus illustreNoblesse de ce pays, encore existante de nos jours. L’Ordre Te u tonique®ut des guerres très-violentes à soutenir contre les Polonais,.qui rempor-
Hifl. delìi anàui-bourg, juC-qutS'ii'.l7 c .íiede.
'Jean
Sigismond.
1608.
Se brouilleavec le Ducde Neu-bourg.
EH chargéde l'Admi-nUlratiomdc laPrujfe.