SUITE DU LIVRE XXV. Ch. IV. Se ct. II. 281
en proie aux armées des Hollandois & des Espagnols qui y exercèrent Hist. deles plus horribles brigandages. Comme si ce n’eût pas été assez pour Branden-accabler l’Electeur, il eut encore à soutenir un nouvel orage. L’Em-pereur qui se trouvant le plus fort, ne faisoit pas plus de cas des li- siécle.
bertés du Corps Germanique que des loix de l’équité, & contre la dis-—
position formelle de la Bulle d’Or, qui ne veut point que l’on dégradeun Electeur fans le consentement unanime de la Diete assemblée , ilmit l’Electeur Palatin, beau frere de George Guillaume, au Ban del’Em- L'EieSeurpire & éleva à, cette dignité Maximilien, Duc de Bavière; il n’avoit 1^*%'eu aucun égard aux intercessions des Electeurs en faveur de leur Colle- de ceírgegue ; ils refusèrent à leur tour de reconnoître Maximilien, se liguèrent Guillaume& se disposèrent à soutenir par les armes leurs droits, qu’à force d’op- mis au Banpression on vouloit leur ravir. Le zele ou le prétexte de la Religionvint encore aigrir les esprits : les Princes Protestans intéressés à soutenir vl’exercice libre de leur Doctrine & peut-être à retenir les biens Ecclé-siastiques qu’ils avoient confisqués, sonnèrent une Confédération, danslaquelle entrerent Christian IV, Roi de Dannemarck & les Duc de Lu-nebourg, de Holstein, de Mecldenbourg, ainsi que l’Administrateur deMagdenbourg,oncle de l’Electeur. L’Empereur Ferdinand II, dédaignantd’entrer en négociation avec des Princes qu’il s’étoit proposé d’opprimer,envoya contre eux deux armées, l’une qui, fous la conduite de Tilly,ravagea le Cercle de la Basse-Saxe, & l’autre qui, commandée par Wal-lenstein, s’approcha des Evêchés d’Halberstadt & de Magdenbourg qu’ilenvahit. Christian Guillaume, Administrateur de.Magdenbourg,fut dépo-sé ; il joignit ses troupes à celles du Roi de Dannemarck & il fut com-plettement battu. Les vaincus fe sauvèrent dans la Marche de Branden-bourg qu’ils pillèrent, fans doute pour se dédommager aux dépens de leurallié, de la défaite qu’ils venoient d’essuyer.
Battu par ses ennemis, pillé par ses alliés, trahi par son Ministre, écra-sé de toutes parts, George Guillaume se soumit aux volontés de l’Empe-reur, reconnut la nouvelle dignité de Maximilien de Bavière, & n’enfut ni plus tranquille ni ses états plus épargnés. Tilly occupoit avec sonarmée le Brandenbourg qu’il accabloit; il n’y avoit dans toutes cesguerres que l’Empereur qui gagnât : aussi, enflé des succès de ses Géné-raux , publia-t-il son fameux Edit de restitution, par lequel il ordonnoitaux Princes Protestans de rendre les biens de l’JEglile dont la Réforme lesavoit mis en possession depuis la transaction de Passau ; transaction parLaquelle il étoit stipulé que, concernant les affaires de la Religion, onresteroit tranquille & que personne ne seroit inquiété, jusqu’à ce que laDiete eût donné à ce sujet une derniere résolution. C’étoit donc à laDiete & non à sEmpereur qu’il appartenoit de faire des réglemens fur cetobjet. Pendant que'Ferdinand II s’efforçoit d’opprimer ainfi les Princes La Prussede l’Empire, Sigismond Roi de Pologne, qui vouloit faire valoir les préten- désolée partions qu’il difoit avoir fur le Royaume deSuede,fut prévenu parl’activité ff S . à'de Gustave Adolphe qui passant en Prusse, fit de très-rapides progrès en otSmLivonie & dans la Prusse Polonoise. 11 contraignit Sigismond à renoncerà ses prétentions & signa à Dantzig une Trêve, dans laquelle l’ElecteurTome XLI. Nn