Sect. II.Hi/î lisBranden-bourg,jusques au17e. siecle.
II se décla-re te défen-seur desHollan-de is,
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Il veutcombattreTurenneU en estempêché.
i 9 é HISTOIRE de brandenbourg.
pendant que l’Electeur se signaloit par cé trait de générosité, les Hollan-dois élurent Stadhouder Guillaume Prince d’Orange. L’Electeur, parentdù Stadhouder, s’empressa de le secourir; il marcha, résolu de périr ou dele délivrer, voulut combattre Turenne & en fut empêché par Montecu-culli; il obligea cependant Turenne de repasser le Rhin & par là dé harassales Hollandois de trente mille ennemis. Toutes fois íi l’Electeur ne putparvenir à vaincre le grand Turenne par les armes, il le surprit du moinspar fa générosité. Un scélérat François, nommé Villeneuve, qui étoit dansle camp du Général François, offrit à l’Electeur d'assassiner ce grandhomme ; Frédéric Guillaume eut horreur de ce crime & se hâta d’avertirTurenne de se garder de ce traître. Cependant les secours que l’Elec-teur avoit fournis aux Hollandois, lui avóient été funestes; ses troupes11’étoient point payées par la Hollande qui s’étoit chargée de leur solde.I,es François s’étoient emparés des Provinces qu’il possédoit en West-phalie; il n’étoit pas possible qu’il lutta seul contre une Puissance aussisupérieure : il fit son accommodement avec la France, qui lui rendit toutesfés Pfovin.çes, les villes de Rees & de Wefel seules exceptées; les Fran-çois devant les garder jufqu’àce que la paix avec la Hollande fut conclue»De nouveaux événemens ne permirent point à l’Electeur d’être long-tems en paix avec la France : on sçait que pour se venger de la perte deses conquêtes en Hollande, Louis envoya dans le Palatinat Turenne à latête d’une armée qui y commit des ravages affreux: à l’énormité de cesexcès, l’Empereur sortit enfin de sa léthargie, &, pour fecò'ui'ir ì’Em-pire, rompit avec lâ France. Frédéric Guillaume obligé de faire causecommune avec l’Empire, lui fournit un secours de seize mille hommes ;les Alliés , ne furent d’abord rien moins qu’heùreux; le Prince d’Orangefut battu à Sénés par le Prince de Condé; Turenne remporta succes-sivement 'trois victoires éclatantes, l’une à Philipsbourg fur le vieux Ca-prara, l’autre à Sintzheim fur le Duc de Lorraine & la troisième à Iioltz-heim fur les Impériaux commandés par Bournonville. L’Electeur joignitce dernier peu après fa défaite, malgré laquelle l’armée étoit encore, aumoyen des Brandenbourgeois, forte de plus de cinquante mille hommes ;mais envain Frédéric Guillaume pressa Bournonville de lui laisser com-battre Turenne, soit que la supériorité de cet illustre Général lui inspi-rât trop de frayeur, soit qu’il ne fit que suivre les ordres qu’il avoitreçus, jamais Bournonville ne voulut consentir à attaquer les François;auxquels il laissa lé tems de porter aux Alliés les coups les plus dange-reux; ce qui n’auroit pas été, si du moins Bournonville eût déféré auxsages conseils de Frédéric Guillaume, qui vouloir qu’on resserrât lés quar-tiers, que le Général de l’Empire laissoit'éparpillés, dans la confiance oíiil étoit que les François s’étant retirés, ses troupes n’avoient rien àcraindre. Sa confiance fut trompée: l’actif & vigilant Turenne pénétradans les quartiers des Impériaux, fit prisonnier un Régiment Branden-bourgeois, battit Bournonville, qui f e joignit précipitamment à l’Elec-teur qui avoit assemblé ses troupes à Colmar. Turenne fe présenta pres-qu’au même instant. L’Electeur posté dans un terrein Terré , pris enflanc par les François, contrarié pal- Bournonville, décampe pendant 1 ®nuit, repasse le Rhin à Strasbourg & va prendre fés quartiers en FM-