SUITE DU LIVRE XXV. Chapitre V. r??
etant mort,ses pays furent incorporés aux Etats de Henri, de même queia ville de Hanover qu’il aggrandit. Henri étendit íès domaines vers leNord, dompta les Obotrites & obligea les Princes^ de Poméranie de luipayer un tribut annuel. Emmanuel, Empereur d’Orient, envoya uneambassade pour lui demander son amitié & il obtint en secondes nocesMathilde, fille de Henri II, Roi d’Angleterre. Ayant envie, selon lamode de ces tems là, de visiter la terre sainte, il entreprit ce voyageavec un cortege de près de mille personnes de ses pareils, amis ou vas-saux. II ne prévoyoit point alors qu’il étoit à la veille d’essuyer un ora-ge qui le devoit précipiter de ce haut faîte de grandeur où il étoit par-venu. Après plusieurs cabales inutiles , ses ennemis prévinrent enfinI’Empereur Frédéric contre lui fur un faux exposé qu’on lui fit de laconduite de Henri, auquel se joignit une brouillerie au sujet de la suc-cession de Guelphe VII & du refus que fit Henri d’accompagner l’Empc-reur dans une nouvelle expédition en Italie; il fut mis au Ban de l’Empi-re; ses Etats furent démembrés & le reste de fa vie fe paílà à luttercontre un torrent de traverses & d’infortunes. Une révolution st ex-traordinaire donna lieu à un tableau qui ne l’étoit pas moins. On yvoyoit un cheval en proie à des animaux de différentes especes. D’uncôté plusieurs bêtes féroces désignoient les Princes séculiers qui envahi-rent les domaines de Henri, de l’autre des oiseaux de proie représen-toient ses ennemis de l’Ordre ecclésiastique. Chacun y paroiffoit dévo-rant quelque partie du cheval. II ne restoit que le cœur, par lequel lepeintre vouloit marquer le pays de Brunswic & de Lunebourg queHenri sauva du naufrage. La mort de ce Prince fut aussi singulière quesa vie. Dans le tems qu’il étoit malade, la foudre tomba fur une église(l), près de son palais, & la frayeur que cet accident lui causa, hâta safin, qui arriva l’an 1195,dans sa soixante-sixième année. II étoit remar-quable par sa taille, par sa force & par sétendue de son génie. II avoitun éloignement extrême pour la paresse, & son voyoit en lui un heu-reux mélange de douceur & de sévérité. 11 étoit autant aimé des honnê-tes gens, que craint de ceux qui ne letoient pas. Modeste, il parloitpeu de lui-même & paroiffoit fuir les éloges qu’il s’empreffoit de. mériter.Vers la fin de fa vie la plupart de ses ennemis recherchèrent son amitié ,& en 1191, lorsque l’Empereur Henri VI étoit malade en Italie, il de-vint candidat pour la couronne Impériale.
Des trois fils qui lui survécurent, Henri surnommé le Long, épousaAgnès, fille unique de Conrad, Comte Palatin duRhin, après la mortduquel il hérita de ses domaines. Le second nommé Othon, fut élevéà l’Empire, sous le nona d’Othon IV. Philippe de Souabe avoit été élu parun parti opposé ; mais Othon obtint du Pape Innocent III la confirmationde son élection, par le crédit de Richard son oncle, & rendit à ce Princele Poitou, qu’il gouvernoit pour lui. Philippe II Roi de France, qu’Q-thon avoit voulu engager dans son parti en passant par Poitiers, fit sipeu de cas du crédit qu’il pouvoit avoir dans f Empire, qu’il lui dit, quepourvu qu’il lui donnât celui de ses chevaux de somme qu’ìl choisiroit»
(l'ì Celle a e St.
Tome XLL
Biaise j Brunswic.
PP
Uist. deIa Maisonde Bruns-wic & d»l’Electoracde Hano-ver.
1168.
II est mi.tau Ban 4el'F.mpire.11? o.
Tabieauallégoriqueà cette oc-ca/toH.
Sa
UPS-Ses quali.tés.
Henri ltLong.