SUITE DU LIVRE XXV. Ch. VI. Sect. I. 307
prétentions de ces Archevêques fur la Hesse & la Thururgie, dont de Hijf. desteins en tems ils ont arraché quelque partie: ils possedenc Fritzlar & ElectoralAmelbourg dans la premiers, & dans la seconde Erfurth, fa capitale, ainsi Ecclélì:ist *que quelques Comtés dont ils ont le Domaine direft & quelques Bail-liages dont ils ont le Domaine utile.
On croît que les Romains avoient bâti la Ville de Mayence, & qu’ a .près avoir été réduite en cendres par les Barbares, elle fut reconstruite parles François fous le Roi Dagobert : elle a été ville Impériale jufqu’en 1462,qu’elie perdit fa liberté & retourna fous la Souveraineté de l’Archevêque.
Les François y étant entrés & l’ayant fortifiée, y soutinrent en 1689 unfiege long & sanglant contre toutes les forces de l’Empire. C’est aujour-d’hui une des principales Forteresses d’Allemagne. Erfurth, dont l’E-lecteur de Mayence est encore en possession, est aussi une grande villefortifiée, & défendue par deux citadelles, dans l’une defquelles i’Em*pereur a droit de tenir garnison. En 1664 cette ville s’étant révoltée,l'Archevêque obtint de Louis XIV que ses troupes qui revenoient de]a Hongrie s’employeroient à la réduire; ce qu’elles exécutèrent heureu-sement après quelques jours de fiege. II y a une Université, tant àErfurth qu’à Mayence, mais cette ville quoique grande & très peuplée,est peu magnifique.
L’Electeur de Mayence possédoit autrefois une partie de la successionde Treffurth & après l’extinction de la Maison de Rheineck en 1559,ilobtint une portion du Comté de ce nom, dont pour une grosse sommed’argent il céda en 1673 une partie au Comte de Nostitz à titre de fief.
II entretient une compagnie de Dragons pour íà garde du corps &
3000 hommes d’Infanterie pour la garnison ordinaire de Mayence,laquelle il peut renforcer en peu de tems par 2000 miliciens ou paysansarmés: ce font là toutes les troupes de l’Electeur de Mayence, moinsconsidérable par ses forces que par le rang qu’il tient dans l’Empire:ses revenus solides ne répondent pas à fa dignité, < 5 c ne font pas encoreun million d’écus, c’est à dire Thalers de i’Empìre: il est taxé à 300florins d’Empire par an pour l’entretien de la Chambre Impériale (1).
Le siégé le plus ancien de toute l’Allemagne est l’Archevêché de Del'Ekc -Treves, & c’en étoit autrefois la plus grande M étropole, quoiqu’il n’en t° rat desoit aujourd’hui que la plus petite, n’ayant pour Suffragans que des Eve- '^ Tevts ‘chés qu’on a depuis retranchés de l’Empire, savoir Metz, Toul & Ver-dun: cependant si son Archevêque est moins considérable pour ce quiregarde le spirituel, il l'bst beaucoup pour le temporel : les lieux lesplus considérables de son Electoral font,après la ville de Treves, Coblen-ce, au confluent de la Moselle & du Rhin, ainsi que la Forteressed’Ehrenbreitstein, située vis-à-vis & où l’Empereur a droit détenirgarnison. Coblence en est la meilleure place ; quant à Treves, plusieursfois prise & reprise par les François, qui entr’autres s’en emparèrentau commencement de la guerre de 1734 & ne l’évacuerent que trois ansaprès, elle est depuis restée presque fans fortifications & ce n’est qu’une
(i) Voyez pour le surplus notre susdit Ch. VIII. de ce Livre, Suite du XXV e .
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