SUITE DU LIVRE XXV. Ch. VI. Sect. II. 3 i 3
ques villes Helvétiques ne balancèrent point à le déclarer conservateur llìsioinde leur patrie, ignorant qu’un protecteur puissant devient bientôt un d ’ Au -oppresseur, & qu’un peuple libre ne doit confier qu’à lufmême le soin cricl12 *de fa défense. L’amour Sc la fortune ne le servirent pas moins que ses » r r r - ( }talens; Anne son épouse Sc la mort de Hartmau son cousin lui appor -deRodoUterent le Comté d’Ortenberg, la Vallée d’AIbrecht en Alsace, A les^í deComtés de Kybourg, de Lentzbourg L de Bade : enfin cet Ottocare, â-r-r-Roi de Bohême, dont il devoit triompher depuis, crut fhonorer en lur 0 "^'conférant la dignité de Grand Maître de son hôtel, & le Chef de laMaison d’Autriche exerça avec orgueil les fonctions de simple officierdans ce palais où fes defcendans dévoient régner un jour.
On se rappelle l’interregne orageux qui suivit la mort de Richard deCornouaille, le choc des cabales, le domaine Sc les droits de la Cou-ronne Impériale devenus la proie de plusieurs Princes, qui vouloient se m .
partager l’Empire, avant d’élire un Empereur; on ne songea sérieuse- ir?z.ment à en proclamer un, que lorsque certe dignité ne fut plus qu’unnom respectable, qui donnoìt quelqu’autorité, peu de richesses & pointde domaines. On l’offric d’abord à Prémiílas Ottocare, qui la dédaigna:enfin Vernier, Electeur de Mayence, rappella au souvenir des Etatsassemblés les succès de Rodolphe dans la guerre, les sages institutionsqui avoient signalé son gouvernement dans la paix, l’amitié docile &fidele que les Helvétiens lui avoient jurée, Sc leur fit sentir que la di-gnité d’Empereur étant désormais dénuée de touc ce qui aidoic à ensoutenir l’éelat, on ne pouvoit l’offrir qu’à un Prince assez riche parlui-même, pour n’avoir pas besoin, dans cet auguste rang, des revenusqu’on avoir envahis. Ce fut par ces motifs qu’il réunit les suffrages en // p ar .faveur de Rodolphe, Sc non point en leur racontant que ce Prince vient àavoir fait monter un curé fur son cheval Sc savoir suivi à pied ; comme l'Empir.e.3’a prétendu sauteur de la Chronique de Colmar. Cette action, loua-ble en elle-même, pouvoit lui mériter une couronne dans le ciel; maispour en porter une fur la terre, il faut d’autres qualités. Son électionfut confirmée par Grégoire X, à qui il promit de se faire couronner enItalie, & de porter la guerre chez les Sarrasins; promesses qu’il oublia,dès qu’il fut reconnu par toute s Allemagne. Les Electeurs de Saxe &de Brandebourg briguèrent l’honneur de devenir fes gendres: fortifiépar ces alliances, il brava les menaces du Pape, laissa les Sarrasins enpaix, différa son voyage d’Italie, & ne s'occupa que de la défense del’Empire & de l’aggrandissement de sa famille. Prémislas Ottocare n'a-voit pas vu fans inquiétude un de ses officiers placé fur le premier trônedu monde, Sc devenu, sinon son maître, au moins son égal. II con-noissoit les talens de Rodolphe & son insatiable ambition : il se repentitsans doute en ce moment de la réponse plus ridicule que fiers qu’ilavoir faite aux députés des Electeurs qui lui offroient la Couronne. IIest inutile de retracer ici les démêlés de ces deux Princes,, l’humiliationd'Ottocare, son ressentiment, sa défaite Sc sa mort (i).
CO Voyez ci.devant I’Hist, de Bohème.Pag. US> & à'r.Tome XLL R r