S i 6 HISTOIRE DES ÉLECTORATS ECCLÉSIASTIQUES, &c.
Sëct. H. toit déjà; l’orage alloit éclater, lorsque Louis acheta la paix en cédantHistoire a u Domaine de l’Autriche Villingen, Brìssac, Neubourg & quelquesd ’. AL1 ; autres Seigneuries. Louis de Bavière étoit un Prince généreux, qui setnc ’ he ' plaifoit à subjuguer les hommes par la reconnoissance, & à se vengerpar des bienfaits. Meinhard Duc de Carinthie mourut fans postérité:plusieurs Princes d’Allemagne, dont Louis n’avoit aucun sujet de seplaindre, vouloient ajouter à leurs états la succession du Duc; Louisfavorisa les Princes Autrichiens, ses ennemis naturels, & leur donnala Carinthie, la Stirie, & la Carniole. Quelqu’itnmenfes que fussentles domaines de cette maison, il sembloit que dans les siécles suivans elledut s’affoiblir par fa division: ces Princes étoient au nombre de cinq,
& s’ils laissoient tous des héritiers, il étoit impossible que cette famillene déchût de fa puissance.. La nature & la fortune les servirent beaucoupmieux qu’ils ne le desiroient ; les quatre premiers moururent fans pos-térité, A tous leurs biens se trouvèrent réunis fur la tête d’Albert, leplus jeune de tous. Cet Albert qu'on surnomma aussi le sage, perditpar son imprudence, les villes de Lucerne, de Glaris, de Zug, quientrèrent dans la Ligue Helvétique, & celle de Fribourg qui se donnaau Duc de Savoye ; il se priva encore par sa hauteur de l’arnitié desVénitiens, & de la protection de l’Empereur Charles IV.
11 eut pour fils Rodolphe le spirituels dont on ne cite aucun traitingénieux; Frédéric le magnifique, qui ne paroît pas avoir mieux mé-Partage r ité ce surnom; Albert III, ou à la tresse, & Léopold le bon : les deuxf tre d L premiers ne laissèrent point de postérité: ainsi les deux derniers par-UopM. tagerent cette riche succession. La raison & l’amitié présidèrent à cepartage; Albert se contenta de l’Autriche, parceque son frere avoitbeaucoup d’ensans, & lui céda le Tirol, la Stirie, la Carinthie, l’Al-138°. àe, la Suabe, le Burgaw: cette division forma deux branches, doncl’une porta le nom d’Autriche & l’autre celui de Tirol. Albert, chefde la premiere, recula les bornes de fa domination : le Comte de Schaum-bourg se souleva contre lui, & cette révolte tourna au profit d’Albert;le vassal n’obtint sa grâce, qu’en cédant au Duc irrité Peurbach, Lœ-wenstein, Altergow avec le Lac voisin, Ficlnenstein, & Neuhauss.Albert IV fut moins heureux que son pere : il étoit prêt à triompherde Procope son ennemi, qu’il affiégeoit dans Znaim, lorsque le lâche payaune main perfide qui présenta au Duc un poison dont il mourut. Sonfils Albert V étoit au berceau : c’est ce Prince qui depuis ayant épouséElisabeth fille de l’Empereur Sigismond, parvint lui-même à l’Empire,
& reçut des mains des Hongrois & des Bohémiens deux Couronnes1349. électives qui dévoient un jour devenir héréditaires dans fa famille. Samort prématurée laissa l’Autriche, la Hongrie, la Bohême en proie auxinquiétudes qu’excitoit le sexe incertain de l’enfant qui alloit naître.Ladiflas le Posthume ne ‘monta fur le Trône de Hongrie, qu’aprèsque Ladiflas de Pologne eut payé de son íang, sur les bords de la .Warna , fa criminelle docilité pour les perfides conseils du CardinalCésarìni. Son successeur mourut à la fleur de son âge, au moment oàson hymen, dont on faisoit les préparatifs, lui permettoit l’espoir de