320 'HISTOIRE D E HESSE, à
Srct. I. qu’ils appellent les Cattes, Cattt ou Chaîti (i); mais ces Cattes Furent*Histoire ils les ancêtres des HeíTois ? c’est ce qu’il n’cst absolument pas possible? eH ®^ e, de démontrer, quoiqu’il ne fût pas précisément absurde de le faire,1509. par une déduction étymologique, & en disant, comme il est vrai, que
—. —dans la langue Teutonique le Ch étoit une marque d’aspiration, & que
même l’on ne ksi soit point sentir le C, comme dans C hlodovig qu’ontrouve tout auífi fréquemment écrit Hlodovig & Lodowig, (Louis') dansles anciens monumens Teutoniques. On pourroit ajouter à cette ob-servation que dans la même langue le T se changeoit en 5 , comme dansJVatr, Dat, qu’on écrivoit & qu’on prononçoit tout aussi fréquemmentJVas, O as (quoi, cela,) WaJJer, (de Veau) au lieu de Water , &c. d’oùl’on seroit en droit de conclure que les Chaîti étoient les mêmes que lesHaJJi • Mais ces preuves ne satisferoient pas tout le monde, & l’onauroit raison. II vaut donc beaucoup mieux dire que puisque les Hes-sois occupent le même pays que les Cattes, on peut regarder les HeíToiscomme leurs descendans, ôc cela avec d’autant plus de fondement, queTon ne trouve nulle part que les Cattes aient cédé leur fol à un peuplequi eût alors ou qui eût pris ensuite le nom de HeíTois. Or, Tacitenous apprend, que de tous les habitans de la Germanie les Cattes (2).étoient ceux en qui l’amour de la liberté & la passion de la guerre agis-soient avec plus d’énergie. On ne s’appéfantira point ici fur la longue &vigoureuse résistance qu’ils opposèrent aux Romains, toutes les foisque ces vainqueurs du monde tentèrent de soumettre ce peuple indomp-té & vraiment indomptable. Ils furent contraints de céder au nombre,plutôt qu’à la force des Légions commandées par Drusus; (3) mais ex-cédés du dur gouvernement de Quintilius Varus, (4) ils brisèrent sousTibere le joug que Tinjustice & {'usurpation leur avoient imposé. Lesvictoires qu’ils remporteront fur leurs fiers oppresseurs donnerent à tou-tes les nations voisines, depuis-le Rhin jufqu’au Weser, le signal de laliberté. Vainement Germanicus fit rentrer la Germanie presqu’entieresous la domination de TEmpire, les Cattes conservoient leur liberté,furent contraints de céder la victoire, mais rentrerent prefqu’auffitôcdans leur ancienne indépendance. Ils s’étoient rendus même si formida-bles -, qu’ils entreprirent à leur tour fous l’imbécile Claude d’envahir lescontrées de leurs voisins soumis à Tobéissance des Romains ; mais Pom-pée fut envoyé contre eux: il les défit, ravagea leur pays & les réduisità une telle extrémité, qu’ils furent obligés d’envoyer des ambassadeurs& des otages à Rome, pour en obtenir la paix: elle leur fut accordée& avec elle ils conservèrent la liberté.
Toujours indépendans, intrépides, redoutés, les Cattes, fous TEm-pereur Didje Severe Julien, vers Tan 193 , formoient une des nations lesplus aguerries & les plus formidables de la Germanie. On sçait que réunisavec les peuples voisins du Danube, ils allerent attaquer les Romains
dans
O) Strab. Géogr. ( 2 ) Tacit. Mor. German. C. X,o*} Ibid. & Vellejus Patercuíus. L, II. Cap. 117-
(z) Florus. L. IV.