SUITE DU LIVRE XXV. C h. VU. Sect. I. §27
pour leur maître, devint un état absolument distinct Sc séparé. La HistoireHesse fut une Principauté donc l’histoire commence avec celle de l’il.de'Hesse,lustre Maison qui depuis cette époque jusqu’à nos jours n’a point cessé J usc ! u ’ àde la gouverner. ■ 1509 ‘
La mort de Henri Raspon pouvoit d’autant moins manquer d’être une #,»„„• desource de troubles & de contestations, puifqu’il étoit le chef de la sac- BmUnttion des Guelfes, qu’une partie de l’Empire l’avoit nommé Roi des Ro : premiermains â que mourant fans héritier, fa vaste succession étoit ambitionnée^ 3 ^*' 3 'par une foule de Princes étrangers. En effet, Henri avoic été Seigneur iiejss.de Hesse, Landgrave de Thuringe & Comte Palatin de Saxe. Or, 1243.ces trois contrées formoient au centre de l’Allemagne la Province laplus étendue, la plus fertile & la plus peuplée. Le Paîatinat de Saxe& le. Landgraviat de Thuringe étoient ,des fiefs de l’Empirequi,devenusvacans, dévoient être conférés par l’Empereur suivant les Loix & lesusages de l’Empire. La plus grande partie de la Hesse & encore unepartie de la Thuringe consistoient en terres allodiales qui, conformé-ment aux Loix civiles; passoient comme un bien propre aux plus prochesparens, & ne reconnoissoìent d’autre dépendance que celle de l'Empire:de maniéré qu’ií y avoic deux successions de diverse nature dans cellede Henri Raspon , celle des Fiefs & celle des Alleux. A l’égard de ceux-ci, il ne paroissoit poityt devoir y avoir aucune difficulté, attendu qu’ilsdévoient naturellement passer à Sophie, fille de Louis IV, le dernierdes Landgraves de Thuringe, qui eût laissé postérité: Sophie avoicépousé Henri, Duc de Brabant, surnommé le Magnanime, dont elleavoit un fils, Henri ïEnfant, qui fut le fondateur de la Maison deThuringe. Après Sophie venoient i° Henri l’Illustre, Margrave deMisnie,fìls de l’époux de Judith, fille delierman I,;2 0 Herman, ComtedeHenneberg,issu du second mariage de la même Judith avec un Comtede ce nom; 3°. Henri II, Prince d’Anhalt, & 4 0 . Sigefroi sonfrere, .Comte d’Ascanie, tous deux issus d’Irmengarde, fille du LandgraveHerman I & d’un Prince d’Anhalt.
Sophie avoit des droits incontestables; mais elle avoit dans la per-sonne de Henri l’illustre un concurrent redoutable, moins par la supério-rité de ses prétentions, que par celle de fa puissance; car il possédoìt laMisnie, voisine de la Thuringe, qu’il lui étoit facile d’envahir. Ce-pendant Henri ne songea point d’abord à disputer à Sophie la successionallodiale de la Maison de Thuringe, il vécut même en bonne intelligen-ce avec elle; la succession fut partagée íàns contestation, & Sophie,Duchesse de Brabant, fe mit en possession de tous les francs alleux queles Landgraves avoient possédé dans îa Thuringe & dans la Hesse. EnVertu d’une expectative qu’il avoit obtenue de.l’Empereur. Henri deMisnie prit possession du -Landgraviat de Hesse-& du Paîatinat de Saxe*;il eut pourtant bien des obstacles à applanir ; car outre qu’on lui ob-jecta que ces Lettres d’expectative lui ayant été données par FrédéricII, excommunié & déposé, elles étoient nulles, Sigefroi d’Anhalt,
Comte d’Ascanie, petit fils comme lui du Landgrave Herman I, reven-«ìquoit au moins l’un des deux fiefs vacans.