SUITE DU LIVRE XXV. C h. VII. Sect. I. M
pour le parti le plus juste contre le Margrave de Mifnie, favorisa ce Histoiredernier à son tour, & il gagna la supériorité sur Albert, qui pourtant de Hesse,ramena peu de tems après la victoire fous ses drapeaux, & fit triompherla cause de Sophie & de son [fils: ceux-ci forcerent l’Archevêque de 15 9 ’Mayence à lever l’excommunication qu’il avoit prononcée contre eux,
& à accepter les conditions de raccommodement qu’ils lui proposoienc.
Ils chassèrent Henri de toute la Thuringe, le poursuivirent en Mifnie &l’obligèrent de passer en Bohême où il alla chercher du secours. Pendantqu’il s’occupoit du moyen de réparer ses pertes , Albert traitoit lesThuringiens en peuple conquis & exerçoit fur eux une tyrannie si dure,que Rodolphe de Vargila, Gentilhomme Thuringien, résolu de ven-ger ses compatriotes, se joignit à un corps commandé par le fils du Mar-grave de Mifnie, marcha contre Albert, le surprit entre Halle & Leip-zig, mit son armée en déroute, le fit prisonnier & plusieurs de s prin-cipaux Seigneurs du parti d’Albert. A la nouvelle de cet événement,
Henri l’illustre revint rapidement de Bohême dans ses Etats, & aprèsbien des difficultés & des discussions, cette meurtrière dispute fut ter-minée par un Traité, par lequel !a liberté fut rendue à Albert de Bruns- jccom-wick moyennant une rançon de huit mille marcs d’argent, & la cession modementde huit villes ou châteaux qui, avec leurs districts, furent annexés à V d as ~la Hesse : Sophie & son fils renoncèrent à toutes leurs prétentions fur -la Thuringe, qui resta par cet arrangement au seul Margrave de Mifnie nvJcabU-& à sa postérité. menti
Cette paix fixa le sort de la Hesse & de la Thuringe, qui resterent Henri.incontestablement aux maisons qui les possedent aujourd’hui. Le jeune I204 'Landgrave de Hesse & le Margrave de Mifnie qui a voient été si long-tems ennemis, se rapprochèrent, & il se fit bientôt un Traité d’amitiéentre ces deux maisons ; traité qui dans la fuite donna lieu à des pactesde confraternité & de succession, qui ont été souvent renouvellés depuis& subsistent encore de nos jours. Henri de Brabant, fils de Sophie z, s L and .& Seigneur ou Landgrave de Hesse, n’eut pas plutôt fait la paix avec grave áe.le Margrave de Mifnie, qu’il eût un nouvel ennemi à combattre: cet enennemi étoit l’Evêque de Paderborn, Prélat intriguant, guerrier, am •‘/èsreT-'bilieux, fort mauvais Général & qui fut deux fois de fuite battu com -contresplettement & contraint de demander la paix au Landgrave Henri, à l'Evêquequi depuis quelques années Sophie avoit remis les rênes du Gouver- ^ Pa fl'nement de la, Hesse. ^ L’exemple de l’humiliatiòn de ce Prélat n'in-timida point l'Archevêque de Mayence, qui, tout aussi remuant qu Svêquedel’Evêque de Paderborn, se ligua contre les Hessois avec les Comtes de Mayence.Ziegenhayn & de Battenberg, marcha contre le Landgrave, fut défait& obligé aussi d’accepter la paix à des conditions fort dures, ainsi queses deux alliés.
Les victoires successivement remportées par le Landgrave Henri,le firent respecter de ses voisins, & il eût régné paisiblement, si quel-ques-uns des Seigneurs ses vassaux ne l’eussent point empêché de poserles armes. Les vassaux fiers de la force & de la situation de leurs châ-teaux aspirèrent à l'indépendance, refusèrent de rendre hommage à
Tome XLI. Te