SUITE DU LIVRE XXV. Ch. VII. Sect. I. 333
De retour en Hesse avec sa nouvelle épouse, Othon fixa sa résidence Histoireà Spangenberg, où il mourut fans enfans fort peu de tems après, em de Hesse,poisonné, disent les Chroniqueurs, par un Abbé de Fulde. H.mri II fat j uí " ( * u ’ àd’autant plus affligé de cette perte, qu’elle étoit irréparable; car, outre I5 ° 9,qu’il étoit trop âgé pour avoir encore de postérité, Elisabeth de Misnie safemme, avec laquelle il avoit vécu perpétuellement en discorde, l’avoicquitté & s’étoit réfugiée chez le Landgrave de Thuringe son frere, cet-te Princesse altiere avoit juré de ne jamais retourner auprès de son époux:ensorte qu il ne restait plus pour toute espérance à la Maison de Hesse,qu un neveu de Henri II, Herman, 61 s de Louis, frere du Landgrave& qui avoit épousé une Comtesse de Spanheim. Herman qui jusqu’alorsavoit été bien éloigné de prévoir qu’un jour ce seroit lui qui releveroitsa Maison, s’étoit voué à l’état Ecclésiastique, & s’étoit distingué parses progrès dans les sciences ; il étoit même à la veille de s’engager dans Othonles ordres sacrés ; lorsque la mort d’Othon vint lui ouvrir une nou* míKrî . U 1velle carrière. Henri II l’appella auprès de lui, l’unit avec Jeanne de ^ enn "Nassau & l’associa à la Régence. Othon, Duc de Brunswick, petit filsde Henri II par les femmes, s’étoit flatté, en apprenant la mort d’O- ceffeurthon, d’être préféré à Herman : frustré de cette espérance très mal son- Hermandée, il résolut d’obtenir par la force le Landgraviat, qu’il ne voyoit^ 8 ”” 5 S fl “*qu’avec jalousie passer sur la tête d'Herman, & pour réussir dans son 13 'entreprise il s’unit avec plusieurs Princes: en peu de temps il se vun parti nombreux : les confédérés pour se reconnoître portoient surleurs habits une étoile d'or ou d’argent. De son côté Henri intéressaà sa défense le Margrave de Misnie & le Landgrave de Thuringe ; ils’unit avec eux par un pacte de confraternité héréditaire & de successionréciproque; pacte par lequel ces trois Maisons se donnoient de la ma-niéré la plus expresse & la plus étendue le droit de se succéder récipro- p „quement, au défaut d’héritiers mâles de l’une ou de l’autre dans tou- succejstontes les possessions, droits & prérogatives dont elles jouissaient. Dans réciproquece Traité qui existe encore, il est fréquemment parlé de l’ennemi com- entre . r lesmun, le Duc Othon de Brunswick & de ses desseins contre la Hesse.
(x) Henri II ne survécut que peu de tems à ce pacte, & mourut vieux de& couvert de gloire : il ne laissa pour enfans que deux filles, Elisabeth HeJJe.mariée à Ernest, Duc de Brunswick & Adélaïde, épouse de CasimirIII, Roi de Pologne, qui la répudia.
Herman par le grand nom qu’il s’étoit fait dans les Universités, avoit Hemani.acquis le surnom de Sçavunt; mais fa science même pensa lui nuire; carOthon de Brunswick son neveu & son rival attira dans íbn parti presquetoute la Noblesse Hessoise, qui n’aimoit pas les Sçavans, se piquaitd’ignorance & espéroic d’obtenir d’Othon une espece d’indépendance& une autorité illimitée sur les bourgeois & les paysans. Ceux-cí, aucontraire, écoient fort attachés à Herman qui les protégeoit & ne voyoitdans son parti préfqu’aucun gentilhomme. La guerre que se firent lesdeux concurrens fat horrible : les ligués exercèrent, dans la Hesse à
Ci) Muller Reicfastags-Theat. Ester. p. 200. &c.
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