SUITE DU LIVRE XXV. Ciî. VII. Sect. II. §6i
•pandit la consternation parmi tes Alliés; l’Electeur, obligé de voler à Histoirela défense de ses Etats, se sépara de l’armée, en emmenant ]a plusgran- deHesie,de partie avec lui, eníbrte qu’il ne restoit pas neuf mille hommes aux I5 ° 9 ' I5g ~'Confédérés. Le Duc de Wurtemberg qui avoit montré jusqu’alors leplus grand zele pour la Confédération, effrayé dû danger qu’il couroic,prit le parti de se soumettre & d’implorer la clémence de Charlesquint ;la plupart des villes liguées en firent autant, & leur soumission fut imi-tée par l’Electeur Palatin, qui alla lui-même se jetter aux genoux del’Empereur dont il reçut son pardon.
Abandonné de ses Alliés, exposé seul au ressentiment & aux armesde Charlesquint, Philippe ne perdit point courage: il osa même se flat-ter de ranimer son parti abattu ; & dans cette vue il tenta de réconci-lier Maurice dont il ne connoissoit point encore toute la perfidie, avecl’Electeur de Saxe; mais le dissimulé Maurice refusa, fous prétexte desordres supérieurs qui l’enchaînoient, d’entrer en négociation, & l’E- Succès áulecteur ne tarda point à se venger de son ingrat pupille. Non seulement I.andgra.il reconquit avec le secours de Philippe ses propres Etats; mais il s’em-para encore de toutes les places de Maurice, à î’exception de Dresde àde Leipzig, dont il ne put se rendre maître, remporta une victoirecomplette à Rochlitz & dispersa un corps considérable de troupes Im-périales, commandées par Albert de Brandenbourg qui fut fait prison-nier. Ce triomphe ranima le courage des Protestans : ils crurent avoirramené la fortune; mais des revers cruels éteignirent bientôt ces lueursdlespérance. Charlesquint réunit en Bohême ses armes avec celles deFerdinand son frere;ils pénétrèrent en Saxe, où étoient rassemblées tou-tes les forces de la Ligue de Smalcalde. L’Electeur ne craignit pointde hazarder une bataille décisive: il fut vaincu, son armée mise en dé-route , & pour comble d’infortune, lui même, privé de son Electoral:
& de sa liberté, il fut rigoureusement condamné par Charlesquint à périrde la mort des Traîtres. Cette sentence cruelle eût été exécutée, fl htùk- 'l’interceflion des Princes qui accompagnoient l’Empereur, ne l’eut àtrar deforce d’instances, engagé à commuer le châtiment en une capitulation Sa ? s E,par laquelle l’Electeur renonçoic pour lui & les siens à la dignité Elec-torale & à tous ses Etats, que Charles transféra à l’infidele Maurice, ne f e % Etat rlaissant au Prince dépouillé que la feule ville de Gotha ruinée & déman- par l’itm-telée avec ses revenus, & ordonnant qu’il resteroit à perpétuité fousla garde de l’Empereur ou fous celle de Philippe son fils.
La terreur qu inspiroit le malheur du Prince condamné décourageaentièrement les membres de la Ligue Protestante, & le Landgrave pré-voyant que la Hesse ne tarderoic point d’éprouver le fort de la Saxe,étoit dans la plus accablante situation ; ii crut que le parti le plus sage,du moins pour dérober ses sujets à la fureur d'un ennemi puissant, étoitde suivre les conseils du Duc Maurice son gendre, qui necessoic de lepresser de se réconcilier avec l’Empereur. II se rendit L cette invitation«8c alla même jusqu’à Leipzig pour régler les conditions de son raccom-modement (0- Mais fa surprise fut extrême, lorsque dans cette villeCO Thuan. Hist. L. V. Sleidan. L. XIX.
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